Panique des médias face à l’immense succès populaire des mobilisations du 10 septembre, Éric Coquerel qui donne un cours d’économie aux éditorialistes de CNEWS, campagne de désinformation du Parisien contre Louis Boyard, incitation à la violence contre Jean-Luc Mélenchon et l’empire médiatique de Saadé qui s’élargit. Ce sont tout autant de séquences médiatiques ayant marqué la semaine, que L’Insoumission vous décrypte dans sa revue de presse hebdomadaire de critique de l’officialité médiatique.
Des médias de Bolloré aux journaux de Bernard Arnault, de BFM TV aux plateaux de Martin Bouygues, chaque jour est une occasion supplémentaire pour constater la partialité des médias dominants et leur acharnement contre la France insoumise.
Indignations sélectives, censure, criminalisation des voix de la paix, choix partiaux des invités et sujets traités, désinformation, invectives constantes envers le mouvement insoumis… Telle est la réalité du journalisme de cour et d’éditorialistes d’extrême droite prêts à tout pour imposer leur agenda idéologique et conserver une place au chaud. Notre revue de presse.
Quand Éric Coquerel donne un cour d’économie aux éditorialistes de CNEWS
Le grand patronat et ses relais médiatiques sont en panique. L’immense mobilisation du 10 septembre leur a rappelé combien la France populaire est consciente de leur statut de parasite et des avantages colossaux dont ils bénéficient pendant que des millions de personnes ne mangent pas à leur faim.
Depuis plusieurs jours, horrifiée à l’idée d’une plus grande contribution des plus riches, voilà donc que la bourgeoisie tente de discréditer par tous les moyens la moindre des propositions qui tendrait, a minima, à rapprocher la fiscalité des multinationales de celle des TPE et PME.
L’occasion pour le député insoumis et président de la Commission des finances de l’Assemblée nationale, Éric Coquerel, de donner un cours d’économie aux éditorialistes de CNEWS et des Échos.
Dans une autre émission, de BFM Business, Eric Coquerel est intervenu sur la taxe « Zucman », soutenue par 7 prix Nobel d’économie. Là aussi, le président de la commission des finances a donné un cours d’économie, cette fois-ci aux détracteurs de la taxe, amis des ultra-riches (et sans Nobel d’économie). Pour rappel, cet impôt minimal de 2 % sur le patrimoine, avec un seuil de 100 millions d’euros, concerne les 1 800 personnes les plus riches du pays.
Cet impôt plancher a pour but de corriger les effets des choix des ultra-riches de transformer un revenu personnel en augmentation du patrimoine pour profiter des largesses macronistes sur la taxation du capital. Raison pour laquelle une personne assujettie à cet impôt plancher sur le patrimoine pourra déduire de celui-ci les impôts payés sur son salaire s’il s’en verse.
Pour mieux comprendre, il faut se rapporter à l’étude de l’Institut des Politiques Publiques de 2023, menée sur des données de Bercy. Elle montre justement qu’en ayant transformé des revenus imposables par l’impôt sur le revenu en bénéfices de sociétés non-distribués, on passe d’un taux d’imposition global de 46 % pour les 0,1 % les plus riches, à 26 % pour les 0,0002 % les plus riches (les « ultra-riches»). Concernant Arthur Mensch, co-fondateur et président de Mistral AI. D’une part, il ne serait pas taxé à hauteur de 240 millions d’euros comme l’affirment certains mais largement en deçà étant donné qu’il est actionnaire minoritaire (en dessous de 15 %) de Mistral.
D’autre part, sur le risque de payer une taxe avant d’avoir bénéficié de ses actions, Eric Coquerel a rappelé que le rendement moyen en France de celles-ci est de 6 %. Et dans les situations très rares où le rendement du patrimoine ne permettra pas d’acquitter cet impôt, alors il pourra être payé à l’État en nature, avec des actions. L’économiste Gabriel Zucman imagine clairement cette procédure. Le président de la commission des finances a aussi précisé que le seuil est de 100 millions d’euros de patrimoine, ce ne sont donc pas les petits actionnaires ou ceux d’une TPE qui seront concernés. Un mensonge largement propagé par les opposants à la taxe Zucman.
Campagne de désinformation du Parisien contre Louis Boyard
Ce mardi 9 septembre, le journal Le Parisien, propriété de Bernard Arnault, publiait un article intitulé « Louis Boyard épinglé par la police pour ses comptes de campagne à Villeneuve-Saint-Georges ». L’introduction de l’article poursuit : « INFO LE PARISIEN. Le député LFI a commis une irrégularité dans le cadre du financement de sa campagne aux élections législatives en 2022. Il manquait un justificatif et assure avoir régularisé la situation depuis. » Problème : tout est faux.
Pour aller plus loin : Tout est faux ! » – La réponse de Louis Boyard après la désinformation du Parisien sur ses comptes de campagne de 2022
Le titre suggère en effet que Louis Boyard a été « épinglé par la Police ». En réalité, trois policiers se sont présentés chez le député insoumis pour avoir oublié d’envoyer un mail confirmant qu’il avait bien remboursé ses prêts, et ce alors que les relances qui lui avaient été transmises étaient parvenues à une mauvaise adresse.
Conclusion de « l’affaire » : aucune irrégularité dans le financement de la campagne de Louis Boyard, aucun justificatif manquant, juste un mail de confirmation envoyé en retard du fait de relances mal adressées.
Au-delà des erreurs qui s’y multiplient, à commencer par le fait que contrairement à ce qu’indique le titre, « l’affaire » ne concerne pas la campagne municipale de 2025 mais celle des élections législatives de 2022, cet article est une énième démonstration grotesque de la cabale médiatique menée contre la France insoumise et de la complicité répétée de l’institution policière.
Vous pouvez retrouver la réponse de Louis Boyard donnée à L’Insoumission au sujet de cette campagne de désinformation en cliquant ici.

De CNEWS à BFM, les mensonges et les appels à la violence contre les insoumis continuent
La cabale menée par la meute médiatique contre la France insoumise en général et Jean-Luc Mélenchon en particulier a une nouvelle fois fait la démonstration de ses outrances et de son indignité. Ainsi ce 11 septembre sur CNEWS, l’éditorialiste d’extrême droite Yoann Usai a déclaré que « Jean-Luc Mélenchon représente la plus grande menace politique que la France ait connue depuis la Seconde Guerre mondiale ». Rien que ça.
Un nouvel appel à la violence de l’éditocratie fasciste qui, bien sûr, n’a pas suscité la moindre seconde d’attention de la caste médiatique, elle pourtant si prompte à s’émouvoir d’un cageot qui brûle, et à s’indigner de la moindre critique qui lui est adressée.
En marge des mobilisations du 10 septembre, le même genre de mensonges et de diffamations à l’encontre de la France insoumise se sont multipliées. Les insoumis seraient les « architectes du chaos », appelleraient à la violence et seraient responsables de tous les maux du pays, peut-être même de la planète. Une séquence particulièrement évocatrice s’est en ce sens déroulée dans la soirée du 10 septembre alors que les médias bourgeois tentaient par tous les moyens de faire passer la journée qui venait de s’écouler pour une mobilisation violente.
Sur le plateau de BFMTV, le directeur adjoint de la rédaction du Figaro, Yves Thréard, a ainsi attendu le départ du député insoumis Paul Vannier quelques minutes auparavant pour expliquer que la France insoumise « appelle à la casse », tout en montrant les images d’un incendie causé par… la police. Repris par le plateau, Yves Thréard n’a bien sûr pas jugé bon de revenir sur ses propos.
Rachat du média en ligne Brut par CMA Média : l’empire médiatique de Rodolphe Saadé s’étend
Les négociations exclusives couraient depuis deux mois, le rachat est désormais officiel. Ce vendredi 12 septembre, la filiale médias de l’armateur CMA-CGM, propriété du milliardaire Rodolphe Saadé, a annoncé le rachat du média en ligne Brut dont il détenait déjà une partie du capital. Le média d’actualité en ligne aux plus de 20 millions d’abonnés vient donc s’ajouter à l’escarcelle de Rodolphe Saadé qui poursuit son irruption dans le petit jeu de la poignée de milliardaires qui possède 90 % des médias privés du pays.
Depuis 2022, CMA-CGM est en effet devenu propriétaire du groupe La Provence, du groupe RMC-BFM, du journal La Tribune, et est entré au capital du groupe M6. Le groupe s’apprête aussi a racheter la chaîne de télévision Chérie 25.
Avec le rachat de Brut, l’empire Saadé couvre désormais télévision, presse écrite nationale, régionale, radio et médias en ligne. Par cette nouvelle acquisition, CMA-Média se renforce de ses propres aveux comme la « la deuxième plus grande rédaction de France (et la première du secteur privé) avec plus de 1 600 journalistes ».
Bien-sûr, cette boulimie médiatique soudaine de Rodolphe Saadé a un but : faire passer un discours politique qui protègera ses intérêts, celui d’un parasite gavé d’avantages fiscaux et de dépenses publiques dont le groupe s’est acquitté de 60 millions d’euros d’impôts en 2023 au lieu des 5 milliards qu’il aurait dû payer s’il était soumis à un barème ordinaire.
Rien que la semaine dernière, les SDJ du groupe CMA-Média ont dénoncé par communiqué la diffusion sur BFMTV d’une prise de position de Rodolphe Saadé en marge des mobilisations du 10 septembre. La chaîne reprenait en fait l’extrait d’une tribune du milliardaire publiée la veille dans son propre journal de La Provence. Saadé y déversait le narratif libéral classique d’opposition aux mouvements sociaux et à la critique des grandes entreprises pour discréditer le mouvement du 10 septembre.
« Les médias du groupe CMA CGM ne sont pas des relais d’influence » ont dénoncé les SDJ de CMA-Média.

Du service public aux médias des milliardaires : panique à bord devant le succès de la journée du 10 septembre
« Macron démission ! ». C’est le slogan unanime qui a parcouru les milliers d’initiatives de la journée du 10 septembre. Piquets de grève, actions festives et spontanées, manifestations : tout un élan populaire est entré en mouvement après plus d’un mois de préparation au rythme des assemblées citoyennes. Au total, 500 000 personnes y ont participé, faisant de cette journée la plus grande manifestation auto-organisée depuis celle des Gilets jaunes le 17 novembre 2018. En bref : un succès populaire immense.
Pour aller plus loin : 500 000 personnes partout en France – Retour en images sur l’immense succès populaire du 10 septembre
Un succès qui n’a bien sûr pas plu aux rédactions des médias bourgeois et de leurs propriétaires milliardaires qui avaient bien-sûr tout à perdre à relayer honnêtement la réussite et l’exemplarité de la mobilisation. On y a alors préféré la minoration grotesque du nombre de participants, l’insistance et le mensonge sur de prétendues violences de la part des personnes mobilisées, et l’occultation volontaire de celles des forces de l’ordre chauffées à blanc par Retailleau, notamment responsables de plusieurs départs de feu.
Mais sur le sujet, le service public n’a pas non plus été en reste de propagande, y compris avant même que la journée du 10 septembre ne débute. Ainsi la CGT de France Télévision a dénoncé par communiqué le journal du 20h00 de France 2 de la veille qui s’est efforcé d’imposer un cadrage sécuritaire et mensonger de la mobilisation à venir.
Discréditation du mouvement et fantasme d’une récupération par l’extrême droite, occultation des revendications sur les services publics et la justice fiscale, héroïsation des forces de l’ordre et de leur violence, appel à l’abolition de la lutte des classes : tout y était pour une émission que le syndicat a qualifié de « journal d’Ancien Régime […] en passe de gagner le concours du journal le plus réactionnaire »
« Le traitement médiatique du 10 septembre est une aubaine. Il est essentiel que la classe médiatique soit clairement perçue comme agent des pouvoirs du système par les milliers de gens insultés par les comptes rendus d’hier. La révolution citoyenne qui mûrit doit aussi passer par là. Le communiqué de la CGT de France 2 est un signal précieux. » a notamment réagi Jean-Luc Mélenchon.
Par Eliot Martello-Hillmeyer