BNP Paribas, le procès d’un monde qui change

Oxfam France, Les Amis de la Terre France et Notre Affaire à Tous attaquent en justice BNP Paribas, la banque qui a le plus augmenté ses financements de production d’énergies fossiles entre 2019 et 2020 au niveau international. L’objectif : que la justice empêche la multinationale criminelle de développer davantage les énergies fossiles – charbon, pétrole et gaz. Notre article.

BNP Paribas, la banque d’un monde qui sacrifie l’avenir de nos enfants

Avec près de 41 milliards de dollars de financements aux énergies fossiles en 2020, BNP Paribas est la banque qui a le plus augmenté ses soutiens entre 2019 et 2020 au niveau international d’après le rapport sur le financement des énergies fossiles. 

BNP Paribas a une empreinte carbone supérieure à celle du territoire français. Entre 2016 et 2021, le groupe financier a été le 1er financeur européen du développement des énergies fossiles et le 1er financeur mondial de 8 géants du pétrole et du gaz, dont Total. La BNP est aussi le 1er financeur mondial de l’exploitation du pétrole et du gaz en Arctique.

Pour creuser ce sujet : Canicule : les 100 multinationales responsables de plus de 70% des émissions de gaz à effet de serre

BNP s’est pourtant engagé à « s’aligner sur une stratégie 1,5°C ». C’est un mensonge pur et simple. Pour atteindre un tel objectif, il est nécessaire de se conformer à l’exigence posée par l’Agence internationale de l’énergie : cesser tout nouvel investissement dans l’exploration et l’exploitation d’énergies fossiles. À 55 milliards de dollars près, les plus riches des banquiers français étaient dans les clous. Échouer si proche du but, quel dommage.

Contre-attaque citoyenne contre la multinationale criminelle

Ce mercredi26 octobre, les associations Oxfam France, Notre Affaire à Tous et Les Amis de la Terre France lancent la riposte. 

Depuis mars 2017, il existe en France un devoir de vigilance des grandes multinationales du pays. Celui-ci impose à ces entreprises de mettre en œuvre des mesures concrètes pour identifier, limiter et prévenir les risques et les atteintes graves aux droits humains, à la santé et à la sécurité des personnes, et à l’environnement causées par leurs activités et celles de leurs filiales, fournisseurs et sous-traitants, tant en France qu’à l’étranger. Ces mesures doivent être publiées dans un plan de vigilance, et surtout mises en œuvre de façon effective.

En cas de manquement, la loi autorise toute personne intéressée à saisir la justice et à demander au juge d’enjoindre l’entreprise à se conformer à ses obligations.

En se fondant sur cette loi, Oxfam France, Notre Affaire à Tous et Les Amis de la Terre France attaquent BNP Paribas en justice.

Ce 26 octobre 2022, les associations ont envoyé un courrier de mise en demeure à BNP Paribas. La banque a trois mois pour répondre et se mettre en conformité avec les obligations de la loi sur le devoir de vigilance. Autant dire que c’est peu probable qu’elle tienne les délais. Il manque à la multinationale autant de potion magique que de bonne volonté pour réussir à stopper ses financements aux projets extractivistes dans un délai aussi court.

Au bout de trois mois, les associations de défense de l’intérêt général humain se tourneront vers le juge. Nous verrons si l’État a le courage de faire respecter la loi, même à la plus systémique de toutes les banques du pays. 

Un nouveau site, affaire-bnp.fr, a été mis en ligne pour éclairer le plus grand nombre sur les méfaits de BNP Paribas et permettre à tout un chacun de participer à cette action en justice historique. 

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