Marine Le Pen est-elle monarchiste ?

Interrogée ce mardi matin sur sa nostalgie de la monarchie, au lendemain de l’enterrement d’Elisabeth II, Marine Le Pen a botté en touche sur le plateau de France Inter. Marine Le Pen puise son admiration de la monarchie dans une double tradition : l’extrême-droite et le pouvoir autoritaire de droit divin hérité à la naissance d’un côté, la grande bourgeoisie qui justifie ses privilèges par son mérite alors qu’elle n’a fait qu’hériter d’une situation sociale avantageuse de l’autre. Deux traditions qui se réunissent souvent dans l’histoire de France, notamment quand leurs privilèges sont contestés par un peuple qui refuse de se résigner à la misère, à l’exclusion sociale et politique. Notre article.

Une nostalgie monarchiste peu étonnante de la part de la principale représentante de l’extrême-droite française, une mouvance qui a historiquement oscillé entre monarchisme et fascisme et qui a toujours récolté le soutien d’organisation monarchiste comme l’Action Française.

Marine Le Pen esquive quand on lui demande si elle est monarchiste.

Marine Le Pen esquive quand on lui demande si elle est monarchiste. Avec un argument élégant : « ils sont quand même très peu (nombreux) ». En voilà un bon argument de fond pour rejeter un régime qui nie dans son fondement le plus profond l’égalité des êtres humains. On sait maintenant ce qui retient Marine Le Pen de se proclamer en faveur de la monarchie : Non pas une opposition de valeur mais simplement la résistance d’un peuple français qui, à une écrasante majorité, n’en veut plus de cette royauté. 

Marine Le Pen achève sa tirade monarchiste par un lien avec les habituelles rengaines de l’extrême-droite : la peur du changement, l’admiration pour n’importe quelle tradition, peut-être son contenu, tant qu’elle est suffisamment vétuste pour rappeler le temps béni qui précédait l’avènement de l’égalité des droits, de la redistribution des richesses, de l’élection au suffrage universel.

Si Marine Le Pen refuse de se déclarer monarchiste, c’est parce que, malgré les commentaires élogieux sur les royautés qui nous entourent, les rêveries réactionnaires des dirigeants politiques de droite, les français sont baignés de l’histoire de la Révolution Française et de son aspiration égalitaire. Il y a donc trop à perdre chez la droite classique, qui s’est associé depuis plus longtemps à la République, dont elle convoite les votes. Mais Marine Le Pen ne veut pas non plus froisser les franges les plus racistes et réactionnaires de son électorat que sont les néo-nazis et autres organisations purement fascistes qui gravitent autour de la dynastie Le Pen depuis la création du Front National.