Mort de Cédric Chouviat : les policiers jugés responsables par un rapport judiciaire

Cédric Chouviat est mort le 3 janvier 2020 après un contrôle routier à Paris dans le 7e arrondissement. Il s’est terminé par un acte de violence policière. Il a été plaqué au sol, casque de de moto sur la tête et a dit plusieurs fois aux policiers : « J’étouffe ». Hospitalisé, il est mort deux jours plus tard. Depuis un an et demi, trois policiers du 7e arrondissement de la capitale sont mis en examen pour « homicide involontaire ». Dans un récent rapport, les experts désignés par la justice attribue « l’arrêt cardiaque de Cédric Chouviat à une succession de gestes effectués par les policiers lors de l’interpellation« . Un pas de plus vers la reconnaissance de la vérité. Notre article.

Les derniers mots de Cédric Chouviat : « J’étouffe »

Il est mort d’étouffement, la respiration empêchée par la clé d’étranglement et le plaquage ventral pratiqués par les policiers. Il portait encore son casque avec la lanière serrée. Ainsi, les médecins attribuent la mort de Cédric Chouviat à « une association simultanée de plusieurs facteurs aboutissant à priver de manière radicale le cerveau de son apport nécessaire en oxygène« .

Ce ne sont pas ses antécédents médicaux qui sont ici mis en cause, contrairement à ce que les avocats des policiers avaient essayé de faire croire. Ce, afin de minimiser la violence inouïe de l’interpellation. C’est l’accumulation du plaquage ventral et de l’écrasement à la fois de la trachée et de la carotide du livreur qui ont été fatals.

L’éclatement de la vérité est proche

Le père de Cédric Chouviat s’est dit « satisfait » d’un rapport qui « faisait avancer les choses« . Deux des avocats de la famille, William Bourdon et Vincent Brengarth, ont affirmé que « le lien entre l’action des policiers et la mort de Cédric Chouviat est définitivement établi ». De son côté, Arié Alimi renchérit : « Les actions mécaniques de clé d’étranglement et le plaquage ventral sont les causes exclusives du décès de Cédric Chouviat, associées à un ensemble de facteurs, dont la sangle de son casque« .

Aujourd’hui, la famille de Cédric Chouviat « réclame une requalification des faits en « violences volontaires ayant entraîné la mort », un crime passible des assises. » L’éclatement de la vérité est proche pour ce dossier. Pour l’instant, les avocats des policiers se refusent à tout commentaire.

Une affaire emblématique des violences policières en France et la nécessité d’y répondre

À la suite de cette affaire, le ministère de l’intérieur avait officialisé l’abandon de la « clé d’étranglement« . Il avait cependant conservé « la prise arrière« , très proche de cette dernière. Il est clair que la macronie s’est mise à genoux face aux syndicats de policiers. Ce sont les mêmes qui ont organisé des manifestations sous les fenêtres du siège de la France Insoumise et un rassemblement « factieux » devant l’Assemblée nationale.

Le gouvernement actuel a nié la réalité des violences policières dans notre pays. L’affaire Chouviat en est l’une des meilleures illustrations. Il est temps de refonder une véritable police républicaine et recréer le lien de confiance essentiel entre elle et la population. Cela doit passer notamment par la suppression de la BAC et des BRAV-M, le remplacement de l’IGPN par une autorité indépendante et l’interdiction pure et simple des techniques d’immobilisations létales. À savoir : le plaquage, le pliage ventral et la clé d’étranglement.