Scandale coronavirus : la France a détruit 600 millions de masques sous Macron

C’est une information qui laisse sans voix. Selon des révélations du journal Le Monde, la France détruisait encore ses stocks de masques en pleine crise sanitaire du coronavirus, à la fin du mois de mars. Explications.

714 millions de masques au début du quinquennat Macron… 117 au début de la crise

On savait déjà que le gouvernement avait géré la question des masques de manière calamiteuse. On pourrait d’ailleurs le résumer facilement : le discours gouvernemental sur le sujet était uniquement lié à l’évolution des stocks disponibles. Les stocks manquent ? Ça ne sert à rien de porter un masque. Les stocks se reconstituent ? Changement de discours. La liste des mensonges d’État au sujet des masques est longue. Mais un nouveau scandale vient maintenant s’ajouter : la France a continué à détruire ses stocks stratégiques de masques… alors même que le pays était entièrement confiné !

Cela semble incroyable mais les réserves étatiques en la matière ont fondu comme neige au soleil depuis 2017. Elles étaient en effet de 714 million de masques chirurgicaux le 10 mai 2017 au départ de Marisol Touraine du ministère de la Santé. Elles ne sont plus aujourd’hui que de 117 millions, chiffre martelé par Olivier Véran depuis le début du confinement. Comment, en trois ans, le stock français de masques chirurgicaux a-t-il pu ainsi être divisé par six… et comment cette diminution a pu continuer en pleine crise sanitaire ?

600 millions de masques… partis en fumée en 3 ans

Pour comprendre cette aberration, il faut remonter à l’arrivée au pouvoir d’Emanuel Macron, en avril 2017. Benoît Vallet, patron de la Direction Générale de la Santé (DGS), demande alors de « lancer un programme de contrôle de la qualité et de l’efficacité des 616 millions de masques acquis en 2005-2006 ». En effet, sur le stock initial de 714 millions de masques disponibles au début du quinquennat Macron, 616 millions avaient été achetés en 2005-2006 (les 98 millions restants ayant été acquis quant à eux entre 2014 et 2016). Selon Libération, la tâche est confiée par la DGS à une entreprise belge, chargée de faire passer une batterie de tests à un échantillon de quelques milliers de modèles de ces masques acquis en 2005-2006. Elle aurait conclu à leur non conformité. Pour quelques milliers de modèles jugés défectueux, la destruction de millions de masques commence.

Interrogés par le journal Le Monde, les responsables des différentes agences de santé de l’État renvoient tous vers Christian Salomon, nouveau responsable de la Direction Générale de la Santé et Olivier Véran, ministre de la Santé. Problème : l’un comme l’autre refuse de répondre à deux questions simples. Premièrement : les masques détruits étaient-ils tous non conformes ? Deuxièmement : si oui, pourquoi ne pas avoir reconstitué le stock de masques au fur et à mesure qu’ils étaient détruits ?

La dernière entreprise française de production de masques fermée sous Macron

On pourrait penser que la décision prise de détruire les stocks de masques était liée à une sécurisation des moyens nationaux de production. Il n’en est rien. Au contraire ! La dernière entreprise nationale de production de masques a mis la clé sous la porte en 2018. Interrogé par Le Monde, son ancien patron Roland Fangeat parle d' »un gâchis sanitaire et industriel. (…) L’entreprise a agonisé, alors qu’on comptait encore 200 employés en 2017« . Ironie du sort, l’État demande désormais à M. Fangeat de remettre ses ateliers en fonctionnement !

Autant d’éléments qui invitent à repenser entièrement les choses en matière de santé publique et à faire primer d’abord les capacités de production souveraines dans tous les domaines. Pour les masques, bien sûr, mais aussi pour les médicaments avec la création d’un pôle public et la nationalisation d’une entreprise comme Famar. Mais aussi pour les bouteilles d’oxygène à usage médical avec la nationalisation de Luxfer. On en a désormais la preuve : compter sur le marché et la mondialisation pour faire face aux besoins urgents, c’est se mettre en danger. En matière de santé, il faut produire en France ce dont nous avons besoin. Toute autre attitude mène potentiellement au désastre que nous avons aujourd’hui sous les yeux.

Par Antoine Léaument et Pierre Joigneaux.