vendredi 10 juillet

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Blocage des prix : démontage des fake news propagées par les macronistes, le RN et le PS

« Ça amènerait dans un laps de temps très rapide à des problématiques de pénurie. (…) Ne vous en déplaise, nous ne sommes pas dans une économie administrée ! ». La déclaration est signée Maud Bregeon, ministre de l’Énergie. Depuis des semaines, les éléments de langage contre le blocage des prix inondent les plateaux, et l’Assemblée nationale. […]

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« Ça amènerait dans un laps de temps très rapide à des problématiques de pénurie. (…) Ne vous en déplaise, nous ne sommes pas dans une économie administrée ! ». La déclaration est signée Maud Bregeon, ministre de l’Énergie. Depuis des semaines, les éléments de langage contre le blocage des prix inondent les plateaux, et l’Assemblée nationale. Les opposants au blocage des prix, en manque d’imagination, ressassent les mêmes argumentaires, vides, pour tenter de protéger coûte que coûte les multinationales, Total, en tête, dont les marges indécentes sont réalisées par la spéculation sur les carburants.

Hier, mardi 7 avril, Marine Le Pen rencontrait lors d’un dîner, censé rester secret, une tripotée de grands patrons, dont Bernard Arnault et… les dirigeants de TotalEnergies. On comprend mieux le refus farouche et systématique du RN au blocage des prix, qui limiterait les profits de ce géant pétrolier qui n’a pas payé d’impôts notamment en France en 2020 et 2021, et détient le record du CAC 40 du versement de dividendes à ses actionnaires.

Le RN, comme la macronie et le PS, prend ses ordres et ses éléments de langage de ces grands patrons, qu’il veut cajoler pour avoir leurs bonnes faveurs. L’Insoumission vous dresse le récapitulatif des fausses informations diffusées par ces partis, contre le blocage des prix. Notre article.

Fake news n°1 : Le blocage des prix coûterait trop cher à l’État

C’est sans doute l’argument le plus répandu, et aussi le plus trompeur. Il repose sur une confusion volontaire entre deux approches radicalement différentes des politiques économiques.

Dans la logique du gouvernement, toute intervention publique doit nécessairement passer par une dépense budgétaire. On en déduit donc que bloquer les prix reviendrait à compenser financièrement les entreprises ou à subventionner les consommateurs. Cette vision est erronée.

Le blocage des prix tel qu’il est proposé consiste à encadrer les marges des producteurs et des distributeurs, notamment celles des grands groupes pétroliers. Il ne s’agit pas de mobiliser de l’argent public, mais d’empêcher que certaines entreprises profitent d’une situation de crise pour accroître de manière excessive leurs profits.

À l’inverse, les politiques actuelles reposent sur un mécanisme profondément inefficace. On laisse les prix augmenter librement, puis on tente d’en atténuer les effets par des aides publiques. Ce système aboutit à un résultat bien connu : les profits restent privés tandis que la facture est socialisée. L’exemple du bouclier tarifaire est particulièrement éclairant, avec un coût d’environ soixante milliards d’euros pour les finances publiques, sans empêcher les entreprises du secteur énergétique de réaliser des bénéfices records.

Fake news n°2 : La hausse des prix est due aux coûts, pas aux profits

L’idée selon laquelle l’inflation actuelle serait uniquement liée à la hausse des coûts de production est largement répandue, mais elle ne résiste pas à l’analyse.

Il est évident que les tensions géopolitiques, notamment au Moyen-Orient ou en Ukraine, jouent un rôle dans l’évolution des prix de l’énergie. Cependant, cette explication est insuffisante pour comprendre l’ampleur de la hausse observée.

Une part significative de l’inflation actuelle provient de mécanismes spéculatifs et de l’augmentation des marges. Les carburants vendus aujourd’hui ont souvent été produits à partir de pétrole acheté avant la flambée des cours. Pourtant, les prix à la pompe augmentent immédiatement. Cela s’explique par le fait que les acteurs du marché anticipent les hausses futures et les répercutent sans attendre. Les prix sont donc fixés non pas en fonction des coûts réels, mais en fonction du prix maximal que les consommateurs sont prêts à payer.

Ce phénomène permet aux grandes entreprises du secteur de dégager des profits exceptionnels. TotalEnergies a ainsi réalisé plus de vingt milliards de dollars de bénéfices en 2022, un niveau historique, avec des profits multipliés par quatre en une décennie. Plus récemment, il a été révélé que la filiale de trading du groupe avait réalisé des gains particulièrement élevés en spéculant sur les tensions géopolitiques, notamment autour du détroit d’Ormuz. Cela montre que certaines entreprises ne se contentent pas de subir la crise, mais en tirent activement profit.

Plusieurs études économiques, dont le FMI, confirment que les profits ont contribué de manière significative à l’inflation, parfois jusqu’à près de la moitié de la hausse des prix dans certains secteurs. Il est donc inexact de présenter l’inflation actuelle comme une simple conséquence de facteurs extérieurs. Il s’agit aussi d’une inflation alimentée par les marges.

Fake news n°3 : Le blocage des prix crée des pénuries

L’argument des pénuries est systématiquement mobilisé pour disqualifier toute forme de régulation des prix. Pourtant, il ne repose sur aucune base empirique solide.

L’histoire économique montre que le blocage des prix a déjà été utilisé en France, notamment en 1990 lors de la guerre du Golfe, sans provoquer de pénurie généralisée. De même, des dispositifs d’encadrement existent encore aujourd’hui dans certains territoires, notamment en Outre-mer, sans entraîner de rupture d’approvisionnement.

À court terme, les entreprises disposent de stocks et de marges suffisantes pour absorber un encadrement des prix. Les carburants actuellement vendus ont été raffinés à partir de matières premières achetées avant la hausse récente des cours. Le blocage des prix ne remet donc pas en cause la rentabilité immédiate de l’activité, mais limite simplement les marges excessives.

Par ailleurs, les pénuries ne sont pas une conséquence automatique du blocage des prix. Elles dépendent du rapport de force entre la puissance publique et les acteurs économiques. Dans un secteur aussi concentré que celui de l’énergie, le laisser-faire ne garantit pas une concurrence efficace, mais favorise au contraire des situations de rente.

Fake news n°4 : Total pourrait arrêter de produire

Certains avancent que l’encadrement des prix pourrait conduire les entreprises à se retirer du marché français. Cette hypothèse est largement exagérée.

Les marges dans le secteur du raffinage ont fortement augmenté ces dernières années, notamment en période de crise. Même encadrées, elles resteraient positives et suffisamment élevées pour maintenir l’intérêt économique de l’activité. Une entreprise ne renonce pas à un marché rentable.

De plus, les infrastructures nécessaires à la production et à la distribution de carburant sont localisées sur le territoire. Il ne s’agit pas d’activités facilement délocalisables. Les raffineries et les réseaux logistiques représentent des investissements lourds qui ne peuvent être déplacés du jour au lendemain.

Enfin, l’État dispose de moyens juridiques importants pour garantir la continuité de l’approvisionnement. En cas de nécessité, il peut recourir à des réquisitions, imposer des obligations aux entreprises ou renforcer la régulation du secteur. Aussi, la question de la nationalisation se pose légitimement.

Fake news n°5 : La baisse de la TVA est une meilleure solution

La proposition de réduire la TVA sur les carburants est souvent présentée comme une alternative simple et efficace. En réalité, elle cumule plusieurs défauts majeurs.

Rien ne garantit que la baisse de la TVA sera intégralement répercutée sur les prix. Les entreprises peuvent en capter une partie sous forme de marges supplémentaires. Des expériences passées, notamment dans le secteur de la restauration, ont montré que ce type de mesure profite largement aux entreprises plutôt qu’aux consommateurs.

Enfin, elle représente un coût important pour les finances publiques. Une baisse significative de la TVA sur les carburants entraînerait une perte de recettes de plusieurs milliards d’euros. Cela revient à faire financer par la collectivité une mesure dont les principaux bénéficiaires pourraient être les grandes entreprises du secteur.

Fake news n°6 : Les aides suffisent

Face à la hausse des prix, le gouvernement privilégie des dispositifs d’aide comme les chèques énergie ou les primes exceptionnelles. Ces mesures peuvent apporter un soulagement ponctuel, mais elles ne constituent pas une réponse structurelle.

Leur principal défaut est de ne pas s’attaquer aux mécanismes de formation des prix. Elles se contentent d’en compenser les effets sans en traiter les causes. En injectant du pouvoir d’achat sans réguler les prix, elles peuvent même contribuer à maintenir des niveaux de prix élevés. Ce fonctionnement crée un cercle vicieux dans lequel les ménages continuent de subir la hausse des prix, tandis que l’État en prend partiellement en charge les conséquences. Les entreprises, quant à elles, conservent des marges élevées.

Une mesure immédiate, mais aussi un choix de société

Le blocage des prix offre une réponse immédiate à la hausse du coût de la vie. Il permet de réduire directement les prix payés par les consommateurs, sans passer par des dispositifs complexes ou différés.

Mais au-delà de cet effet immédiat, il traduit un choix politique. Il affirme que les intérêts de la population doivent primer sur ceux des grandes entreprises, en particulier dans des situations de crise. Il s’inscrit dans une tradition d’intervention publique qui considère que certains secteurs stratégiques doivent être régulés pour garantir l’intérêt général.

Cependant, la question du blocage des prix ne peut être isolée du contexte plus large des politiques énergétiques. Les crises récentes ont mis en évidence les limites d’un modèle fondé sur la dépendance aux énergies fossiles et sur la domination de grands groupes privés.

Répondre durablement à ces défis suppose d’engager une transformation profonde du système énergétique. Cela passe par des investissements dans les énergies renouvelables, le développement des transports publics et la rénovation énergétique des logements.

Conclusion

À chaque crise, le même discours revient. Les prix augmentent, les profits explosent, et l’on explique qu’il serait impossible d’agir.

Des outils existent pour encadrer les prix, limiter les marges et empêcher la spéculation. S’ils ne sont pas utilisés, ce n’est pas par contrainte économique, mais par choix politique. Refuser le blocage des prix, c’est accepter que les crises soient des opportunités pour certains acteurs économiques au détriment de la majorité.

À l’inverse, le mettre en place revient à affirmer un principe simple : l’économie doit répondre aux besoins du plus grand nombre et non servir les intérêts de quelques-uns.

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