mardi 22 septembre

18:28

« Ceux qui sont au pouvoir sont irresponsables ! » – En garde à vue pour s’être mobilisée contre une autoroute écocidaire, cette élue LFI témoigne

Autoroute. Le 16 septembre, Sophie Persyn, militante LFI en Haute-Savoie et élue d’opposition à Chamonix-Mont-Blanc, a été placée en garde à vue pour s’être mobilisée pacifiquement contre le projet d’autoroute A412, écocidaire, au détriment de dizaines d’hectares de zones agricoles, forêts, zones humides, le tour pour gagner quelques minutes de trajet. Quelques jours le plus […]

autoroute

par

partager

Autoroute. Le 16 septembre, Sophie Persyn, militante LFI en Haute-Savoie et élue d’opposition à Chamonix-Mont-Blanc, a été placée en garde à vue pour s’être mobilisée pacifiquement contre le projet d’autoroute A412, écocidaire, au détriment de dizaines d’hectares de zones agricoles, forêts, zones humides, le tour pour gagner quelques minutes de trajet. Quelques jours le plus tard, le militant écologiste Thomas Brail a lui aussi été placé en garde-à-vue.

« Je suis d’autant plus révoltée, car si les militants réagissent, s’opposent et vont jusqu’à se mettre en danger, c’est parce que les élus ou nommés, qui ont le pouvoir et la responsabilité de protéger notre capital de biodiversité, nos terrains cultivables, nos zones humides, notre bien commun, face aux enjeux climatiques, face à la raréfaction à venir de l’énergie et de l’eau potable, se comportent comme des irresponsables », écrit l’élue LFI. L’insoumission publie son témoignage dans ses colonnes.

« L’A412 est écocidaire : 16,5 km d’autoroute pour soi-disant gagner une poignée de minutes de trajet au lieu d’investir pour améliorer les moyens existants, dont le ferroviaire, au détriment de dizaines d’hectares de zones agricoles, forêts, zones humides. »

Il y a quelques jours, le 16 septembre, à 62 ans, je me suis retrouvée pour la première fois de ma vie en garde à vue, dans le Chablais, à 80 km de chez moi, en allant soutenir les opposants à l’A412. Militante LFI en Haute-Savoie mais aussi élue d’opposition à Chamonix-Mont-Blanc, cadre naturel époustouflant mais où le surtourisme et la spéculation immobilière ont des conséquences délétères, je ne pouvais qu’aller soutenir ces jeunes militants courageux et déterminés qui résistent sur le lieu du chantier pour défendre leur propre avenir.

L’A412 est écocidaire : 16,5 km d’autoroute pour soi-disant gagner une poignée de minutes de trajet au lieu d’investir pour améliorer les moyens existants, dont le ferroviaire, au détriment de dizaines d’hectares de zones agricoles, forêts, zones humides. Pourtant, Jérôme Bonet, l’irresponsable nouveau préfet de Haute-Savoie, épaulé par une armée de gendarmes, a donné une autorisation abusive, sans respect, ni des recours déposés ni des recommandations environnementales.

Nous étions une quinzaine de militants dans une immense prairie bordée de forêts tenus à distance par les gendarmes, quand soudainement les deux abatteuses se sont mises en route et ont foncé vers la forêt et les conducteurs d’engins ont commencé à la massacrer à un rythme épouvantable. Nous étions atterrés et impuissants. Révoltée, j’ai réussi à me faufiler dans la forêt jusqu’à me retrouver à faire des moulinets, face aux machines, à moins de 15 m d’elles. Bien que m’ayant parfaitement repérée et contrairement à toutes les consignes de sécurité, les conducteurs ont résolument continué leur action jusqu’à ce qu’un gendarme leur intime rapidement de s’arrêter. Moins de 3 minutes après, les gendarmes m’ayant éloignée, le carnage a repris.

Pour aller plus loin : Reprise des travaux de l’A69 : un passage en force inacceptable

Les gendarmes m’ont rapidement notifié mon placement en GAV, signe de la grave répression disproportionnée que subissent les militants, et si la mienne s’est déroulée dans le respect (privilège de l’âge ou du statut d’élue), certaines autres GAV ont été menées de manière réellement oppressive et humiliante dans le but de casser toute velléité de rébellion.

Je suis d’autant plus révoltée, car si les militants réagissent, s’opposent et vont jusqu’à se mettre en danger, c’est parce que les élus ou nommés, qui ont le pouvoir et la responsabilité de protéger notre capital de biodiversité, nos terrains cultivables, nos zones humides, notre bien commun, face aux enjeux climatiques, face à la raréfaction à venir de l’énergie et de l’eau potable, se comportent comme des irresponsables.

Je les accuse de permettre la destruction et le sacrifice de ce « bien commun » au profit d’une poignée d’industriels et de nantis, de « goudronneurs » de « vendeurs de bouteilles d’eau en plastique », de « récolteurs de péages » et ce au détriment de l’ensemble du reste des citoyens et de l’intérêt général.

La Charte de l’environnement, un des textes constitutionnels de notre république stipule que « l’avenir et l’existence même de l’humanité sont indissociables de son milieu naturel, que l’environnement est le patrimoine commun des êtres humains et que toute personne a le devoir de prendre part à la préservation et à l’amélioration de l’environnement. » C’est exactement dans ce cadre moral qu’agissent les militants qui s’opposent à l’A412.

Ici comme ailleurs, la désobéissance civile est salvatrice et ce que certains considèrent comme de la violence militante ne surgit qu’en réponse et par révolte à une injustice et une violence institutionnelle bien plus importante et bien plus lourde de conséquences.

Condamner la violence militante en fermant les yeux sur la violence institutionnelle c’est se rendre complice de cette dernière. La violence répressive et disproportionnée des forces de l’ordre depuis le début du chantier, confirme qu’elles sont bien au service d’un État qui protège un système que nous savons suicidaire.

Ma détermination est intacte, je suis même rassurée de voir cette jeunesse informée et mobilisée, capable de défendre l’avenir de la génération de mes petits-enfants. Je leur dis bravo ! Si je milite pour la France Insoumise c’est parce que c’est la seule équipe et le seul programme responsables, capables de prendre le virage salutaire nécessaire !

Par Sophie Persyn

sur le même sujet

Rima Hassan : Nuñez rattrapé par le scandale des fuites, LFI exige sa démission
Présidentielle – Université de rentrée du Progrès974 : la gauche réunionnaise en ordre de marche
« La catastrophe aux urgences » – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme
Déplacer les Palestiniens de la bande de Gaza : le plan du criminel de guerre Itamar Ben Gvir et des planificateurs du génocide

Rechercher