Rentrée scolaire et Covid : l’incompétence du Macronisme

Comme chaque début septembre, la rentrée scolaire préoccupe de nombreux parents d’élèves, enseignants et élèves. Jean-Michel Blanquer nous promet cette année « une rentrée normale ». Pourtant, celle-ci semble gérée de façon particulièrement hasardeuse, et nullement à la hauteur du contexte sanitaire et des risques de décrochage qui en découlent.

Un protocole sanitaire hasardeux

Ce mardi 1er septembre, ce sont près de 12,8 millions d’élèves et 1,1 million de personnels de l’éducation nationale qui reprennent le chemin de l’école. Or, le protocole sanitaire transmis par le ministère est flou, et laisse souvent l’appréciation aux équipes enseignantes et pédagogiques. L’objectif : que le ministère se dédouane de ses responsabilités en cas de cluster dans une école, un collège ou un lycée.

Dans la lignée des incohérences du gouvernement depuis le début de la crise sanitaire, le flou demeure artistique sur les conditions de port de masque. Pour Jean Castex, le Premier ministre, il sera possible de retirer le masque pour les enseignants s’ils sont à plus de 2 mètres des élèves. Mais a contrario, Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation, affirme qu’ils devront le garder, à l’intérieur et à l’extérieur. Quel ministre les enseignants doivent-ils écouter ?

Autre point de mécontentement : l’injustice issue de l’obligation de porter le masque à partir de 11 ans. Cette obligation est nécessaire, car elle demeure le seul moyen de réduire la contagiosité du virus. Mais malgré cette obligation, le masque n’est toujours pas gratuit. L’instruction redevient en quelque sorte payante. L’achat des masques représente une dépense immense pour les familles, notamment pour les plus défavorisées. Une famille de 4 personnes devra en effet dépenser près de 340 euros par mois pour ces protections. Les rares masques gratuits sont payés par les collectivités locales. L’État se décharge encore une fois de ses responsabilités.

De grosses inquiétudes vis-à-vis des inégalités de niveau des élèves

L’inquiétude par rapport au niveau des élèves n’est pas nouvelle. Mais, cette année, elle prend un caractère bien particulier. Chaque année, près de 9 % des élèves décrochent scolairement. À cause du confinement, cette réalité a empiré. Deux élèves défavorisés sur dix n’ont pas accès à un ordinateur. Le syndicat SNES-FSU estime que 19% des élèves de collège en éducation prioritaire n’ont pas pu être suivis pendant le confinement.

L’incertitude pèse donc sur le niveau des élèves en cette rentrée. Elle a des effets psychologiques nombreux, en particulier sur les élèves. Le fait de ne pas réussir dès le début de l’année peut entraîner un découragement, ce qui est le début du processus de décrochage. Pour ne rien arranger, des tests de niveau sont préconisés dès la première semaine de septembre. Et ce, sans aucune prise en compte de l’insécurité psychologique qu’ils génèrent chez les enfants.

Le gouvernement fait encore trop peu pour aider les élèves en difficulté. En cas de reprise du distanciel, 2 000 ordinateurs pourraient être distribués. Rapporté aux 800 000 élèves n’ayant pas ou peu accès au numérique, le chiffre est dérisoire. De plus, les enseignants ne sont pas assez formés pour affronter l’hétérogénéité de niveau de leurs classes. Seuls 25 % des professeurs estiment être formés sur le fait de gérer des groupes de niveaux hétérogènes.

Par ailleurs, les effectifs de l’Éducation nationale demeurent une nouvelle fois trop faibles pour cette rentrée 2020. Depuis 2017, près de 5 690 emplois dans le second degré public ont été supprimés. Le gouvernement n’assume pas ses responsabilités, rend obligatoires les masques sans les rendre gratuits, exacerbe les inégalités et est incapable de pallier à la baisse de niveau des élèves. Encore une preuve de l’incompétence de la Macronie.

Par Roxane Charabot.

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