Le Château des animaux, une fable politique intemporelle

L’Insoumission.fr publie un nouvel article de sa rubrique « Nos murs ont des oreilles – Arts et mouvement des idées ». Son but est de porter attention à la place de l’imaginaire et de son influence en politique, avec l’idée que se relier aux artistes et aux intellectuels est un atout pour penser le présent […]

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L’Insoumission.fr publie un nouvel article de sa rubrique « Nos murs ont des oreilles – Arts et mouvement des idées ». Son but est de porter attention à la place de l’imaginaire et de son influence en politique, avec l’idée que se relier aux artistes et aux intellectuels est un atout pour penser le présent et regarder le futur.

Mi-novembre est sorti le tome 4 du Château des animaux de Delep et Dorison. Il est venu conclure une série commencée en 2019, qui s’est vite imposée comme une fable politique incontournable dans le monde de la bande dessinée (en France, 500 000 exemplaires ont été vendus et les albums ont été traduits en plusieurs langues).

À l’origine, ce projet ambitieux est une adaptation de La Ferme des animaux de George Orwell (un des romans les plus importants du XXᵉ siècle avec 1984 du même auteur). Citons Xavier Dorison qui parle de La Ferme des animaux, publié en 1945, comme « le roman qui décrit le mieux, au travers d’une fable animalière – genre d’excellence du récit universel et intemporel – la tragédie majeure de son époque : le processus de confiscation des idéaux démocratiques par des dictateurs sanguinaires ».

Xavier Dorison avoue aussi avoir été marqué, pour écrire son histoire, par le livre du Serbe Srdja Popovic, à l’origine du mouvement qui a fait chuter l’ultranationaliste, Slobodan MILOSEVIC, président de Serbie. Le livre s’intitule Comment renverser un dictateur quand on est seul, petit et sans arme. Mais au fil des albums, la série a fini par trouver sa propre voix et, par ses grands thèmes, est entrée en résonance avec notre époque. Comme le dit l’auteur Xavier Dorison: « Parce qu’en soit, si on passe derrière le côté animaux et château, il y a vraiment un guide de la désobéissance civile dedans ». Notre article.

« Leurs souffrances sont grandes mais comment lutter ? Ils ont bien tenté une révolte à coup de cornes et de becs, mais elle a été écrasée dans le sang… »

Voici comment Xavier Dorison présente son histoire : « Depuis que les hommes ont déserté le Château, le taureau Silvio et sa milice de chiens exploitent jusqu’à l’épuisement le labeur des autres animaux. Leurs souffrances sont grandes mais comment lutter ? Ils ont bien tenté une révolte à coup de cornes et de becs, mais elle a été écrasée dans le sang… Pour Miss B et ses chatons, pour le lapin César et pour tous les animaux, l’espoir de liberté et de justice a disparu. Jusqu’au jour où Azélar, un vieux rat voyageur, joue un étrange spectacle dans lequel il raconte une révolution sans violence. »

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Le rat Azélar est un personnage central dans cette bande dessinée, car par la nature de son spectacle, il va faire réfléchir et conscientiser les animaux sur leur situation. À travers une pièce de théâtre qui parle de Gandhi, il les invite à se rebeller et à critiquer Silvio le dictateur et leur montrer qu’un autre chemin est possible. Le spectacle qui prône la liberté va déplaire aux chiens (la milice) de Silvio, qui va interdire les autres représentations et tenter d’assassiner en secret le rat Azélar.

L’auteur, avec ce procédé, rappelle que l’art qui dénonce et qui permet la réflexion et l’émancipation critique et politique dérange toujours un pouvoir autoritaire ou un régime d’extrême droite. On peut directement faire un parallèle avec la situation actuelle où Donald Trump, par exemple, s’en prend aux artistes.

Rappelons le puissant discours de Robert De Niro à Cannes en 2025, où il rappelle que les artistes sont vus comme des menaces pour les fascistes et où il appelle les gens de la culture du monde entier à s’organiser, à manifester contre Trump et surtout à voter pour le destituer. L’acteur est également un puissant soutien pour les manifestations « no kings » (pas de rois) qui ont commencé aux États-Unis pour dénoncer la dérive autoritaire du gouvernement Trump et sont sévèrement réprimées.

L’art reste un vecteur d’émancipation et un élément d’éducation populaire et, en cela, il dérange la classe dirigeante. Rappelons aussi que plusieurs humoristes politiques ont été licenciés ou menacés très récemment. Ce sont toujours les voix que l’on essaye de faire taire, car elles sont vues comme des menaces par les pouvoirs fascisants et répressifs.

Le rat Azélar va également, avec sa sagesse, aider les animaux à créer un mouvement de résistance contre Silvio et leur faire utiliser la désobéissance civile, les actions pacifiques, et même ridiculiser les oppresseurs, pour contrer la terreur et l’oppression mise en place par Silvio.

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Ouverture du tome 1 du château des animaux tome 1 : Miss Bengalore /// Avec l’oie Marguerite et Miss Bengalore.

Miss Bengalore, en résistance face à la dictatureLe château des animaux

L’un des autres éléments forts de cette série, c’est la création d’un personnage principal féminin, ici une chatte blanche, Miss Bengalore (surnommée Miss B), qui, au fur et à mesure du récit, va devenir forte, attachante et charismatique.

Elle commence comme étant un personnage timoré et effacé, ayant peur de prendre parti et d’élever la voix. Elle n’a qu’un but en début de récit : survivre et élever ses enfants. Ayant perdu son mari sur un chantier, elle doit travailler dur et seule. On lui fait remarquer qu’elle ne devrait pas être à ce poste, qui est réservé aux hommes.

Suite à l’exécution violente de son amie Marguerite et au spectacle d’Azélar, elle va décider d’écouter les conseils de celui-ci et d’unir les animaux du Château pour renverser Silvio. Ensemble, les animaux créent le mouvement des Marguerites en hommage à l’oie Marguerite, tuée avec les autres animaux à titre d’exemple lors d’une tentative de soulèvement en début de tome 1.

Miss B manque de confiance en elle et de courage, mais finit par devenir malgré elle la meneuse. Elle sait qu’elle peut tout perdre : la vie et ses enfants.

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Les auteurs ont expliqué que son personnage a été inspiré par le rôle de Julia Roberts dans le film Erin Brockovich de Steven Soderbergh, sorti en 2000, qui raconte l’histoire vraie d’une femme qui a réussi à s’attaquer à un grand groupe. Elle va découvrir que toute une communauté a été atteinte de maladies graves, voire mortelles dans la plupart des cas, après l’empoisonnement de la nappe phréatique par une usine.

On reconnaît en effet certains aspects du scénario de ce film dans Le Château des animaux. Le personnage de Bengalore est aussi passionnée, empathique et obstinée quand elle entre dans la lutte contre Silvio. Erin Brockovich n’a rien lâché pour défendre les droits des victimes, parfois même au détriment de sa vie de famille, aspect que l’on retrouve dans la BD.

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Par exemple, ce qui la rend très identifiable dans une scène avec l’un de ses enfants, c’est que l’on aborde le poids d’un engagement, qu’il soit pour une lutte politique, un engagement associatif ou même une cause que l’on défend, et son impact sur la vie de famille ou même sur les relations sociales.

Quelques actes de désobéissance civile qui ne sont pas sans rappeler des actions récentes de protestation populaire

Dans la BD, les animaux, pour se défouler, tapent sur un seau à l’effigie de Silvio. Ils vont être pris en pleine action par la milice des chiens. Leur chef, au début, veut les punir d’avoir tapé pendant une représentation du président. Il va confisquer le seau et provoquer des éclats de rire, en se ridiculisant auprès des citoyens du Château.

Étrangement, on pourrait faire un parallèle de cette scène avec ce qu’il s’est passé au moment de la réforme des retraites avec les casserolades, où les casseroles étaient interdites et où les forces de l’ordre pouvaient arrêter des manifestants. Ces saisies de casseroles étaient souvent ridicules, car ces ustensiles de cuisine étaient juste utilisés pour une action pacifique et pour exprimer le mécontentement et se faire entendre.

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Comme autre forme de lutte présentée dans le tome 3, Miss Bengalore et ses amis vont décider de faire une grève générale pour obtenir de Silvio de vraies élections, après avoir réfléchi tous ensemble à des revendications et à un programme pour aller vers autre chose. Le lecteur pourrait faire un parallèle avec la France, où beaucoup de Français observent les situations de blocages politiques et souhaitent sortir des appareils de la Vᵉ République.

Le mouvement de rébellion a choisi pour symbole la Marguerite, ce qui va fortement énerver Silvio, qui va le faire interdire et envoyer ceux qui le portent en prison.
Cette œuvre de fiction, par ce procédé scénaristique, explique et souligne l’importance des symboles politiques ou de luttes et pourquoi il est nécessaire de ne pas laisser un pouvoir autoritaire et/ou fasciste les interdire.

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L’utilisation des animaux pour raconter des histoires visant à faire réfléchir a toujours existé. On pense aux fables de La Fontaine. Mais aussi au film Le Roi et l’oiseau de Paul Grimault, sorti en 1980, l’un des chefs-d’œuvre de l’animation française (1ᵉʳ film d’animation récompensé par le prix Louis-Delluc et film qui a profondément influencé les Studios Ghibli).

Le Roi et l’oiseau parle de dictature et de la chute de celle-ci (en plus de thématiques sociales, parfois de racisme).
À un moment donné, l’oiseau va haranguer les lions, qui vont se révolter et se libérer pour venir en aide aux habitants (les travailleurs et ouvriers) de la ville basse. En s’unissant, ils provoqueront la chute de Charles V et III font VIII et VIII font XVI du royaume de Tachycardie. Il y a également un message de liberté très fort dans la dernière séquence.

Mais l’inspiration graphique qui vient à l’esprit quand on lit Le Château des animaux, ce sont les dessins animés Disney et également Brisby et le secret de Nimh de Don Bluth, réalisé en 1982. D’ailleurs, certains dessins animés des années 1970-1980, comme Brisby (La folle escapadeWatership Down de Martin Rosen, 1978, culte en Angleterre), n’hésitaient pas à aborder des sujets durs et même environnementaux.

Dans Brisby, il y a une séquence très noire qui parle directement de l’expérimentation animale en laboratoire et de la souffrance subie par les animaux. Également, le personnage de Madame Brisby, jeune veuve, peut rappeler Miss Bengalore, même si l’évolution du personnage sera différente.

Enfin, on pourrait rapprocher Le Château des animaux d’une autre série de bandes dessinées commencée en 2024 : La Révolte sans précédent par Guillaume Meurice et Sandrine Deloffre. « Et si les animaux, lassés de se faire abandonner, bouffer, massacrer, abattre, chasser, empailler, corrider, castrer et écraser sur le bord de la route, se révoltaient ? » La Révolte sans précédent raconte les actions coup de poing de LA M.E.U.T.E. (le Comité d’Action Radicale pour la Libération Animale), un gang d’animaux militants mal organisés mais très motivés pour se venger des humains.

Mais on peut noter plusieurs différences, en particulier sur la question du positionnement politique. La Révolte sans précédent est une bande dessinée militante qui fait référence directement à notre actualité politique française, en citant des personnes du quotidien (blagues sur CNews ou les médias du service public) et assume des positions du parti des Écologistes. La BD présente une bande d’animaux désorganisée et un ton absurde et humoristique.

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En revanche, dans Le Château des animaux, il n’y a pas d’intention ou de volonté de positionnement politique marqué. L’auteur veut surtout défendre des valeurs et des idées pour faire comprendre comment résister à une dictature ou à un régime fascisant. C’est d’ailleurs sans doute la force de cette œuvre et son côté histoire intemporelle, qu’un lecteur moins politisé ou même non politisé peut s’approprier.

Et comme le dit Xavier DORISON : « Dans mes albums, le passé est aussi un moyen de parler du présent. Le choix d’un événement ou d’une époque n’a rien d’anodin, il y a toujours un jeu de miroirs avec ce que nous vivons, les problèmes auxquels nous sommes confrontés, comme si notre réalité n’était qu’un énième écho d’une situation intemporelle. »

Avec les valeurs humanistes et certaines idées revendiquées par le mouvement des Marguerites (comme l’égalité dans le tome 2 et la recherche de la liberté), les actions de Miss Bengalore et de ses amis (les rassemblements pacifiques ou même le sabotage du travail) et le fait d’utiliser une révolution non violente pour changer les choses, et par les urnes, le lecteur peut lui-même trouver une résonance.

Et l’auteur ajoute : « Pour des gens qui veulent aller vers des solutions progressistes ou écologiques, il y a l’énergie. Ce qui nous manque, et c’est un manque cruel, c’est un plan. Et dans Le Château des animaux, c’est pour cela que Miss B et ses amis passent beaucoup de temps à construire un plan pour, une fois la révolution faite, décider : une fois que le dictateur sera parti, qu’est-ce qu’on fait ? »

La gazette du château : un faux média de propagande qui fait réfléchir

L’auteur et le dessinateur ont eu une démarche originale : en parallèle de la bande dessinée, ils ont créé La Gazette du Château, qui est en réalité l’outil de propagande du président Silvio pour faire passer le discours du pouvoir en place.

Publié presque tous les trois mois à tirage limité, cette gazette politique est aussi un espace de réflexion supplémentaire, qui plus ou moins résonne avec l’actualité. On espère que l’éditeur aura l’idée de les regrouper en une intégrale.

Il y a une fausse « une » et des articles très orientés, ainsi qu’un édito de l’un des antagonistes, le coq Jacquemin. Sa façon de s’exprimer est proche du langage utilisé par des médias de droite et, également à travers la fausse « une », il est possible de comprendre comment s’opère le discrédit des adversaires politiques (ici, dans la BD, le mouvement des Marguerites). C’est une très bonne satire qui apprend aussi à repérer des éléments de langage, des tournures, des fake news et des tactiques politiques quand un pouvoir autoritaire est en place.

Le choix d’un coq comme porte-parole de la majorité réactionnaire en place est une bonne trouvaille, car il peut être utilisé par l’extrême droite comme symbole nationaliste, ce qui permet tout de suite d’établir le personnage. Évidemment, le lecteur de la BD a ainsi les clés pour comprendre que Jacquemin est un antagoniste et qu’on ne peut pas adhérer à son discours.

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Ici, dans la rubrique « le courrier des lecteurs », Jacquemin va déformer les faits. Dans le tome 3, Miss Bengalore est mise au cachot. Miss Bengalore va faire une grève de la faim pour obtenir de Silvio des élections.

Jacquemin va mentir sur les conditions de détention de Miss B et, dans les éléments de langage et formulations, va rappeler directement ce qu’il se passe dans les dictatures quand des opposants politiques sont emprisonnés, comme pour Alexei NAVALNY, prisonnier d’opinion, emprisonné pour avoir critiqué le régime de Poutine et décédé en 2024.

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Dans cet édito du coq Jacquemin, quand il dit : « La première n’a pas de programme, sauf à critiquer tout ce qui existe. Son seul bilan se résume aux jérémiades, aux grèves qui bloquent notre République, quand ce n’est pas à la faim et au froid subis pendant l’hiver dernier. »

On reconnaît dans la formulation le discours de la droite et de l’extrême droite quand ils accusent les partis de gauche et les syndicats de « bordéliser le pays, de tout conflictualiser, voire de prendre les gens en otage lors des grèves ». Et aussi de discréditer politiquement les partis d’opposition.

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Dans cet édito du coq Jacquemin, même si ce n’est pas forcément l’intention de l’auteur, il est difficile de ne pas faire de parallèle avec une actualité récente : la non-reconnaissance par Emmanuel Macron de la victoire du Nouveau Front Populaire aux législatives de 2024. Et ensuite, son discours sur le rat Azélar (qui est un artiste errant) va directement imiter les discours de l’extrême droite et ceux de Donald Trump sur les immigrés.

Quand le vote devient un enjeu majeur

Après les mouvements du 10 et 18 septembre et à deux ans des présidentielles françaises, où l’extrême droite menace toujours, il est absolument fascinant de voir qu’une BD et un journal ont réussi à imposer leur propre univers et à recréer indirectement un espace politique de réflexion. Pour beaucoup de Français et Françaises éloigné(e)s de la politique et ceux qui veulent s’abstenir car choqué(e)s et dégoûté(e)s que le résultat des élections législatives ait été ignoré, cette BD, qui rappelle l’importance de lutter pour ses droits, de voter et de se réapproprier la démocratie, permet de reprendre confiance.

Dans ce tome 4, l’auteur nous montre comment peut se passer un vote dans un régime de dictature et espérer en sortir. Les animaux trouveront-ils une parade ou les élections seront-elles truquées ? Et pourront-ils se débarrasser d’un dictateur devenu incontrôlable et qui fera tout pour garder le pouvoir ? Cet épilogue peut servir de puissant avertissement sur ce qu’il pourrait se passer si l’extrême droite arrivait au pouvoir.

On se souvient des mots terribles de Donald Trump : « Quatre ans de plus pour moi, et vous savez quoi ? Tout sera réparé. Tout ira bien. Vous n’aurez plus à voter, mes beaux chrétiens… Sortez, vous devez sortir et voter. Dans quatre ans, vous n’aurez plus à voter. »

Comme le rappelle Xavier DORISON lors d’un entretien : « Il y a de quoi être inquiet, non ? Mes grands-parents maternels étaient juifs. Ils ont été poursuivis, arrêtés et envoyés dans des camps par des gens dont les héritiers sont aux portes du pouvoir en France. Pour beaucoup, les rafles, la déportation, ce sont des phrases dans les livres d’histoire.

Pour moi, c’est bien réel. Ma grand-mère s’est évadée du camp des Milles, elle m’a raconté ce qu’elle a vécu et vu. Après, je ne suis qu’un scénariste, et je sais bien qu’une BD ne va subitement changer le cours des choses.
Cependant, on aurait tort de sous-estimer la portée d’un signe, d’une chanson ou d’un dessin d’humour. Les dictateurs s’en méfient comme de la peste.
»

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