Guerre. L’insoumission.fr et Informations Ouvrières s’associent pour proposer à leurs lecteurs des contenus sur les résistances et les luttes en cours aux quatre coins du pays. À retrouver sur tous les réseaux de l’Insoumission et d’Informations ouvrières.
Contre la guerre, un meeting international est en préparation le 5 octobre prochain à Paris. « Des militants, des syndicalistes et des démocrates de toute l’Europe lancent un appel à s’unir contre la guerre et contre les dépenses militaires, et à rejeter l’exigence des gouvernements européens de soutenir leurs politiques brutales et destructrices au nom d’une prétendue « union nationale » », peut-on lire sur le site internet de ce meeting. Céline Verzeletti, syndicaliste CGT, est une des signataires de cet appel européen.
Un appel d’autant plus urgent au regard des dernières annonces d’Emmanuel Macron concernant le budget de la Défense. Dans son discours aux armées du 13 juillet, le locataire de l’Élysée s’est plié une nouvelle fois aux injonctions de Trump et de l’OTAN. Il a annoncé 3,5 milliards d’euros supplémentaires en 2026 et 3 milliards en 2027, qui « s’ajouter[ont] à la loi de programmation militaire actuelle », qui prévoyait déjà un doublement des dépenses militaires d’ici à 2030 (par rapport à 2017). Face à la montée de la guerre, il n’y a pas de fatalité. Retrouvez la tribune de Céline Verzeletti.
« Les peuples de l’Europe doivent s’unir pour dire non à la guerre, pour la paix, pour la justice sociale et aussi pour combattre toutes les attaques contre les conquis sociaux »
« J’ai signé l’appel européen contre la guerre avec un grand nombre de personnes engagées comme militante syndicaliste, internationaliste et pacifiste. Je trouve aujourd’hui la situation internationale particulièrement préoccupante. D’une part, il y a beaucoup de va-t-en-guerre chez les tenants du pouvoir et du capital. D’autre part, parce que l’extrême droite est très forte en Europe et dans le monde entier. Les inégalités sociales explosent aussi depuis des décennies.
Les conflits armés sont très nombreux aussi. On voit bien tous ces va-t-en-guerre aussi chez nous, avec Emmanuel Macron et son gouvernement. Face à cela, je pense qu’il n’y a pas de fatalité et il faut qu’on puisse s’unir, pour qu’on puisse enfin stopper ces guerres tous ensemble.
La place du monde ouvrier dans la lutte contre la guerre peut se faire à différents niveaux et peut se traduire de différentes manières. Il y a eu des actions très concrètes de la part de syndicats, que ce soit chez les dockers qui refusent de transporter et de mettre à quai, du matériel de guerre, ainsi qu’à l’aéroport de Roissy. Les salariés refusent que ces matériels de guerre ou ces armes puissent aller dans des pays qui sont en train de perpétrer des génocides ou des crimes de guerre.
La guerre a toujours bénéficié à certains, c’est-à-dire aux plus riches, aux fabricants d’armes, à ceux qui pillent les ressources, dans les pays d’ailleurs qui subissent ces guerres. Ceux qui paient le prix fort de ces guerres, ce sont toujours et ça a toujours été les travailleurs et travailleuses. Soit, ils sont de la chair à canon en étant envoyés sur le front, soit ils sont surexploités pour les profits de l’industrie d’armement.
Pour aller plus loin : Moyen-Orient : les mensonges des États-Unis pour leurs guerres perpétuelles
On nous parle de plus en plus d’économie de guerre. Ça se fait forcément au détriment de la population parce qu’évidemment, tout cet argent n’ira ni à la santé ni à l’éducation, ni à la recherche, ni à la culture, ni à tout ce qui permet justement l’émancipation des uns et des autres et qui permet de vivre dans de bonnes conditions.
Suite à cet appel, il va y avoir un grand meeting le 5 octobre qui va réunir tous ceux qui ont signé cette pétition à travers l’Europe. Dans cet appel, on dit : « les peuples de l’Europe doivent s’unir pour dire non à la guerre, pour la paix, pour la justice sociale et aussi pour combattre toutes les attaques contre les conquis sociaux ».
Ce meeting répond vraiment à ce besoin. J’imagine que c’est vraiment le début d’une grande mobilisation. Il y a eu beaucoup de manifestations en Europe pour la paix et contre le génocide perpétré à Gaza. Mais j’ai l’impression qu’il manque un petit lien entre les uns et les autres et qu’on sera beaucoup plus forts et beaucoup plus entendus si on s’unit et si on met nos forces ensemble pour exiger la paix.
Pour moi, il n’y a pas de fatalité, on peut toujours renverser les choses, mais ça demande une unité d’une part, et une organisation, c’est-à-dire qu’il faut qu’on parle de la même voix les uns et les autres, qu’on soit politiques, syndicalistes ou personnalités du monde de la culture, etc. Et ensuite, qu’on soit peut-être en capacité, au-delà de l’appel, au-delà du meeting, d’organiser de grandes manifestations, de grandes mobilisations
J’appelle vraiment tous les travailleurs, les travailleuses et les syndicalistes à se saisir de tout ce qui est mis en place pour exiger cette paix. »