Le prix des péages d’autoroutes explose, Clément Beaune supplie le capital de « faire un geste »

Explosion du prix des péages d’autoroutes, du carburant et de tous les moyens de transports alternatifs à la voiture. Résultat, le coût pour partir en vacances explose en France. 40% des Français ne partiront pas en vacances cet été. De nombreux ménages des classes populaires ne peuvent plus quitter leur domicile, quand les classes moyennes limitent au maximum leurs déplacements. La grande réponse sociale trouvée par Emmanuel Macron ? Les sociétés d’autoroutes ont été sollicitées par Clément Beaune, le nouveau ministre des transports pour « faire un geste ». Les grands cerveaux (et gros portefeuilles) à la tête de ces entreprises qui vivent d’une rente garantie par l’Etat suite à leurs privatisations, planchent sur les réponses les plus appropriées à la demande du ministre. Un sympathique coucou de la main ? Un sourire d’encouragement ? Notre article.

De grands signes invitant les automobilistes à préparer leur carte afin de limiter les embouteillages en ces jours de départ en vacances ? Une génuflexion de remerciement sincère à ce public captif qui permet  au pédégé de Vinci autoroute de s’octroyer plus de 4 millions d’euros de rémunération chaque année ? En ce début de semaine, les sociétés d’autoroutes ont réuni leurs plus éminents experts pour répondre à la demande du gouvernement : faire un geste. 

Les sociétés d’autoroutes avaient déjà augmenté de 2% leurs tarifs en février 2022, avant la guerre en Ukraine donc, encore une preuve du caractère spéculatif de la hausse des prix

Ces deux dernières années, de très nombreux ménages n’ont pas pu partir en vacances à cause des restrictions de liberté mises en place par Emmanuel Macron. Cette année, ce sont les prix totalement prohibitifs de la SNCF d’un côté et de l’autre, la hausse des prix du carburant et des péages des autoroutes qui seront le principal frein. L’observatoire des inégalités rapporte que le nombre de Français à pouvoir partir en vacances est en baisse depuis les années 2000 (de 58 à 54 %) sans aucune réduction des inégalités (72% des plus aisés partent contre 37% des plus démunis). La première cause pour renoncer à des vacances est le manque de moyen. 

Cette inégalité criante renforce les inégalités sociales notamment lorsqu’elle touche les enfants. Partir offre une ouverture au monde, des rencontres, aiguise la curiosité, renforce les capacités à appréhender la diversité des sociétés, des humains. “Les voyages, ça forme la jeunesse”. La jeunesse favorisée principalement. Pour les classes populaires, il faudra donc compter sur un “geste” de la part des Vinci et autres Eiffage. Si, si, en macronie, on appelle ça une politique de lutte contre les inégalités.

C’est bien connu, ces sociétés d’autoroute ont déjà tant fait pour l’intérêt général depuis que l’Etat leur a offert de poser leurs mains voraces sur le portefeuille des vacanciers. 

Supplier les grandes entreprises de donner des miettes, telle est la seule mesure sociale qui peut surgir des cerveaux étriqués des économistes libéraux qui conseillent le président Macron. Régulation, nationalisation sont des mots honnis pour eux. Le Président se réveillerait en sueur au beau milieu de la nuit, pourchassé en songes par des monstres voulant “contraindre” les entreprises à partager avec les travailleurs que ça n’étonnerait personne.

Il semble pourtant que ce soit l’unique moyen pour agir efficacement sur la hausse des prix et redonner au peuple le maitrise de l’usage des infrastructures de transport. Cette reprise en main des moyens de déplacement est un enjeu central pour l’accès aux réseaux. Ces réseaux qui sont l’unique moyen du “Peuple” pour assurer sa subsistance dans nos sociétés urbanisées. 

Pas étonnant dans ces conditions que 77% des français souhaitent la nationalisation des autoroutes porté par Jean-Luc Mélenchon à l’élection présidentielle puis par la Nupes aux élections législatives.

En attendant des jours meilleurs, les automobilistes devront se contenter de la molle incitation voulue par Emmanuel Macron. En passant le péage de l’autoroute et constatant, comme chaque année, que le prix est de plus en plus exorbitant, ils auront bien une image d’un geste de la part de l’entreprise qui les rackettent. Un geste loin d’être courtois c’est certain. Afin de préserver nos colonnes de la vulgarité, nous vous laissons ici continuer avec votre imagination.