Ce 10 mars, plusieurs médias et associations ont relevé entre 150 et 230 candidats RN aux élections municipales épinglés pour leurs propos racistes, homophobes, leurs violences, etc. La date est précisée, car le compte augmente chaque jour ! Comme excuse, Le Pen et Bardella invoquent les fameuses « brebis galeuses » : ces vilains candidats qui auraient infiltré le RN, dupé ses militants et dirigeants sur leur racisme. Une fois ledit racisme dévoilé publiquement, la direction lepéniste fait semblant de tomber des nues et range le candidat dans un placard.
Et des placards, il en faudra pour ranger tous ces candidats racistes, violents parfois, etc., tant les révélations sur les candidats investis et soutenus par le RN pleuvent quotidiennement. Parfois jusqu’à des têtes de liste, parfois jusqu’à des députés ! Pourtant, il y a des villes où le RN présente en connaissance de cause des candidats déjà connus pour leurs frasques. La Franche-Comté en est remplie : après que la tête de liste belfortaine ait été débranchée, le candidat RN à Besançon, Jacques Ricciardetti, reste bien en place, malgré un lourd passif. Notre article.
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Une proximité assumée du RN avec l’extrême droite groupusculaire
Les liens entre le RN à Besançon et les bandes néonazies et identitaires locales sont bien connus : une tradition ancienne des lepénistes locaux semble imposer aux militants et cadres de frayer avec, au choix, les néonazis des Vandal Besak, ou encore les catho-intégristes. Dans ce dernier cas, Jacques Ricciardetti, candidat à la mairie de Besançon et élu régional, est concerné.
Membre de la Fraternité Saint-Pierre, congrégation catholique rigoriste, le dirigeant RN a déjà été surpris après la messe (en latin) à tracter directement devant l’église. Difficile alors de s’opposer à la présence de mères voilées aux sorties scolaires au nom de la laïcité… Une contradiction qui ne gêne pas Jacques Ricciardetti. Plus embêtant encore, cette congrégation ne cache pas ses liens avec le groupuscule royaliste et antisémite Action Française, sans que Ricciardetti ne prenne ses distances. Mais qu’attendre de plus d’un homme qui participait aux « Marches pour la Vie » (anti-avortement) dans les années 2000, sans aucune prise de distance politique depuis.
Tout comme sa prise de distance envers Jean-Marie Le Pen est timide. Tout au plus dénonçait-il récemment les « outrances » du FN « à l’ancienne ». « Dans les débuts du FN, nous n’étions pas là pour gagner mais pour crier ou montrer les blessures de la France. On l’a fait, bien souvent, très mal en termes de communication », affirme-t-il dans l’Est Républicain. Les propos antisémites, négationnistes, racistes, homophobes de Le Pen-père et du FN ? Une erreur de comm’, rien de problématique sur le fond pour celui qui se voit maire de Besançon.
Rien de surprenant à ce que J. Ricciardetti a soutenu, voire couvert, les jeunes talents du RN local au tournant des années 2010-2020. Malgré la proximité de ces derniers avec les nazis locaux : ils ne seront débranchés par les hiérarques lepénistes qu’une fois les affaires rendues publiques.
Pour aller plus loin : RÉCIT – À Besançon, l’extrême droite en embuscade contre le mouvement social
Mais encore une fois, quoi de surprenant pour celui qui, reprenant la rhétorique raciste et suprématiste du groupuscule Némésis, a brandi avec Julien Odoul des pancartes racistes en plein conseil régional. La proximité avec les identitaires, elles aussi liées aux groupuscules violents, va plus loin : la fondatrice Alice Kerviel, dite Cordier, devait partager la tribune d’une réunion publique bisontine avec Ricciardetti et Odoul… avant de se décommander au dernier moment. La même Alice Cordier qui a été récemment épinglée pour sa reprise de références nazies.
Outre ses prises de position politiques réactionnaires, racistes, sa complaisance avec les milieux néonazis, Jacques Ricciardetti s’est illustré par d’autres frasques. En 2021, Libération publie des enregistrements de cadres du RN, dont Julien Odoul et son bras droit Ricciardetti, se moquant allègrement du suicide d’un agriculteur et exposant un cynisme sans bornes et, en fin de compte, un manque total de compassion (littéralement souffrir avec) pour son prochain. Assister à des messes en latin expose à un travers : ne pas comprendre leur message sur l’amour du prochain. « L’agriculteur qui se pend au faîtage de son hangar…, a-t-il laissé une trace ? S’est-il pissé dessus ? », blague-t-il avec un Julien Odoul hilare.
Pour un parti qui se revendique de l’ordre contre « la racaille », le RN investit décidément n’importe qui : sa tête de liste bisontine, outre tous ses travers, a déjà été condamnée. Et par le Conseil Constitutionnel s’il vous plaît, qui l’a condamné, en 2021, à un an d’inéligibilité pour plusieurs irrégularités de son compte de campagne aux élections sénatoriales. Belle leçon d’exemplarité par l’extrême droite.
Un colistier passionné d’histoire !
En bonne place sur la liste de son collègue conseiller régional, Thomas Lutz était, à l’origine, pressenti pour être en tête de la liste RN à Besançon ! Mais, pour d’obscures raisons, la chose ne s’est pas faite, et l’élu n’est « que » troisième de liste. Les profils des deux hommes sont pourtant similaires, jusqu’à l’appartenance à la même fraternité religieuse.
En avril 2024, en plein conseil régional de Bourgogne Franche Comté, T. Lutz avait tranquillement vociféré le terme d’Untermensch : sous-homme en allemand, terme théorisé par le Ku Klux Klan et repris par les nazis pour justifier leur politique de persécutions et d’exterminations envers les minorités, juives notamment. Le pauvre homme s’estimait lésé pour une histoire de temps de parole. Se comparer aux soi-disant untermenschen, victimes des nazis, quand on est soi-même membre d’un parti fondé par des nazis, c’est un comble !
Même la direction du RN a dû réagir en donnant une tape sur les doigts de son élu : il a été « rappelé à l’ordre », mais pas renvoyé, par son parti. Une sanction d’une fermeté exemplaire ! Au point que le même Lutz a porté les couleurs du RN aux élections législatives… Moins de deux mois plus tard. Chez les Le Pen, la référence aux nazis est, à terme, valorisée !
Face à cette extrême droite qui s’étale et étale son racisme sur les murs du pays, le rempart le plus solide se trouve à La France insoumise, qui appelle à manifester en masse le 14 mars, et qui présente des listes dans 500 communes de France, y compris Besançon. Outre l’affirmation d’un engagement viscéralement antifasciste, les candidats insoumis portent des mesures pour changer au quotidien la vie des habitants, et un programme de rupture. Et à Besançon, la rupture et le rempart contre l’extrême droite s’appellent Séverine Véziès.
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