LGV. Le projet de lignes à grande vitesse Bordeaux-Toulouse-Dax ressemble à une caricature grotesque de celui de l’A69 reliant Castres à Toulouse. Un non-sens écologique digne du vieux monde. Entre les 5 000 hectares de terres artificialisés, une forêt vieille de plus de 40 000 an saccagée, huit zones classées « Natura 2000 » traversées. L’écologie est sans aucun doute la dernière préoccupation de l’État macroniste et des collectivités qui financent le chantier à hauteur de 14 milliards d’euros. Notre article.
La justice aux services des investisseurs
Fin septembre, le tribunal administratif de Toulouse a rejeté le recours en justice émis par l’association « Les Amis de la Terre Midi-Pyrénées ». Ces militants s’appuient pourtant sur l’avis de l’Autorité environnementale (Ae) pour justifier leur recours.
L’autorité indépendante juge, dans son avis du 25 septembre, que « l’ensemble [de l’étude d’impact environnementale] ne permet pas encore une vision d’ensemble cohérente et robuste des incidences [sur l’environnement] ». Une étude d’impact « incomplète » pour l’Ae qui pointe notamment le manque de données chiffrées sur les émissions de gaz à effet de serre, ou encore sur les écosystèmes menacés par les travaux.
Un avis qui a donc motivé ce recours contre l’autorisation environnementale accordée au projet. L’association requérante estimant que ce projet est « insuffisamment motivé » et « entaché d’un vice de procédure ». Des arguments rejetés par le tribunal qui a finalement validé provisoirement l’arrêté d’autorisation du préfet de Haute-Garonne.
Mais, cela ne signifie pas la fin du combat dans le cadre judiciaire. Le tribunal a en effet été saisi en référé, dans le cadre d’une procédure d’urgence. Urgence justifiée par le démarrage des travaux au nord de Toulouse. Sauf que la procédure n’est pas terminée pour autant. Le parquet devra donc rendre un avis définitif dans les prochains mois.
Pour aller plus loin : Les déboires annoncés de la LGV Bordeaux-Toulouse : un esprit de révolte gronde dans le sud-ouest
Contre la LGV Bordeaux Toulouse, la mobilisation populaire continue
L’argument phare des défenseurs du projet est celui de l’approbation de la population concernée. Les occitans et les aquitains seraient plus que majoritairement favorables à l’arrivée du TGV. Rendez-vous compte ! Les toulousains gagneraient une heure pour rejoindre la capitale par le train !
Et pour essayer de rendre cet argument « imparable », les communautés territoriales, réunies sous la Société du Grand Projet du Sud-Ouest (SGPSO), qui financent en grande partie les 222 nouveaux kilomètres de rail, ont fait réaliser des sondages. Des sondages commandés à l’entreprise Odoxa et qui arrivent à la conclusion qu’environ 80% des sondés seraient favorables au projet.
Dans ce cas, comment expliquer les mobilisations des citoyens concernés ? Comme de nombreuses associations qui sont montées au créneau ? Les Amis de la Terre Midi-Pyrénées, les Soulèvements de la Terre ou encore le collectif LGV NINA (Ni ici ni ailleurs) ont soutenu systématiquement les mobilisations citoyennes importantes sur le terrain. Notamment, des rassemblements et des blocages au nord de Toulouse et au sud de Bordeaux où des travaux ont d’ores et déjà commencé.
La grande hypocrisie
Les mobilisations sont également soutenues par un certain nombre d’élus tels que Loïc Prud’homme, député LFI de Bordeaux, qui avait demandé un moratoire sur les aménagements prévus. Les maires sont aussi vent debout contre les travaux. C’est le cas de Jacqueline Latrigue, maire de Bernos-Beaulac. Cet édile verrait sa commune coupée en quatre par le nouveau chemin de fer prévu, d’une part, mais aussi par l’A69 d’autre part !
Malgré ces injustices sociales et écologiques évidentes, la plupart des élus choisissent l’hypocrisie. Surtout les présidents des deux régions concernées. Les socialistes Carole Delga et Alain Rousset demandent à tout prix la poursuite des travaux. « C’est un projet indispensable pour le désenclavement de millions d’habitants qui, aujourd’hui, sont à 5 heures de Paris », expliquait Mme Delga sur SudRadio le 2 octobre dernier.
Mais n’en déplaise à l’élue socialiste, les habitants ne souhaitent pas être « désenclavés », mais écoutés et respectés. Quand on choisit de broyer toujours plus le tissu social des campagnes, de détruire des écosystèmes entiers, de mépriser les associations et les citoyens mobilisés, on agit contre l’intérêt général. Dire : « les travaux ont débuté et c’est un projet qui se fera », comme l’a fait Mme Delga, c’est aller à contre-courant du progrès social.
Ces tristes sires n’éteindront jamais la lutte. La mobilisation peut mettre à l’arrêt ces chantiers indéfendables. Elle continuera tant que la révolte grondera.
Par OneGaucheMan