Les profs ont perdu 15 à 25% de salaire en 20 ans, selon un rapport du Sénat

Un rapport au vitriol du Sénat sur la situation matérielle des enseignants. « En euros constants, les enseignants français ont perdu entre 15 et 25 % de rémunération au cours des 20 dernières années » selon ce rapport sénatorial publié ce 23 novembre 2021. Le salaire statutaire des enseignants du primaire et du secondaire après dix ou quinze ans de service est inférieur d’au moins 15 % à la moyenne de l’OCDE. À titre de comparaison, un enseignant néerlandais touche presque le double du salaire d’un enseignant français en milieu de carrière (après 15 ans). La grille salariale constitue un véritable frein à l’attractivité du métier. En outre, les enseignants français passent 900 heures en classe alors que la moyenne européenne est de 738 heures. Notre article.

En France, l’Éducation nationale est le premier employeur public avec 1,2 million de salariés. Le rapport pointe le décalage entre le nombre d’heures en classe des enseignants Français par rapport a la moyenne européenne. Les enseignants français passent 900 heures en classe alors que la moyenne européenne est de 738 heures. Malgré un nombre d’heures de travail en constante augmentation dans l’Éducation nationale, les enseignants ont perdu prés d’un quart de leur rémunération.

« En euros constants, les enseignants français ont perdu entre 15 et 25 % de rémunération au cours des 20 dernières années »

La rémunération des enseignants constitue un sujet sensible pour lequel la France est régulièrement taclée par l’OCDE. Dans son rapport 2021, l’Organisation de coopération et de développement économiques note que dans la métropole, « les salaires statutaires des enseignants ayant 15 ans d’expérience et les qualifications les plus répandues ont stagné ou n’avaient augmenté (sans tenir compte de l’inflation) que de 1 % entre 2010 et 2020 dans l’élémentaire et dans les filières générales des deux cycles de l’enseignement secondaire ». La moyenne des pays de l’OCDE oscille, elle, entre 6 et 7%.

La grille salariale constitue un véritable frein à l’attractivité du métier

Le constat n’est pas nouveau mais il révèle l’ampleur du défi pour l’Éducation nationale.
Les sénateurs demandent au gouvernement d’agir. Ils tirent la sonnette d’alarme en matière de revalorisation des métiers de l’éducation nationale. En effet, le manque d’attractivité de la profession est la conséquence d’une rémunération très en deçà de la moyenne européenne. Le pouvoir d’achat des enseignants n’est pas à la hauteur.

Les écarts entre les enseignants qui arrivent dans le métier et ceux qui en sortent ne sont pas anecdotique et ce, quel que soit le niveau (certification, agrégation). Selon les données du ministère, « un professeur de moins de 30 ans ne gagne ainsi en moyenne que 1 806 euros nets par mois, soit 1,2 fois le salaire minimum de croissance (Smic) »

Un enseignant néerlandais touche presque le double du salaire d’un enseignant français en milieu de carrière (après 15 ans)

Les rémunérations des enseignants sont encore bien en dessous de la moyenne européenne. En France, « le salaire statutaire des enseignants du primaire et du secondaire après dix ou quinze ans de service est inférieur d’au moins 15 % à la moyenne de l’OCDE ». La conclusion du rapport est sans appel : les enseignants français « commencent et terminent leur carrière avec un salaire inférieur à leur homologue européen ».

L’augmentation du salaire des enseignants, un sujet dans la campagne présidentielle de 2022 ? Le favori de la gauche dans les sondages, qui vient de publier à ce jour le seul programme politique pour la présidentielle, propose de rattraper le gel du point d’indice depuis 2010 et revaloriser les grilles salariales en engageant une négociation avec les organisations syndicales. L’éducation nationale est en souffrance, de plus en plus d’enseignants démissionnent, il y a urgence.