« L’oiseau est libéré » : Elon Musk a pris la tête de Twitter, l’inquiétude monte

Twitter. C’est officiel, Elon Musk a pris la tête de Twitter. Après un long feuilleton médiatique et juridique, d’annonces puis de suspensions de rachat et un procès avorté, le milliardaire a déboursé 44 milliards pour racheter l’oiseau bleu. « L’oiseau est libéré », a-t-il tweeté au moment de l’officialisation du rachat. À peine arrivé, Elon Musk a limogé trois des principaux dirigeants de Twitter : Parag Agrawal, le directeur général,  le directeur financier Ned Segal et la responsable des affaires juridiques Vijaya Gadde.

La personnalité égotique du milliardaire et ses saillies conservatrices, remettant en cause les règles de modération du réseau social, soulèvent de vives inquiétudes dans les milieux progressistes. Notre article.

Rachat de Twitter par Elon Musk : l’inquiétude est vive dans les milieux progressistes

L’homme aux 87 millions d’abonnés à travers le monde veut faire de Twitter, qu’il compare à une « place de village », un espace dans lequel la liberté d’expression serait restaurée. Selon le milliardaire, les règles de modération de Twitter ne permettent pas à toutes les opinions de s’exprimer. Pour Elon Musk, la démocratie repose sur la liberté d’expression.

Enfin, sur SA VISION de la liberté d’expression. Il ne semble pas comprendre le danger que peut représenter une liberté d’expression sans limite, dans laquelle une parole raciste, homophobe, sexiste, validiste ou complotiste aurait le même poids qu’une parole basée sur la Science et le respect de toutes les sensibilités.

Signe du danger : l’extrême-droite s’était réjouie dès le début du feuilleton de ce rachat de la prise de contrôle d’Elon Musk, et ce partout dans le monde. De Florian Philippot, chef de file des patriotes, dont on ne présente plus les idées nauséabondes, à Marsha Blackburn, sénatrice américaine conservatrice, climato-sceptique et opposée à l’IVG.

Aujourd’hui, un certain… Donald Trump s’est réjoui que Twitter soit désormais « entre de bonnes mains ». Le milliardaire Elon Musk a d’ailleurs ouvert la porte au retour de l’ex-président américain dans le nid de l’oiseau bleu. Le compte de Donald Trump avait été définitivement banni de Twitter à cause du risque de « nouvelles incitations à la violence » selon le réseau social, en référence à l’assaut du Capitole par des partisans de Donald Trump le 6 janvier 2021.

Elon Musk, une personnalité problématique

Le nouveau patron de Twitter s’est déjà fait remarquer par sa personnalité égotique, ne tolérant aucune critique. Les cas de tweets assassins, de coups de fil passés à la direction d’un internaute qui ose le critiquer ou de remarques acerbes à l’égard de journalistes, souvent des femmes, laissent entrevoir le pire.

D’après l’article du Monde « Rachat de Twitter par Elon Musk : pourquoi la « liberté d’expression » défendue par le milliardaire inquiète », publié le 26 avril, de nombreuses journalistes en viennent à s’autocensurer lorsqu’il s’agit de couvrir les événements de Tesla ou de SpaceX pour ne pas subir les foudres du milliardaire… Ce qui n’est pas sans rappeler l’autocensure dont font preuve certains médias français, notamment ceux que possède Vincent Bolloré, comme le dénonce le documentaire MédiaCrash, encore sur les écrans.

Un mouvement de concentration des médias à l’échelle planétaire ?

En France, ce documentaire réalisé par les journalistes d’investigation de Médiapart a mis en lumière la concentration des médias français aux mains des plus grandes fortunes : 9 milliardaires possèdent 90 % des médias en France. Bientôt, ils posséderont 70 % de l’édition. Cette concentration des médias aux mains des plus riches du monde laisse à craindre la mainmise du néolibéralisme sur une opinion publique, déjà biberonnée aux auto-proclamés « experts » en économie.

45 milliards sans sourciller pour Twitter, mais on attend toujours les 6 milliards pour éradiquer la faim dans le monde… Quant à Elon Musk, il est intéressant de souligner que ce milliardaire mégalo, non content de polluer toujours plus avec ses vols SpaceX ouverts aux ultra-riches, n’a toujours pas donné suite à la proposition détaillée des Nations Unies.

En effet, 2 % de sa fortune permettrait de sauver 42 millions de vies. Il avait demandé à ce qu’on lui fournisse un plan détaillé pour éradiquer la faim dans le monde : c’est chose faite depuis novembre 2021. Et on attend toujours… Visiblement, le milliardaire préfère croquer seul un oiseau bleu plutôt que de permettre à 42 millions de manger à leur faim.