jeudi 24 septembre

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24 septembre, journée mondiale de la mer : protéger l’océan et ses habitants, c’est protéger la vie

Les mers et les océans sont de grandes étendues d’eau plus ou moins salées. Les mers sont ouvertes, ou enclavées dans un territoire, tandis que les vastes océans relient entre eux les continents, couvrant ensemble plus de 70 % de la surface de la Terre[1]. Ces paysages bleus sont à l’origine de la vie et […]

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Les mers et les océans sont de grandes étendues d’eau plus ou moins salées. Les mers sont ouvertes, ou enclavées dans un territoire, tandis que les vastes océans relient entre eux les continents, couvrant ensemble plus de 70 % de la surface de la Terre[1]. Ces paysages bleus sont à l’origine de la vie et sont peuplés par environ 230 000 à 250 000 espèces d’animaux marins connues, mais le total réel dans les océans pourrait atteindre 700 000 à plus de 2 millions d’espèces[1 bis], soit des milliers de milliards de milliards d’individus.

La préservation des mers et de l’Océan est une nécessité absolue pour l’avenir humain, comme pour celui de toutes les autres espèces vivantes[2]. La journée mondiale de la mer rappelle la démesure de l’activité humaine qui met considérablement en danger cet espace précieux, menacé par le changement climatique, la surexploitation sous toutes ses formes (extractions des énergies fossiles, pêche industrielle, transports commerciaux…) et les pollutions diverses. Un article du groupe thématique Condition animale de la France insoumise.

Les fonds marins pourraient à leur tour libérer des gaz à effet de serre

Les océans sont les grands régulateurs du climat, ils captent 90 % de l’excès de chaleur produit par les activités humaines et 30 % du CO₂, mais leur capacité a ses limites. La température des océans augmente ainsi que leur volume[3] entraînant une montée des eaux, une perte d’oxygène, une acidification de l’eau ainsi que le dérèglement des grands courants marins. Dans ces milieux brutalement transformés, toutes les espèces peinent à s’adapter (planctons, mollusques, poissons…), les chaînes d’alimentation sont perturbées, des écosystèmes entiers sont menacés.

Avec le temps, les fonds marins pourraient à leur tour libérer des gaz à effets de serre et aggraver considérablement le bouleversement climatique déjà engagé. Ces plaines abyssales sont encore peu explorées, mais elles font l’objet de convoitise pour en extraire les métaux rares recherchés pour l’industrie contemporaine (smartphones, ordinateurs, voitures électriques…).

Tandis que les scientifiques soulignent l’importance de préserver ces territoires marins méconnus, très riches en biodiversité, les multinationales pétrolières participent elles aussi à l’expansion fossile, lançant toujours de nouveaux projets d’exploration et d’exploitation des hydrocarbures[4]. La surexploitation de la mer sous toutes ces formes conduit pourtant à une catastrophe.

Pour aller plus loin : 600 000 tonnes de plastique par an, pollution des yachts de milliardaires : les grandes menaces qui planent sur la mer Méditerranée

Pêche industrielle, le chalutage profond

La pêche industrielle participe au désastre, prélevant de trop grandes quantités de poissons, elle marque le déclin des espèces visées, ainsi que des captures « accessoires », non commercialisables (phoques, dauphins, baleines, tortues, oiseaux de mer…)[https://www.ifaw.org/fr/journal/captures-accessoires-en-mer]. Loin des regards, le chalutage profond est considéré comme la méthode de pêche la plus destructrice qui existe de nos jours[https://bloomassociation.org/quel-est-le-probleme-2/un-impact-destructeur/].

Cette surextraction massive des animaux de la mer freine le renouvellement des populations, leur raréfaction annonce pour certaines d’entre elles leur extinction. Aux captures démesurées de ces navires aux filets géants s’ajoute la destruction des reliefs naturels, des habitats marins, de tous les organismes arrachés sur leur passage. Dans ce pillage effréné, les pays de l’hémisphère nord ont une responsabilité accrue vis-à-vis des pays du Sud.

L’Organisation des Nations unies prévoit d’ici 2040 que près de la moitié des poissons sauvages pêchés le seront pour être réduits en farine et huile principalement destinée à l’alimentation des animaux d’élevage dans des fermes piscicoles, porcines ou avicoles[https://reporterre.net/46-des-poissons-peches-pourraient-servir-a-nourrir-des-poissons-d-elevage-d-ici-15-ans][https://mangroves.network/peche-illegale-afrique/greenpeace-lindustrie-de-la-farine-de-poisson-detourne-la-nourriture-et-les-moyens-de-subsistance-de-lafrique-de-louest-greenpeace-africa/].

En plus d’être une menace pour la vie marine, la pêche industrielle par son activité dans des mers éloignées affecte la sécurité alimentaire des populations autochtones[https://bloomassociation.org/nos-campagnes/peche-en-afrique/quel-est-le-probleme/].

La souffrance animale

À ce constat s’ajoutent les études récentes de scientifiques qui en majorité convergent sur le fait que les poissons, comme les céphalopodes (poulpes, calmars, seiches…) ainsi que les crustacés (crabes, crevettes, écrevisses, homards, langoustes) ressentent eux aussi la douleur.

Au niveau de l’Union européenne, et en droit français, le statut juridique reconnaît aux poissons d’être des êtres sensibles, or dans le cadre de la pêche industrielle, les animaux sont abattus sans étourdissement, sans contexte qui permette d’éviter « des souffrances ou blessures inutiles » comme le requiert la directive européenne de protection des animaux dans le cas des oiseaux ou des mammifères[https://www.ifremer.fr/fr/ressources/la-douleur-et-la-souffrance-des-poissons-sont-elles-suffisamment-considerees-en].

Les poissons compressés sous le poids de la masse des animaux emportés dans les filets étouffent, en remontant à la surface, la chute de la pression provoque une dilatation de gaz naturellement enfermé dans leurs corps, leurs organes internes éclatent ou sortent par les orbites, l’œsophage ou par la bouche[https://www.lemonde.fr/idees/article/2022/02/25/briser-le-silence-sur-la-souffrance-des-poissons_6115157_3232.html].

La pollution

Dans une économie mondialisée, les liaisons maritimes font transiter plus de 80 % des échanges commerciaux et 97 % des échanges numériques[https://www.isemar.org/wp-content/uploads/2023/02/Note-de-Synthese-246-Les-cables-sous-marins-une-industrie-maritime-meconnue.pdf], ce faisant elles engendrent une pollution massive. Les navires relâchent dans l’atmosphère des gaz à effet de serre, des particules de soufre et déversent des produits toxiques dans la mer, dangereux pour la santé et l’environnement[https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/11/11/cop27-le-transport-maritime-un-secteur-polluant-qui-tarde-a-changer-de-cap_6149485_4355770.html].

L’ensemble de la flotte mondiale est pour moitié composée de navires marchands qui sont les plus consommateurs d’énergie et sont à l’origine de plus de trois quarts des émissions de gaz à effet de serre. Leurs carburants particulièrement sales polluent l’air et les mers produisant des maladies de façon plus marquée encore dans les populations vivant à proximité des ports et des côtes[https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2022/11/11/cop27-le-transport-maritime-un-secteur-polluant-qui-tarde-a-changer-de-cap_6149485_4355770.html].

La densité de l’activité humaine dans les mers produit également une pollution sonore qui entrave les écosystèmes et touche les milieux marins particulièrement sensibles aux bruits et aux vibrations. Elles seraient une des causes des échouages massifs de grands cétacés[https://d-fi.lafranceinsoumise.fr/wp-content/uploads/2025/05/Contre-plan-Ocean-THE-LEFT.pdf]. La mer est également le déversoir des pollutions terrestres.

La production de plastique génère 353 millions de tonnes de déchets dont moins de 10 % sont actuellement recyclées[https://biodiv.mnhn.fr/fr/news/vers-un-nouvel-accord-international-contraignant-sur-la-pollution-plastique]. Chaque année, quelque 11 millions de tonnes de déchets plastiques sont déversées dans les océans, affectant plus de 800 espèces marines et côtières. Flottant à la surface ou posés dans les profondeurs, il est estimé que 10 % de l’ensemble des plastiques produits depuis leur invention stagnent désormais dans les océans[https://www.anses.fr/fr/content/les-microplastiques-un-risque-pour-lenvironnement-et-la-sante].

Quant aux microplastiques, invisibles à l’œil nu, ils sont présents partout, dans les sols, l’air, l’eau, ils peuvent entrer à tout moment dans la chaîne alimentaire, dans les plus petits organismes tel que le plancton comme dans les plus grands. Les microplastiques se retrouvent aussi dans l’être humain, dans la circulation sanguine, dans les placentas. Ils sont une préoccupation majeure des pouvoirs publics car ils sont toxiques et ont des effets sur la santé, même si les conséquences à long terme n’en sont pas encore connues (perturbations endocriniennes, effets sur le système immunitaire…)[https://www.fr-fcm.fr/microplastiques-sources-impacts-environnement/].

Dans les océans, le plastique représente 80 % des déchets, 90 % sont des microplastiques, dont 24 000 milliards flottent à la surface de l’eau[https://www.ifremer.fr/fr/microplastiques-et-nanoplastiques-quels-impacts-sur-la-vie-marine].

Le monde marin est aussi touché par les produits polluants utilisés dans l’industrie ou l’agriculture. Ces substances pénètrent et détruisent les sols, se déversent au fil des rivières pour finir dans les océans. Deux drames (scandales) sanitaires, sans doute parmi les plus connus dans la population française, illustrent ce ruissellement des eaux dans les sols, les cours d’eau douces, jusqu’à la mer. L’utilisation du chlordécone aux Antilles sur les terres agricoles des bananeraies en Martinique et en Guadeloupe de 1972 à 1993 qui a affecté toute la population locale et a contaminé par ruissellement et infiltration la faune, la flore et le milieu marin. Certaines zones les plus affectées font désormais l’objet d’interdictions de pêche, totales ou partielles[https://www.has-sante.fr/jcms/p_4092749/fr/chlordecone-la-has-publie-des-recommandations][https://www.ifremer.fr/fr/pollution-contamination/des-pesticides-dans-les-oceans-quelles-consequences]. En Bretagne, c’est l’usage excessif d’engrais azotés agricoles dans les sols qui a produit la présence dans la mer des algues vertes et leur prolifération. En se décomposant, elles libèrent un gaz mortel, l’hydrogène sulfuré, qui a déjà causé plusieurs décès humains et animaux en Bretagne[https://www.imep-cnrs.com/comprendre-les-algues-vertes-et-leurs-consequences-sur-la-viemarine/].

Grâce aux Outre-mer, la France possède le deuxième domaine maritime mondial, elle peut jouer un rôle prépondérant dans l’organisation de la bifurcation écologique, pour la protection des océans, la sauvegarde de la vie animale et des peuples qui en dépendent[AEC p. 148]. La marchandisation capitaliste du monde détruit les sources même de la vie sur terre. Le programme de l’avenir en commun offre une autre vision du monde et apporte des solutions concrètes, une nouvelle organisation de l’État guidée par la maîtrise du cycle de l’eau.

La France insoumise propose de[AEC, pp. 148-150 ; pp.153-155] :

  • Préserver les écosystèmes marins avec le développement des aires marines protégées sur au moins 30 % du territoire maritime français.
  • Appliquer effectivement l’interdiction de la pêche électrique et lutter contre les pratiques de pêche illégales
  • Interdire le chalutage des fonds marins et les techniques industrielles dévastatrices comme la senne démersale
  • Interdire tout commerce d’ailerons
  • Œuvrer à la création d’un droit international de la biodiversité, notamment dans les grands fonds.
  • Créer des éco-régions dessinées à partir des bassins versants, délimités par les rivières, massifs montagneux ou forestiers, etc.
  • Défendre un moratoire sur les forages en Méditerranée et sur l’extraction minière en eaux profonde.
  • Faire des Outre-mer des territoires pilotes de la planification écologique et des circuits courts : autonomie énergétique et 100 % renouvelable, autosuffisance alimentaire, politique maritime, protection de la biodiversité.
  • Implanter un Institut des Nations unies Océan en France et un institut de formation et de recherche, placé sous l’égide des Nations unies, s’inscrirait dans les obligations internationales de la France en matière de coopération Nord-Sud, de partage des connaissances et de renforcement des capacités[https://lafranceinsoumise.fr/2025/03/11/les-insoumis-inscrivent-la-mer-a-lordre-du-jour-de-lassemblee-nationale/].

Par le groupe thématique Condition Animale de la France insoumise

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