Super-profits : 59% des Français favorables à la taxe proposée par LFI-NUPES

Super-profits. 59% des Français sont favorables à une taxe sur les super-profits des multinationales, comme le propose LFI-NUPES. C’est ce que nous révèle un sondage You Gov pour le Huff Post.Le chiffre grimpe même à 63% chez les électeurs… macronistes. Le parti présidentiel s’est déchiré sur la question. La Première ministre ne fermait pas la porte à cette taxe, la présidente de l’Assemblée nationale non plus, contrairement au ministre de l’Économie et au chef de l’État. Jusqu’à ce que ce dernier retourne sa veste, sous la pression, et propose un « mécanisme de contribution européenne ».

LFI et ses partenaires de la NUPES ont lancé il y a un peu plus de deux semaines une pétition pour demander la mise en place d’une taxe sur les super-profits. Déjà plus de 130 000 personnes l’ont signée en un peu plus de deux semaines. La NUPES, alliance historique de la gauche, compte mener cette bataille partout où elle le pourra, à la fois en se mobilisant dans la rue et à l’Assemblée nationale. La pression monte pour l’exécutif. 

Super-profits : le débat politique de la rentrée

« Difficile de comprendre que certains fassent des méga bénéfices sur le dos de la guerre, les profits doivent être partagés ». Ces mots ont été prononcé ce mercredi 14 septembre par… Ursula von der Leyen. La présidente de la Commission européenne contredit ainsi Bruno Le Maire. Notre ministre de l’Économie avait osé affirmer : « Je ne sais pas ce que c’est un super-profits ». Avant que son président ne le désavoue, face à la pression de l’ONU, de l’OCDE, de l’Espagne, de l’Italie, de la Grande Bretagne, et de l’immense majorité du peuple français.

Au cours de l’été, une quinzaine d’amendements ont été proposés par la NUPES dans l’objectif d’instaurer une taxe sur les super-profits, ces records gargantuesques de bénéfices accumulés ces derniers mois par les grandes multinationales, notamment celles du secteur de l’énergie. Malgré les rejets systématiques de leurs amendements, la NUPES ne lâche pas l’affaire. Fin août, LFI-NUPES a lancé, à l’issue des « AMFIS 2022 », la campagne #TaxeSuperProfits, dont la pétition a atteint près de 130 000 signatures en un peu plus de deux semaines.

Pour cause, d’après un sondage YouGov pour le HuffPost, 59 % des Français « auraient aimé que [la taxe sur les super-profits] soit adoptée » cet été. 22% seulement y seraient hostiles. On observe par ailleurs une certaine homogénéité dans les données du sondage YouGov. Les résultats sont globalement les mêmes indépendamment de l’âge ou de la situation professionnelle des sondés. Jeunes, vieux, travailleurs, chômeurs et retraités… Peu de monde tolère encore une telle accumulation d’argent, un tel écart de richesses entre le travail et le capital.

La macronie (encore) à la ramasse

Depuis plusieurs mois, des taxations sur les extravagants butins des entreprises énergétiques ont été mises en place partout en Europe. En juillet, l’Espagne avait annoncé une taxe de 25% effective à partir du début de l’année prochaine. C’était déjà le cas depuis le printemps pour l’Italie ainsi que pour la Hongrie et la Roumanie où l’on observe des mesures similaires. En Grande-Bretagne, les entreprises pétrolières sont également taxées à hauteur de 65 % et jusqu’à 90 % en Grèce. L’Europe s’active, la macronie est (encore) à la ramasse et regarde par terre.

Macron, lui, a été bien plus évasif concernant une taxe sur les super-profits. Il a évoqué un « mécanisme de contribution européenne » lors de sa conférence de presse le 5 septembre dernier. Autrement dit, un « quelque chose » remis aux calendes grecques. Macron a plutôt appelé les Français à la sobriété et à la mobilisation générale. Le chauffage « un peu moins fort », « baissez la clim’ »…

Celui-ci oublie sans doute que des millions de personnes auront du mal à se chauffer cet hiver. Soit parce qu’ils ne pourront pas payer le chauffage à cause de l’explosion des prix. Soit parce qu’ils font partie des 12 millions de Français qui vivent dans des passoires thermiques. Pour Emmanuel Macron, la meilleure façon de gérer une crise, entre deux sorties en jet-ski, est de demander aux Français de serrer les dents et de mettre un pull. La politique est parfois d’une triste et révoltante froideur.