dimanche 19 juillet

07:26

Niche parlementaire de LFI le 27 novembre – Nationaliser ArcelorMittal : LFI défend la souveraineté du pays, le RN préfère défendre les patrons

ArcelorMittal. Ce jeudi 27 novembre se tiendra la journée d’initiative parlementaire du groupe de la France insoumise – aussi dite « journée de niche parlementaire » – seul jour de l’année où les député·es LFI seront libres d’inscrire leurs propositions à l’ordre du jour de l’Assemblée. Au programme de cette journée, neuf textes, dont voici la […]

ArcelorMittal niche LFI Aurélie Trouvé

par

partager

ArcelorMittal. Ce jeudi 27 novembre se tiendra la journée d’initiative parlementaire du groupe de la France insoumise – aussi dite « journée de niche parlementaire » – seul jour de l’année où les député·es LFI seront libres d’inscrire leurs propositions à l’ordre du jour de l’Assemblée. 

Au programme de cette journée, neuf textes, dont voici la liste, seront défendus par le groupe insoumis : Rejet du traité UE-Mercosur ; Égalité de l’accès au service public postal en outre-mer ; Nationalisation d’ArcelorMittal ; Défiscalisation des pensions alimentaires ; Gratuité des parkings des établissements de santé ; Résolution pour faire respecter le droit international à Gaza ; Suppression de la CSG pour les apprentis ; Abrogation de la réforme des retraites.   

Parmi eux, cinq ont d’ores et déjà été adoptés en commission sans aucune concession du groupe insoumis, et ce malgré les oppositions de la droite et de l’extrême droite et l’abstention souvent opportune du Parti socialiste. Aussi, à l’approche de ce jeudi 27 novembre, L’Insoumission vous propose de revenir sur chacun des textes qui seront défendus par le groupe parlementaire insoumis lors de sa niche parlementaire.

Face aux menaces pesant sur la sidérurgie française et alors qu’ArcelorMittal menace de quitter la France, LFI défend la seule position réaliste et nécessaire : la nationalisation du sidérurgiste. Soit le seul moyen de garantir la souveraineté industrielle du pays et de préserver les 15 000 emplois menacés (80 000 emplois indirects). Face à cette initiative, le Rassemblement national démontre une nouvelle fois son positionnement pro-patronat, afin de s’attirer ses bonnes grâces. « Le RN veut empêcher le vote en Hémicycle par près de 300 amendements sur 15 lignes de texte. À partir de 11 h jeudi, 500 travailleurs seront devant l’Assemblée. Les députés RN vont-ils assumer ? », lance Aurélie Trouvé. Notre article.

LFI propose la nationalisation d’ArcelorMittal, les néolibéraux poussent des cris d’orfraie

« Je veux le répéter haut et fort, s’il en est besoin : non, nationaliser ArcelorMittal France ne résoudrait évidemment rien », s’emporte Alain Le Grix de la Salle, président d’ArcelorMittal France, sur son compte LinkedIn, après que la proposition de loi de la France insoumise visant à nationaliser son entreprise a été adoptée, ce mercredi 19 novembre, en commission des finances. Puis, ce fut au tour de la députée Ensemble pour la République, Marie Lebec, de voler au secours de la multinationale, déclarant que : « Nationaliser un secteur en crise ne résout rien mais déplace le problème sur le contribuable ».

Des cris d’orfraie, toujours de la part des mêmes, qui surviennent alors que l’acier revient plus que jamais dans l’actualité suite aux menaces qui planent sur la survie de la sidérurgie française. Tandis que le géant de l’acier continue de délocaliser sa production en Inde, au Brésil ou encore aux États-Unis, celui-ci avait déjà annoncé, au printemps dernier, un plan de licenciements de 636 postes sur 7 sites du nord et de l’ouest de la France.

Pour aller plus loin : « Du métal sans Mittal ! » – Pourquoi la nationalisation du sidérurgiste ArcelorMittal est fondamentale, par Aurélie Trouvé

image 12
Les Crayons de L’insoumission, par Jean-Luc Dunis.

De l’effondrement de la sidérurgie et métallurgie française

L’évolution de la sidérurgie française illustre la logique de pillage mise en œuvre par le capitalisme mondial, avec la complicité des gouvernements de la Vᵉ République depuis 50 ans. Depuis la « crise de la sidérurgie » de la fin des années 1970 et a fortiori après le « tournant de la rigueur » de 1983, les politiques de « modernisation » n’ont fait qu’accélérer la liquidation du secteur. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : d’après le rapport de la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la situation de la sidérurgie et de la métallurgie françaises et européennes paru en 2013, ce sont 110 000 emplois qui ont été supprimés entre 1974 et 1995.

En 2002, la création d’Arcelor, fusion d’Usinor avec des entreprises espagnole et luxembourgeoise, fut présentée comme un « Airbus de l’acier » par Guy Dollé, PDG d’Arcelor, pour lutter contre la concurrence. Quatre ans plus tard, Arcelor a été vendu à l’Indien Mittal et le déclin s’accélère : 2009, fermeture du haut-fourneau de Gandrange ; 2012, fermeture des hauts-fourneaux d’Hayange ; 2013, fermeture des hauts-fourneaux de Florange. Aujourd’hui, la menace pèse sur les hauts-fourneaux de Dunkerque, alors même que l’investissement dans la décarbonation reste flou.

Depuis 2020, ArcelorMittal a touché environ 800 millions d’euros d’aides publiques, tout en menaçant de partir de France

L’entreprise a été largement soutenue par l’argent public : « On peut estimer à environ 800 millions d’euros les aides qu’Arcelor, toutes catégories confondues, a touché depuis 2020 », révélait en mai dernier Éric Coquerel, président de la commission des finances de l’Assemblée nationale. Pourtant, grâce à ses stratégies d’évasion fiscale, ArcelorMittal n’a payé aucun impôt en France sur les cinq dernières années.

Le cabinet Secafi, mandaté par le comité social et économique central (CSEC) d’ArcelorMittal France Nord, dénonce un « choix stratégique assumé de privilégier la distribution » de dividendes aux actionnaires « au détriment de l’anticipation » et de l’investissement. Entre 2020 et 2024, les investissements industriels mondiaux d’ArcelorMittal (15,5 milliards d’euros) sont à peine supérieurs aux dividendes versés (13 milliards).

Devant ce bilan, Aurélie Trouvé, présidente de la commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale, a rappelé l’importance stratégique de la sidérurgie : « Sans sidérurgie, c’est le sabotage de l’industrie française ». Le coût de la nationalisation est estimé à 3 milliards d’euros et 71 % des Français se déclarent favorables à cette mesure selon un sondage Harris Interactive. La mobilisation se poursuivra le 27 novembre lors de la niche parlementaire de la France insoumise pour défendre la souveraineté populaire et industrielle.

Par Guillaume Maro

sur le même sujet

Loi agricole – Des mobilisations partout en France contre l’empoisonnement des enfants et des femmes enceintes
Mélenchon devient la personnalité politique la plus soutenue par les électeurs écologistes
« Les sénateurs ont transformé une loi agricole en loi criminelle contre nos enfants » – Retrouvez la tribune d’Aurélie Trouvé
Libération immédiate du docteur palestinien Hussam Abu Safiya !

Rechercher