À Brest, la colère gronde à la clinique Keraudren : trois semaines de grève contre la casse des soins

Depuis maintenant trois semaines, le personnel de la clinique Keraudren à Brest est mobilisé. Soignants, agents et syndicats dénoncent une dégradation annoncée des conditions de travail… et, au-delà, de la qualité des soins. À l’origine du conflit : un projet de « réorganisation des services » porté par le groupe privé Elsan, actionnaire majoritaire de […]

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Depuis maintenant trois semaines, le personnel de la clinique Keraudren à Brest est mobilisé. Soignants, agents et syndicats dénoncent une dégradation annoncée des conditions de travail… et, au-delà, de la qualité des soins.

À l’origine du conflit : un projet de « réorganisation des services » porté par le groupe privé Elsan, actionnaire majoritaire de l’établissement. Derrière cet intitulé technocratique, les salariés traduisent une réalité bien concrète : 15 suppressions de postes annoncées, et possiblement d’autres à venir.

Ces suppressions de postes concerneraient directement plusieurs services essentiels : les blocs opératoires, la maternité, l’unité de soins continus (USC), la cardiologie. Elles toucheraient également plusieurs métiers clés du soin, notamment : des sages-femmes, des infirmiers et infirmières, des aides-soignants. Notre article.

Une mobilisation ancrée dans le quotidien des soignants

Sur le terrain, la mobilisation s’organise jour après jour. Devant la clinique, les banderoles rappellent une exigence simple : préserver des conditions de travail dignes et garantir la sécurité des patients. Les grévistes alertent sur une équation devenue intenable dans de nombreux établissements privés : moins de personnel, plus de charge de travail, et une pression constante sur les coûts.

Pour le personnel, ces suppressions de postes ne sont pas neutres. Elles signifient : moins de temps pour chaque patient, une fatigue accrue pour les équipes, un risque réel de dégradation des soins. Comme le résume une pancarte brandie lors du mouvement : « Supprimer des postes, c’est dégrader les soins ».

Une logique financière contestée

Le groupe Elsan justifie ces changements par des impératifs d’organisation et d’efficacité. Mais pour les salariés, la logique est claire : il s’agit avant tout de réaliser des économies.

Cette situation pose une question plus large : peut-on gérer la santé comme une entreprise classique ? Les soignants mobilisés rappellent que la mission première n’est pas la rentabilité, mais le soin. Il est dénoncé une politique qui, selon les syndicats, sacrifie l’humain au profit des logiques financières.

Une solidarité qui s’organise pour soutenir la grève

Au fil des jours, la mobilisation s’élargit bien au-delà des seuls salariés de la clinique. Des actions de solidarité se mettent en place pour soutenir financièrement et moralement les grévistes, notamment à travers une caisse de grève.

Parmi ces initiatives, un événement convivial est organisé : un blind test solidaire aura lieu le jeudi 9 avril à 20h30 au bar « Au Shark Pool » à Brest. L’objectif est clair : réunir du monde, sensibiliser et contribuer à alimenter la caisse de grève.

Une pétition de soutien contre les suppressions de postes est également en cours, permettant à chacun de s’engager aux côtés des soignants. Ces initiatives permettent aux grévistes de tenir dans la durée et témoignent d’un soutien local croissant.

Un enjeu de santé publique

Au-delà du conflit local, la mobilisation de Keraudren s’inscrit dans un contexte national de tensions à l’hôpital et dans les cliniques privées.

Les syndicats alertent notamment sur : la pénurie de personnel, la perte d’attractivité des métiers du soin et les conséquences directes pour les patients.

Car derrière les chiffres et les restructurations, ce sont bien des parcours de soins qui sont impactés.

Pour aller plus loin : Morts aux urgences : LFI veut lutter contre la destruction de l’hôpital public dès l’échelon communal

Une mobilisation qui appelle au soutien

Malgré la durée du mouvement, la détermination reste forte. Les salariés entendent faire entendre leur voix et obtenir des garanties.

Il est également appelé à un soutien plus large : des usagers, des élus et de tous ceux qui refusent une dégradation du système de santé.

À Keraudren comme ailleurs, la mobilisation pose une question essentielle : quelle place faut-il donner au soin dans la société ?

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