L’inflation, accélérateur de la lutte des classes

L’inflation et la lutte des classes ont été au menu des universités d’été de La France insoumise (LFI). Jean-Luc Mélenchon a profité de cette conférence pour partager une démonstration sur l’impact de la hausse des prix sur la mobilisation du peuple. Notre article.

La lutte transforme le cœur des humains qui s’y adonnent. Elle brise les barrières entre les individus. Lutter crée une empathie avec le monde qui nous entoure. Quand une forêt brûle, celles et ceux qui luttent brûlent avec elle. De cette empathie naît le besoin d’accentuer ses efforts lorsque la situation se détériore pour la majorité de la population comme c’est le cas aujourd’hui à cause de la hausse des prix et de l’absence de réponse adéquate du gouvernement Macron. 

L’inflation met à jour une modification du rapport de force entre les classes sociales. Elle modifie la répartition entre le capital et le travail. Lorsque l’inflation augmente, si les salaires n’augmentent pas, c’est le capital qui s’approprie le surplus, l’inflation augmente le temps de travail gratuit, le temps pour lequel le travail n’est pas rémunéré. L’inflation remet donc au cœur des débats la question de la répartition du temps de travail et du partage des richesses.

La seule limite à l’exploitation des personnes qui vendent leur force de travail est leur résistance. Une inflation de 10% limite de 10% la capacité à acquérir les biens et les services dont les gens ont envie et besoin pour (sur)vivre. Cela modifie donc le rapport de force dans la répartition des richesses entre capital et travail. 

L’inflation affecte en premier les femmes, puisqu’elles ont majoritairement en charge la survie de la famille. 

C’est pourquoi lorsque diminue la capacité des personnes qui vivent de leur travail à subvenir à leur besoin, ce sont d’abord les femmes qui entrent dans la lutte. 

Ensuite, l’inflation touche les jeunes car elle les force à travailler plus et donc à négliger leurs études qui sont leur chance de vivre mieux que leurs parents, de mener leur vie tels qu’ils en ont envie. 

On se ne sait jamais où quand et comment le mouvement s’enclenchera, personne n’avait prévu les Gilets Jaunes, mais tout laisse à penser qu’un autre mouvement de révolte populaire sera causé par l’inflation. 

Face à cette révolte, l’État libéral utilisera la méthode qu’on l’a déjà vu : la violence policière. 

Ce que l’on a vu lors du mouvement qui a fait trembler le pouvoir à partir du 17 novembre 2018, c’est une méthode globale, orchestrée depuis le ministère de l’intérieur pour faire peur. Des mains arrachées, des yeux crevés, partout en France. Avec un seul objectif : faire rentrer le peuple à la maison, mettre fin à la lutte.

Le peuple n’a jamais connu l’abondance. Seuls les milliardaires, qui ont gagné en deux ans autant que pendant les vingt trois dernières années, ont connu l’abondance en se gavant sur le dos des gens. Ces riches vivent au-dessus des moyens de notre pays. Être riche n’excuse pas tout. Comme l’a dit Josiane Balasko, la morale ne peut pas être : “profite et tais toi.” Si on a les moyens, alors la morale commande de partager. Or, c’est tout à fait l’inverse de ce que font les ultra riches du pays aujourd’hui. 

La lutte, c’est dur. Certains y ont laissé leur vie.

La plupart du temps, les gens ne sont pas en lutte. Ils essayent de bien vivre, au mieux, comme ils peuvent. Et quand ils ne peuvent plus, alors, ils entrent dans la lutte. Et alors, un poids encore plus élevé pèsent sur celles et ceux qui tiennent le flambeau vers lequel les gens se tournent pour savoir quoi faire. C’est pourquoi il faut protéger, préserver, entourer, aider celles et ceux qui dédient leur vie au combat pour le bien commun, pour la justice sociale. 

M. Macron a fait le choix de l’affrontement avec le peuple. Il a refusé de faire campagne. Il a donc refusé que la campagne permette de trancher les sujets essentiels : le cycle de l’eau, l’approvisionnement en énergie et la hausse des bas salaires. 

M. Macron préfère l’affrontement. 

Il refuse d’augmenter les salaires comme l’ont fait tous les pays voisins qui ne sont pourtant pas des modèles de socialisation des moyens de production. Au contraire, le président veut nous imposer ses projets de réforme des retraites et de l’assurance chômage, de tous les amortisseurs sociaux qui permettent à la forme de précarité généralisée du capitalisme d’être supportable. 

Cette agression sociale et écologique doit rencontrer une résistance. Il ne faut pas avoir honte de se défendre, de lutter pour l’intérêt général humain. Quand la forêt brûle, elle brûle pour tout le monde, et quand le SMIC augmente, il pousse à la hausse l’ensemble des salaires.  

Le pays a besoin de ressources pour faire face aux urgences sociales et écologiques. Alors, soit ceux qui se gavent acceptent de partager, soit la lutte les forcera à mettre enfin la main à la poche pour le bien commun. Et tout le monde s’en portera mieux, personne ne peut véritablement vivre heureux dans un océan de malheur.