dimanche 19 juillet

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À l’approche de la COP 30, les ambitions au rabais de la France et de l’Union européenne

Du 10 au 21 novembre prochains se tiendra la COP 30 au Brésil, dans la ville de Belém. Ce sommet, le 30ᵉ réunissant les parties signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), jouera un rôle décisif pour l’avenir de la diplomatie environnementale. L’échec de la COP 29 à Bakou, qui […]

COP 30 Union européenne

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Du 10 au 21 novembre prochains se tiendra la COP 30 au Brésil, dans la ville de Belém. Ce sommet, le 30ᵉ réunissant les parties signataires de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), jouera un rôle décisif pour l’avenir de la diplomatie environnementale. L’échec de la COP 29 à Bakou, qui n’avait pas réussi à conclure d’accord pour un financement ambitieux de la lutte contre le changement climatique, a mis en lumière les limites de ce rendez-vous annuel.

Tandis que seront célébrés les dix ans de l’Accord de Paris, malgré le retrait des États-Unis depuis la réélection de Donald Trump, les résultats des négociations seront particulièrement scrutés. Pourtant, les pays de l’Union européenne peinent à parvenir à un accord ambitieux en amont des négociations internationales. Bref, les COP se suivent et se ressemblent. Depuis trente ans, les conférences internationales et les rapports scientifiques tirent la sonnette d’alarme climatique, mais Emmanuel Macron continue de baisser les ambitions climatiques de la France. Notre article.

Un sommet clé pour la lutte contre le changement climatique

Les COP se suivent et se ressemblent. Elles se concluent bien souvent par des accords décevants qui n’apportent pas de réponses systémiques au changement climatique. Pourtant, le problème est connu. L’augmentation des émissions de gaz à effet de serre n’est pas une fatalité sur laquelle les gouvernements n’auraient pas prise, mais bien le résultat du fonctionnement du système capitaliste extrayant plus à la nature que ce qu’elle ne peut reconstituer, et provoquant de fait un dérèglement global.

La décennie à venir s’annonce clé pour mettre en place des mesures contraignantes réduisant les émissions de gaz à effet de serre : selon le rapport Emissions Gap Report du Programme des Nations unies pour l’environnement, il faudrait réduire de 42 % les émissions d’ici à 2030 pour que la trajectoire du réchauffement climatique se limite à 1,5 °C, comme prévu par l’Accord de Paris.

La COP 30 représente à cet égard l’un des derniers espoirs de conclure un accord de finance climatique ambitieux : la COP 29 avait abouti sur l’engagement des pays riches de financer la lutte contre le changement climatique à hauteur de 300 milliards de dollars par an d’ici à 2035, loin des 1 300 milliards de dollars exigés par les pays du Sud global. Cet accord remplace celui de 2009, fixé à 100 milliards de dollars annuels et jamais atteints. À Belém, l’objectif des 1 300 milliards sera à nouveau discuté.

Pour aller plus loin : RN et Macronie protègent les jets privés : une union pour défendre les plus riches

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Les Crayons de L’insoumission, par Le Fennec.

Face à l’urgence, les pays européens voient leur ambition au rabais

À l’approche de la COP 30, les pays sont invités à déposer leur Contribution déterminée au niveau national (NDC) : ce document résume les efforts qu’un pays compte mettre en place pour participer à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Cette fois-ci, l’Union européenne ne déposera pas sa NDC, les États membres n’ayant pas réussi à parvenir à un accord. En septembre dernier, les ministres européens de l’Environnement ont seulement adopté une déclaration d’intention non contraignante concernant la réduction des émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2035 : la baisse prévue se situerait entre moins 66,25 % et moins 72,5 % d’émissions par rapport au niveau de 1990.

Le résultat ? L’Union européenne n’affiche pas d’objectif précis et se contente d’exprimer des intentions à un moment charnière de la lutte contre le réchauffement global. Les intentions des États n’ont jusqu’ici jamais provoqué de changement d’ampleur dans le système capitaliste responsable du changement climatique : sans contrainte, la course au profit détruisant le vivant suit son cours.

La France, sous l’impulsion d’Emmanuel Macron, accompagnée d’une dizaine d’autres pays, a poussé pour retarder l’obtention d’un accord sur l’objectif climatique en Europe et porte une responsabilité dans l’inconséquence de la position européenne en amont de la COP 30. Lors des négociations, Emmanuel Macron s’est d’ailleurs érigé en grand défenseur de l’énergie nucléaire qu’il souhaite voir considérée de la même manière que les énergies renouvelables pour sa prétendue transition énergétique : une aberration au regard du caractère profondément dangereux et anti-écologique de cette source d’énergie.

La bifurcation écologique est un espace de lutte

Malgré la mobilisation du gouvernement brésilien pour faire de la COP 30 un rendez-vous relançant une dynamique multilatérale engageant les États dans la bifurcation écologique, il est plus probable que le backlash écologique mondial continue sur sa lancée. La montée des gouvernements réactionnaires d’extrême droite au niveau international ainsi que l’approfondissement des logiques austéritaires à peine maquillées de greenwashing par des gouvernements néolibéraux comme celui d’Emmanuel Macron ne permet plus de concevoir la diplomatie environnementale comme une bulle isolée des rapports de force politiques dans laquelle une classe écologique se saisirait de l’urgence climatique au motif qu’elle concerne l’humanité dans son ensemble.

La bifurcation écologique est bien un espace de lutte qui se déploie à tous les niveaux et dans lequel les insoumis prennent leur part. C’est notamment le cas ces dernières semaines dans le cadre de la bataille du budget à l’Assemblée nationale, en proposant un contre-budget à la hauteur de l’enjeu écologique.

Par Mathieu Rateau

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