2022 : Emmanuel Macron veut achever l’école publique

Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer ont détruit l’école publique à petit feu pendant 5 ans. Pour le prochain quinquennat, ils souhaitent aller plus loin en supprimant le CAPES et le recrutement à vie dans l’Éducation nationale. Une révolution… trois pas en arrière. Il est temps de reconstruire l’école républicaine mise à mal depuis des années et mettre en place, enfin, une école de l’égalité et de l’émancipation. Notre article.

Macron, Blanquer et la destruction de l’école publique à petit feu depuis 5 ans 

Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer, triste sire de l’Éducation nationale désavoué par une très large partie corps enseignant, promettaient une révolution par le dédoublement des classes en Éducation prioritaire. Mesure-phare du candidat disruptif, elle est la caution « de gauche » du quinquennat qui va bientôt s’achever. La macronie la porte comme un totem. Cette mesure aurait dû, selon eux, réduire l’écart de niveau entre les élèves d’éducation prioritaire et les autres.

En mars 2021, la DEPP (division des études du ministère) a publié les résultats des évaluations de mi-CP. Conclusion : « L’écart entre les écoliers de l’éducation prioritaire et les autres augmente. Ainsi en compréhension à l’oral, 14% des écoliers hors REP ont des difficultés mais 38% en REP+ ». Ainsi, « La ‘priorité au primaire’ se concentre depuis quatre ans sur les seuls dédoublements de classes en éducation prioritaire ». 

Début janvier 2022, une tribune publiée dans le JDD n’avait pas manqué de faire réagir. Cette dernière était signée par plus 2 700 acteurs de l’éducation et des médecins. Elle était une réponse à une autre tribune, dithyrambique pour Jean-Michel Blanquer celle-ci, publiée dans le même journal, soi-disant signée par des « acteurs de l’éducation ». Une tribune à la légitimité très contestable. Ainsi, la tribune des 2 700 dénonçait ni plus ni moins que « la politique d’Emmanuel Macron et de Jean-Michel Blanquer à l’école ». Ils dénoncent entre autres la réforme du bac : la « part importante de contrôle continu dessine les contours d’un bac local, moins égalitaire ».

Les chiffres sont édifiants : « En 5 ans, 7 900 postes ont été supprimés dans les collèges et lycées du pays : cela revient à rayer 175 collèges de la carte ! ». Des suppressions de postes qui ont dégradé les conditions d’apprentissage des élèves. C’est à petit feu qu’Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer ont décidé d’achever l’école publique. À coups de mentons, d’autoritarisme, d’opacitéé de protocoles flous qui changent trois fois en une semaine, et de gel du point d’indice des fonctionnaires, c’est tout le corps enseignant que la macronie aura maltraité, en plus de l’institution même de l’école publique.

Fin du CAPES, fin du recrutement à vie : Emmanuel Macron veut la fin de l’Éducation nationale

Reprenant la formule de l’ancien ministre de l’Éducation nationale sous Jospin Claude Allègre, la macronie veut « dégraisser le mammouth ». Un ministre explique :”Il faut s’attaquer à la structure de l’administration”. Ainsi, pour son second mandat, Emmanuel Macron pourrait d’une part supprimer Certificat d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré (CAPES). Pour rappel, c’est le concours qui permet de devenir professeur au sein d’un lycée général ou d’un collège. D’autre part, il pourrait acter ni plus ni moins que la fin du recrutement à vie dans l’Éducation nationale. Une révolution… en arrière. Emmanuel Macron veut achever l’Éducation nationale une bonne fois pour toutes. 

Pour tenir la barre, c’est le nom de… Bruno Lemaire qui circule. Emmanuel Macron a aussi eu une autre idée lumineuse : fusionner l’Éducation nationale avec le ministère de l’enseignement supérieur et celui de la Culture pour créer un « super ministère » de l’Éducation. C’est vrai que ça a été une grande réussite pour l’économie avec Bruno Le Maire à Bercy… Cette idée témoigne du désintérêt d’Emmanuel Macron pour ces trois ministères en réalité. La fusion se fait toujours au détriment de quelqu’un ou d’une entité. Ni la culture, ni l’Éducation nationale, ni l’enseignement supérieur n’ont besoin de ça. 

Contre l’école d’Emmanuel Macron, une école de l’égalité et de l’émancipation

Aujourd’hui, nous avons une école appauvrie et des inégalités qui s’aggravent. Elle a subi avec force 15 années de réformes néolibérales destructrices qui l’ont terriblement affaiblie. Pilier de la République, elle doit former des citoyens libres et préparer le futur de la Nation. À ce titre, les propositions du programme de l’Union Populaire sont intéressantes. Les insoumis ont de nombreuses pistes pour aller vers une école de l’égalité et de l’émancipation. 

D’abord, ils insistent sur la nécessité de locaux agréables accessibles pour une école où il fait bon apprendre. Cela passe par un ambitieux plan de rénovation des établissements scolaires, en assurant notamment partout un accès à des toilettes et des points d’eau, ainsi que l’accessibilité de l’ensemble des locaux aux élèves et personnes à mobilité réduite. Dans l’enseignement apporté au quotidien, l’idée est aussi de privilégier une évaluation qui valorise la progression des élèves.

L’école républicaine se doit de combattre les inégalités. Pour cela, les insoumis souhaitent généraliser la gratuité des cantines, du transport, des sorties scolaires, des activités périscolaires. Ils veulent aussi garantir la mixité, en instaurant une nouvelle carte scolaire mettant fin à la ségrégation scolaire. Parce qu’il a été détruit par Emmanuel Macron et Jean-Michel Blanquer, les insoumis souhaitent restaurer le cadrage national des diplômes et des programmes. Enfin, il veut revenir sur le contrôle continu au baccalauréat et au brevet pour garantir l’égalité et l’anonymat des candidats. Des réformes majeures qu’ils pourraient mettre en place si les insoumis au pouvoir le 24 avril 2022 !

Par Nadim Février