Le 22 aout 2025, lors des AMFIS, les universités d’été de LFI, a eu lieu une conférence intitulée Palestine – Gaza : briser le siège, stopper le génocide. Plusieurs intervenants ont évoqué la situation dramatique toujours en cours à Gaza et en Cisjordanie à travers leurs recherches, leurs travaux parlementaires ou leurs actions militantes. Parmi eux, deux parlementaires insoumises : Emma Fourreau et Gabrielle Cathala, membres de la flottille Handala, partie pour Gaza, afin de briser le blocus illégal mis en place par Netanyahu et ses alliés. Notre brève.
Au moins 62 000 tués à Gaza et une colonisation qui s’accentue en Cisjordanie
Gabrielle Cathala, députée de la France insoumise, membre de la flottille Handala a pu rappeler ce qui est en cours à Gaza. Au moins 62 000 personnes ont été tuées, dont 1 tiers sont des enfants et dont 60 % représentent, des femmes, des personnes âgées ou des enfants.
Au même moment, en Cisjordanie perdure l’occupation. L’impunité de l’État d’Israël ajouté à la complicité des états occidentaux pourraient laisser penser qu’un génocide pourrait avoir lieu en Cisjordanie si la situation n’évolue pas.
Pour aller plus loin : Gaza : un génocide qui pourrait être stoppé rapidement
À Gaza, un génocide toujours en cours
« Constitue un génocide le fait, en exécution d’un plan concerté tendant à la destruction totale ou partielle d’un groupe national, ethnique, racial ou religieux, ou d’un groupe déterminé à partir de tout autre critère arbitraire, de commettre ou de faire commettre, à l’encontre de membres de ce groupe, l’un des actes suivants : atteinte volontaire à la vie ; atteinte grave à l’intégrité physique ou psychique ; soumission à des conditions d’existence de nature à entraîner la destruction totale ou partielle du groupe ; mesures visant à entraver les naissances ; transfert forcé d’enfants. »
En revenant à la définition juridique du génocide, Insaf Rezagui, docteure en droit international public, membre du collectif Yaani a à nouveau démontré qu’il y a bien un génocide en cours en Palestine. Tout d’abord, par les bombardements incessants et les assassinats visés, près de 70 % des bâtiments sont endommagés ou détruits à Gaza. Ensuite, il y a l’intention de détruire.
La privation d’eau et d’électricité et le siège total de Gaza montre la volonté de Netanyahu et du reste de son Gouvernement de posséder Gaza et de détruire ce qui y est dont les populations. Ensuite, plusieurs prises de parole de ministres israéliens montrent clairement une volonté de soumettre et d’exterminer les Palestiniens. Lors de la Nakba (« exode ») en 1948, il y avait déjà dans le langage une animalisation des Palestiniens par les Israéliens.
« Le droit international n’est pas fait pour nous, les Palestiniens »
Insaf Rezagui revient aussi sur la dimension coloniale du droit international et à ses manquements. Elle raconte qu’un de ces amis lui a un jour dit : « Le droit international n’est pas fait pour les Palestiniens”. Cela a remis en cause une grande partie de son travail de recherche, mais elle admet qu’il avait raison. Le fait que 5 pays occidentaux aient un droit de veto au Conseil de Sécurité de l’ONU montre qu’ils peuvent décider pour les autres États et pour leur population. Et puisque les États-Unis, soutien inconditionnel de Netanyahu, est détenteur de ce droit de veto…
« Les Palestiniens sont toujours là »
Thomas Vescovi, historien spécialiste d’Israël-Palestine et membre du collectif Yaani revient sur certains enjeux historiques du conflit. Il revient sur la dimension coloniale de l’État d’Israël et sur la volonté de faire disparaître le peuple palestinien. Il alerte également sur la radicalisation du pouvoir israélien et appelle à ne pas se leurrer : « nous ne devons pas idéaliser le fait qu’avec un autre gouvernement cela irait mieux ». En effet, si un groupe social s’opposant à Netanyahou devient majoritaire, la priorité reste la libération des otages et le discours décolonial reste faible et très minoritaire.
« Accepter ce qui se passe à Gaza, c’est accepter que cela puisse arriver chez nous »
Reva Viard, militant écologiste, membre de la Flottille Madleen, prononce ces mots pour rappeler que les logiques capitalistes et colonialistes qui animent le gouvernement israélien animent aussi d’autres gouvernements occidentaux dans des mesures différentes. Il rappelle également que les luttes doivent converger, car lutter pour Gaza, c’est aussi lutter contre un écocide et l’éradication de toutes formes de vie à Gaza. Après les flottilles Madleen et le Handala, 36ᵉ et 37ᵉ flottilles qui partaient pour Gaza pour sensibiliser, apporter de l’aide humanitaire et briser le blocus, d’autres vont partir. D’autres se préparent à partir, notamment le week-end du 6-7 septembre.
Les médias et les États complices du génocide
Emma Fourreau a rappelé la complicité qu’ont les médias et les États dans ce génocide. Les médias français reprennent mot pour mot la propagande israélienne. Elle rappelle que lorsqu’elle et ses camarades ont été arrêtés illégalement dans les eaux internationales, ils ont seulement transmis le fait qu’Israël avait prévenu. Comme si cela rendait plus légitime ces arrestations. Et ce n’est qu’un exemple parmi tant d’autres qui montrent la désinformation autour de ce sujet.
Les États font également preuve de complicité en laissant Netanyahu survoler la France alors que cela lui est sous le coup d’un mandat d’arrêt de la Cour Pénale Internationale. Mais ils sont aussi complices par leur répression des voix qui luttent contre ce génocide. La répression a été très forte sur ces sujets avec de nombreux-ses militants poursuivi-e-s pour apologie du terrorisme mais également des violences policières importantes dans des pays où il n’y en avait que très peu jusqu’alors, par exemple en Belgique.
Ce qui devrait être fait les États, ce qu’ils auraient dû faire depuis longtemps
Les états ont du pouvoir et peuvent agir, ont rappelé les intervenants. L’Union européenne est le premier accord commercial d’Israël alors même que cet accord est normalement sous clause de respect des droits humains. 30 % des armes israéliennes viennent d’Allemagne… La guerre ne peut continuer que grâce aux États-Unis et à l’Union européenne. Il y a donc un levier d’action énorme de ses pays pour lutter contre ce qu’il se passe.
Emma Fourreau a terminé son intervention en rappelant combien cette lutte pour la défense du peuple palestinien ne devait jamais s’arrêter. Les manifestations, le boycott, partager les images de Gaza même si elles sont insoutenables. Et de conclure « Free Palestine ! ».