Canicule : la souffrance des non-humains doit également être prise en compte

« Tout est sous contrôle », affirme la ministre de la Transition écologique Monique Barbut le 26 mai 2026 (Le Monde, 28 mai 2026). La canicule exceptionnelle de ce mois de juin a une fois de plus montré le cynisme et le quotidien hors-sol d’un gouvernement qui ne cherche qu’à faire des économies, alors que les […]

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« Tout est sous contrôle », affirme la ministre de la Transition écologique Monique Barbut le 26 mai 2026 (Le Monde, 28 mai 2026). La canicule exceptionnelle de ce mois de juin a une fois de plus montré le cynisme et le quotidien hors-sol d’un gouvernement qui ne cherche qu’à faire des économies, alors que les populations meurent de chaud.

Les populations, les animaux aussi. Les végétaux aussi. Les non-humains. Lutter contre le changement climatique, c’est protéger les populations, mais aussi celles et ceux qui entourent l’humanité. Ceux sans qui la vie sur Terre est impossible. L’Insoumission revient sur les conséquences de la canicule sur la biodiversité.

Une végétation souffrante qui risque le dépérissement

À Paris, les couleurs de l’automne arrivent déjà. Si pour les marronniers en ville, la raison provient de la prolifération d’une chenille, la « mineuse du marronnier », d’autres arbres voient leurs feuilles tomber directement à cause des vagues de forte chaleur. Le rayonnement solaire produit un stress sur la feuille, qui change de couleur. Mais les feuilles tombent également lorsque sécheresse et chaleur se conjuguent. En situation de sécheresse, les arbres ont moins d’eau et ferment les pores à la surface des feuilles (les stomates) pour en consommer moins. Les feuilles, déshydratées, tombent.

Lorsque les épisodes de forte chaleur se répètent, les arbres n’ont pas le temps de reconstituer leur état de santé global, et dépérissent. Alors qu’ils sont une source de fraîcheur et des puits de carbone indispensables à la survie globale, les arbres, notamment en ville, ne remplissent plus leur rôle. Avec moins de feuilles, ils produisent moins de chlorophylle, donc moins de photosynthèse (par laquelle ils absorbent le CO₂). La vitesse du réchauffement, trop importante, ne permettra pas à toutes les essences de s’adapter.

Enfin, les vents participent également au dessèchement des végétaux et peuvent augmenter le risque de feu de forêt et de moisson selon l’agroclimatologue Serge Zaka (Paris Match, 23 juin 2026). La répétition des événements météorologiques accroît également le risque d’incendie, alors que ceux-ci se répètent chaque année. Ainsi, la Haute-Garonne et les Deux-Sèvres ont basculé pour la première fois de la saison à un niveau de danger « très élevé » pour les feux de forêt selon Météo-France.

Pour aller plus loin : Piscine gratuite, refuges fraîcheur : les maires insoumis agissent concrètement face à la canicule

Une surmortalité des animaux sauvages et domestiques attestée

La ligue de protection des oiseaux a alerté durant la canicule : les oiseaux nichant sous les toits comme les martinets ou les hirondelles sont extrêmement exposés aux vagues de chaleur. Les jeunes, nombreux en début d’été sont asphyxiés par la chaleur, et « tombent parfois du nid en cherchant de l’air ». Avec la sécheresse, les espèces aquatiques souffrent également par la baisse d’oxygène dans l’eau, qui peut provoquer leur asphyxie.

L’Observatoire national sur les effets du changement climatique explique que lors de fortes chaleurs, l’une des premières causes de mortalité des animaux est la déshydratation. Toutes les espèces sont alors concernées. Si l’épisode de chaleur de mai 2026 a eu peu d’impact en termes de mortalité, en l’absence de sécheresse, c’est la répétition des épisodes de chaleur qui pourrait conduire à une surmortalité. Par ailleurs, l’artificialisation des sols promue par la politique productiviste des gouvernements successifs ne permet pas à l’eau de pluie de s’écouler normalement, et ainsi de recharger les nappes phréatiques. L’inadaptation au changement climatique, en temps de crise et au long cours, particulièrement caractéristique de la politique des macronistes, envoie tout le monde dans le mur.

Dans les mers, les canicules marines accélèrent l’acidification des océans. Selon l’Institut français pour la recherche et l’exploitation de la mer (Ifremer), la croissance des poissons est affectée, mais également leur comportement direct. Les animaux marins stressent davantage, en raison de la chaleur, de la diminution de l’oxygène et de l’augmentation de la salinité. Enfin, les animaux domestiques souffrent bien évidemment de la chaleur. Entre le 19 et le 24 juin 2026, la mortalité dans les centres vétérinaires a augmenté de 10 % par rapport à l’an dernier (Franceinfo, 24 juin 2026).

La vulnérabilité de nos systèmes agricoles n’est plus à démontrer

Alors que les éleveurs ont enregistré une baisse du niveau de production de viande, de lait ou d’œufs, la canicule de juin a provoqué une surmortalité massive dans les élevages de volailles bretons. Selon le directeur général de l’Association nationale interprofessionnelle de la volaille de chair, il est probable « qu’on atteigne le million de poulets morts ». En 2003, entre quatre et cinq millions de volailles avaient succombé aux fortes chaleurs. Les sociétés d’équarrissage sont alors complètement débordées.

Concernant les céréales, mais également toutes les plantes à fleur, si une nouvelle vague de chaleur se déclare en juillet, la pollinisation peut « griller » le pollen. Alors, « aucun grain ne se forme et il n’y a pas de remplissage des épis. Dans ce cas, ce ne sera pas -20 % ou -30 % de rendement, ce sera zéro, la catastrophe », selon un courtier interrogé par Franceinfo. Dans une économie de marché comme celle en vigueur, le cours des céréales sur le marché européen a bien évidemment augmenté. Ainsi, le prix du blé a progressé de près de 5 % en une semaine. Les cours du maïs ont quant à eux augmenté de 8 % sur le marché européen.

Les solutions à court terme existent

Face à des événements aussi importants, les petits gestes individuels ne suffisent jamais. La lutte contre le changement climatique, et notamment l’atténuation et l’adaptation à ce phénomène, doit avant tout passer par des politiques publiques ambitieuses et adaptées aux enjeux territoriaux. Le plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC) du Gouvernement s’avère insuffisant.

Qui peut croire à la volonté du gouvernement d’agir contre le changement climatique et pour l’adaptation lorsque de grands projets inutiles comme l’A69 sont promus par des productivistes comme les macronistes ? Qui peut croire à un gouvernement souhaitant réautoriser l’acétamipride ? Qui peut croire un gouvernement qui souhaite supprimer, à terme, l’Office français de la biodiversité ? Le projet de loi d’urgence agricole proposé par le gouvernement met quant à lui en péril une gestion véritablement durable de l’eau par les agences de l’eau, pour les besoins de l’agriculture productiviste.

Face à ces événements extrêmes, la planification écologique, démocratique et efficace, est la seule option. C’st celle défendue par Jean-Luc Mélenchon alors que l’intégralité des partis politiques s’enferrent dans des visions court-termiste, ou sans vision. Pour tout le vivant, la bifurcation écologique doit être la priorité absolue d’un gouvernement de gauche. En 2027, voter Mélenchon reviendra à voter pour la survie de la biodiversité, et donc, de l’Humanité.

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