Vague de froid – « Il faut ouvrir tout ce qu’on peut » : l’appel de la Fondation Abbé Pierre

Froid. -1°C à Paris, -3°C à Strasbourg, -7°C à Auxerre, une vague de froid s’abat sur le pays. Sortez le jogging en dessous du jean. Alors que le thermomètre se glace, la Fondation Abbé Pierre lance un appel. Invité de France Info ce lundi matin, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert : « On appelle à un sursaut de citoyenneté : on ne peut pas laisser, dans un pays riche comme le nôtre, des personnes qui n’appellent même plus le 115, car elles savent qu’elles n’ont aucune chance. Il faut ouvrir tout ce qu’on peut ouvrir pour mettre les sans-abris à l’abri ». Pour rappel, 300 000 personnes sont sans-abris dans notre pays, dont 42 000 enfants selon l’UNICEF.

Avec 75 millions d’euros par jour, Bernard Arnault vient de devenir l’homme le plus riche du monde (185 milliards de dollars). Total pulvérise les records de richesse, avec le bénéfice net le plus élevé jamais réalisé par une entreprise française dans l’Histoire : 17,3 milliards en seulement 9 mois cette année. De l’argent il y en a. « Ceux qui ont pris tout le plat dans leur assiette, laissant les assiettes des autres vides, et qui ayant tout disent avec une bonne figure “Nous qui avons tout, nous sommes pour la paix !”, je sais ce que je dois leur crier à ceux-là : les premiers violents, les provocateurs, c’est vous ! ». 69 ans après l’appel de l’Abbé Pierre, on compte sur vous relayer, que ce ne soit pas un cri dans le désert, ou dans la banquise.

Vague de froid : « il faut ouvrir tout ce qu’on peut »

Il fait froid, très froid. Invité de France Info ce lundi matin, le délégué général de la Fondation Abbé Pierre, Christophe Robert : « On appelle à un sursaut de citoyenneté : on ne peut pas laisser, dans un pays riche comme le nôtre, des personnes qui n’appellent même plus le 115, car elles savent qu’elles n’ont aucune chance. Il faut ouvrir tout ce qu’on peut ouvrir pour mettre les sans-abris à l’abri ».

12 millions de personnes en précarité énergétique qui vont avoir froid cet hiver malgré les cols roulés des ministres, 8 millions de Français qui ont besoin de l’aide alimentaire pour manger, 3 millions d’enfants pauvres dans la 6ème puissance du monde, 300 000 sans abris, 14 000 morts du chômage, 2 000 morts de la rue, 1 200 morts au travail… Quand, « en même temps », 5 milliardaires possèdent autant que 27 millions de Français ? La plus grande violence, c’est la violence sociale.

La plus grande violence, c’est celle de l’exploitation du capital, la violence sociale de tous les jours, invisible. La plus grande violence, c’est celle de devoir se lever tous les matins en macronie. La plus grande violence, c’est votre politique en faveur des ultras riches depuis 5 ans, les 500 familles ont doublé leur fortune avec vous, quand le peuple se partage des miettes toujours plus petites avec l’inflation.

La plus grande violence, c’est votre alliance avec le RN contre l’augmentation du SMIC, le blocage des prix, le gel des loyers, « et en même temps » la taxe sur les super-profits. La plus grande violence, c’est votre inaction climatique. La plus grande violence, c’est de vouloir repousser la retraite à 65 ans. « Les premiers violents, les provocateurs, c’est vous ! » criait l’Abbbé Pierre. L’Abbé Pierre appelait-il à la violence sociale ? Voici ses mots. À bon entendeur.

« Ceux qui ont pris tout le plat dans leur assiette, laissant les assiettes des autres vides, et qui ayant tout disent avec une bonne figure “Nous qui avons tout, nous sommes pour la paix !”, je sais ce que je dois leur crier à ceux-là : les premiers violents, les provocateurs, c’est vous !

Quand le soir, dans vos belles maisons, vous allez embrasser vos petits enfants, avec votre bonne conscience, vous avez probablement plus de sang sur vos mains d’inconscients, au regard de Dieu, que n’en aura jamais le désespéré qui a pris les armes pour essayer de sortir de son désespoir.

Mais nous ne trompons pas, il n’y a pas de violence qu’avec des armes, il y a des situations de violences.

Il y a tel et tel peuple du monde que je connais très bien, où j’ai été tant de fois et où il n’y a plus aucune espérance pour la foule des plus petits. Aucune espérance d’apprendre à vivre. Et j’avais crié, vous les riches – il y a des riches qui sont honnêtement riches – vous avez le devoir de dépenser.

Ceux qui stockeraient dans des coffres de banque de l’or, des bijoux, qui les accumuleraient comme un trésor. Car la fortune dans les temps d’épreuve doit être partagée, venant au secours en créant des entreprises viables pour donner de l’emploi et du salaire. »