Sans réquisitions, une pénurie de médicaments frappera bientôt la France

En pleine crise du Coronavirus, l’inquiétude monte dans les services hospitaliers. Déjà touché par le manque d’équipements, et notamment de masques, pour se protéger face au Covid-19, le personnel soignant doit désormais faire face à une nouvelle difficulté majeure : la pénurie de certains médicaments.

Le signal d’alarme a été tiré ce lundi 30 mars par plusieurs organisations comme Act’Up-Paris, ADELICO (Association de défense des libertés constitutionnelles), le Collectif Inter-Hôpitaux ou le Collectif Inter-Urgences Syndicat CNI qui regroupent des soignants, mais aussi des particuliers et des juristes. À travers un communiqué de presse commun, les associations ont annoncé avoir saisi le Conseil d’État pour « demander, au nom du droit à la dignité humaine, des réquisitions nécessaires face à la pénurie de matériel et de médicaments. »

Les associations demandent la réquisition de certaines industries

La requête vise à demander des réquisitions de certaines industries pour garantir la bonne prise en charge des personnes malades et mettre fin aux pénuries d’équipements qui touchent les hôpitaux. C’est le cas des masques, des respirateurs ou des tests de dépistage qui sont en nombre insuffisant, mais aussi de certains médicaments qui viennent à manquer. Cela concerne des médicaments tels que la morphine ou encore des curares pour relaxer les patients en cas d’intubation et qui doivent désormais être utilisés « avec parcimonie » et « frugalité » dans les services hospitaliers.

Le communiqué va plus loin en précisant que « Cette situation dramatique est une atteinte à la sécurité sanitaire des personnes et à leur vie – pas d’intervention chirurgicale sans curare par exemple. C’est aussi une atteinte à leur dignité – notamment pour les personnes en fin de vie qui risquent de ne pas avoir accès à la sédation profonde et de mourir en souffrant, étouffées, angoissées, sans possibilité d’apaisement. » Le Président de la commission médicale des hôpitaux de Paris et l’Observatoire de la transparence dans les politiques du médicament avaient déjà interrogé le gouvernement la semaine dernière sur cette pénurie à venir.

Une demande qui rejoint celle des députés insoumis

Pourtant, le gouvernement ne semble pas réagir et la situation peine à s’améliorer dans les services concernés. Au contraire, le manque de moyens humains et des équipements nécessaires se font cruellement ressentir. Mathilde Panot, députée insoumise, est intervenue lors des questions au gouvernement ce mardi 31 mars pour questionner, une nouvelle fois, le ministre de la Santé à ce sujet tout en demandant des mesures d’urgence comme la réquisition des entreprises nécessaires ou encore une coordination de la production.

PÉNURIE DE MÉDICAMENTS : LA CATASTROPHE DANS LA CATASTROPHE !

PÉNURIE DE MÉDICAMENTS : LA CATASTROPHE DANS LA CATASTROPHE !« Le manque de médicaments, c’est l’impossibilité de mettre sous respirateur toutes les personnes qui le devraient. C’est des gens qui vont mourir d’étouffement à cause de douleurs alors qu’on aurait pu les sauver. »Dans sa réponse, le Ministre de la Santé ment. J’ai moi-même eu des médecins à qui il a été demandé de limiter l’utilisation de morphine !

Publiée par Mathilde Panot sur Mardi 31 mars 2020

Alors que la gestion de crise du gouvernement semble inquiéter les Français, plusieurs propositions ont été mises sur la table comme la mise en place d’une véritable planification sanitaire, proposée par Jean-Luc Mélenchon, pour répondre à ces pénuries notamment avec des réquisitions et nationalisations d’entreprises pour assurer les besoins de production de notre pays et de ceux qui auraient besoin de notre aide, mais également pour préparer au mieux le déconfinement. Le Conseil d’État devrait, lui, se prononcer dans les jours qui viennent sur la requête des cinq organisations.

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