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Après les démonstrations de masse des 17, 24 et 31 octobre, de nouvelles mobilisations sont prévues partout en France ce jeudi 5 novembre. Dans les communiqués syndicaux, on retrouve les revendications du mouvement ainsi que la demande de restauration des libertés publiques, dont celle du droit de manifester amputé par Emmanuel Macron. Le locataire de l’Élysée est isolé et acculé après des semaines de mouvement social. Des premières annonces, dérisoires, ont été faites et marquent un premier recul de l’exécutif.
Les revendications sont connues : le blocage des prix, l’abrogation de Parcoursup et l’ouverture de nouvelles places à l’université, la hausse des salaires, l’inscription au budget des 10 milliards d’euros nécessaires pour répondre aux revendications des lycéens et des étudiants. Autant de demandes légitimes, collectives et soutenues par 93 % de la population. Contre elles, le pouvoir macroniste continue de dérouler ses tapis de bombes lacrymogènes, matraques et violences jusqu’aux mutilations.
Demain, c’est un outil puissant qui s’ajoutera au mouvement populaire, celui de la grève, le 49.3 des travailleurs. Notre article.
En grève et dans les manifestations le 5 novembre : Pour le droit de manifester et la satisfaction de nos revendications
Communiqué de l’intersyndicale de Loire-Atlantique du 3 novembre 2026
Nos organisations syndicales n’acceptent pas l’interdiction de manifester qui découlent de la mise en place de périmètres interdits à Nantes. Cette politique préfectorale résulte des choix gouvernementaux de ne pas répondre aux revendications légitimes.
Nos organisations rappellent que les manifestations du 5 novembre sont organisées selon des parcours pratiqués depuis des années et bien souvent contraints par la préfecture elle-même. En conséquence, appliquer des larges périmètres d’exclusion à la manifestation intersyndicale de Nantes prévue le 5 novembre 2026 serait de fait une interdiction de manifester.
Nos organisations rappellent que repousser les dizaines de milliers de manifestants attendus le 5 novembre sur l’île de Nantes est totalement irresponsable. En effet, la configuration des rues et places de cet espace ne permet n’y de s’y regrouper en toute sécurité, n’y de pouvoir y organiser un parcours de manifestation capable d’accueillir autant de participants.
En conséquence, nos organisations dénoncent les décisions préfectorales qui menacent le droit de manifester et de revendiquer, notamment à Nantes et en Loire-Atlantique.
Nos organisations syndicales réaffirment ensemble qu’elles manifesteront au départ du Miroir d’eau sur le parcours habituel nantais à l’occasion de la journée de grève interprofessionnelle du 5 novembre prochain pour les salaires, le blocage des prix, l’emploi, l’industrie et les services publics, ainsi que pour la satisfaction des revendications lycéennes et étudiantes.
Pour aller plus loin : Mobilisations du samedi 31 octobre : à Paris, le rendez-vous est donné à 14h place de la Bastille
Assurés, allocataires, pensionnés et salariés de la Sécurité sociale : nos droits, notre avenir, notre combat commun !
Le 30 octobre, pour la première fois, les syndicats CFDT, CFE-CGC, CFTC, CGT, FO et Unsa des personnels de la Sécurité sociale ont adressé une lettre aux assurés, allocataires et pensionnés afin de montrer que les intérêts des personnels et des assurés sont étroitement liés. En voici des extraits.
La Sécurité sociale est notre bien commun. Elle nous protège tout au long de la vie : maladie, maternité, famille, accidents du travail, retraite … Elle repose sur un principe fondamental : la solidarité, de chacun contribuant selon ses moyens et bénéficiant d’une protection selon ses besoins. Les cotisations sociales, issues de la richesse produite par le travail, constituent une part de notre salaire mise en commun pour financer cette solidarité et garantir nos droits. Elles ne sont pas une charge, mais un investissement collectif dans notre protection sociale.
Aujourd’hui, ce modèle est fragilisé par des choix budgétaires qui menacent à la fois vos droits (qui sont aussi les nôtres) et les moyens dont disposent les organismes de Sécurité sociale pour remplir leurs missions de service public.
Des droits fragilisés, des services de plus en plus sous tension.
Le projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 prévoit de nouvelles mesures d’économies qui pèseraient directement sur les assurés, les familles, les malades et les retraités.
Gel des prestations familiales, remise en cause de l’indexation des pensions sur l’inflation, restrictions touchant à la santé : derrière ces décisions budgétaires, ce sont des conséquences bien réelles sur votre pouvoir d’achat, votre accès aux soins et votre protection sociale. À cela s’ajoutent les difficultés croissantes de nos hôpitaux, déjà confrontés à un manque de moyens et de personnels, qui fragilisent l’accès aux soins pour toutes et tous.
Dans le même temps, les organismes de Sécurité sociale doivent faire face à des effectifs insuffisants, à des outils informatiques parfois défaillants et à des procédures toujours plus complexes.
Pour vous, cela peut signifier des délais de traitement plus longs, des difficultés pour obtenir un rendez-vous ou une réponse, et parfois des retards dans le versement de prestations indispensables à votre quotidien.
Ce que vous vivez comme assurés, nous le vivons aussi comme salariés de la Sécurité sociale. (…)
Près de 80 % des personnels sont des femmes, et nombre de salariés connaissent des difficultés financières malgré leur engagement quotidien au service de la population.
Nous refusons que les difficultés rencontrées par les assurés soient opposées aux conditions de travail des salariés.
Nos six organisations syndicales, FO, CGT, CFDT, CFTC, CFE-CGC et UNSA, portent des revendications communes pour défendre les droits des assurés et les missions de la Sécurité sociale :
• Le maintien des droits des assurés sociaux et le rejet des mesures du budget de la Sécurité sociale 2027 qui les remettent en cause.
• L’abrogation des décrets qui fragilisent les droits des assurés.
• Des moyens humains et financiers à la hauteur des besoins de la population.
• Des recrutements, des outils informatiques fiables, des accueils accessibles et des délais de traitement respectueux des assurés.
Nous refusons que la Sécurité sociale soit considérée comme une simple variable d’ajustement budgétaire.
Elle doit disposer des moyens nécessaires pour remplir pleinement ses missions au service de la population.
Le 5 novembre 2026, une journée de grève et de manifestations intersyndicales et interprofessionnelles est organisée. Nos organisations seront mobilisées pour porter les revendications des salariés et défendre la Sécurité sociale, ses missions de service public et les droits des assurés.
Nous appelons les assurés à soutenir ce mouvement et à faire entendre leur voix à nos côtés.
Enseignement : La grève s’annonce suivie
Dans le 1er degré, contraints par le dépôt des intentions de grève le lundi à minuit dernier délai, les personnels des écoles n’ont eu finalement que 24 heures pour décider la grève. Plusieurs écoles sont d’ores et déjà annoncées fermées dans plusieurs villes de Côte d’or, de Gironde, du Maine-et-Loire, dans le Rhône, en Seine-Maritime, dans l’Yonne, dans le Val d’Oise. À Argenteuil dans le Val d’Oise, quatre écoles seront fermées. Le service minimum d’accueil est mis en place dans la moitié des écoles de la ville. Dans les Yvelines, à Achères (78), l’accueil du matin et du soir est fermé dans quasiment toutes les écoles de la ville. À Poissy, la réunion des personnels le lundi midi dans une école du quartier Beauregard a permis de construire la grève : douze seront grévistes sur les quatorze enseignants ainsi que les AESH.
Dans le second degré, la grève se prépare jusqu’au 5 novembre. Dans les lycées, cela se fait en lien avec le mouvement des lycéens (voir page 4). Au collège Jean-Lurçat d’Achères (78), les enseignants ont échangé sur un groupe Whatsapp à la fin des vacances sur la grève du 5 novembre. Spontanément, un collègue commence à organiser le recensement sur le groupe. Lundi 2 novembre, onze collègues se sont déclarés grévistes. Les délégués Snes et FO proposent une assemblée générale le midi du mardi 3 novembre. Les discussions se poursuivent. À midi, seize collègues se déclarent grévistes. L’AG se tient, rassemble une vingtaine de collègues et adopte une motion : « Nous soutenons la mobilisation et les revendications légitimes des lycéens et étudiants. Ils ont ouvert une brèche pour les revendications de tous les salariés du public et du privé. Nous faisons nôtres les revendications portées par l’intersyndicale de l’Éducation nationale (CDFT, CGT Educ’action, FNEC FP-FO, SUD, UNSA) (…). Nous revendiquons également l’arrêt des suppressions de postes ainsi que la création de tous les postes nécessaires.
Nous nous prononçons pour l’arrêt immédiat de la répression et pour le rétablissement de toutes nos libertés démocratiques, à commencer par le droit de manifester.
Nous serons en grève le jeudi 5 novembre et appelons tous nos collègues à décider la grève. Nous décidons de participer à la manifestation francilienne. Le principe d’une caisse de grève est acté – trois collègues en sont responsables. À 14 heures, nous enregistrons déjà trente collègues grévistes déclarés. »