dimanche 19 juillet

13:38

À Cadillac, succès du café populaire des insoumis pour passer à la 6ᵉ République

Samedi 17 mai, plus de cinquante personnes se sont réunies sous la halle de Cadillac en amorçant la réflexion sur ce que serait la 6ᵉ République. Un moment de fraternité et d’échanges lors d’un café constituant, dit aussi café populaire, initié par Mathilde Feld, députée LFI de la 12ᵉ circonscription de Gironde, et de son […]

LFI Cadillac 6e République

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Samedi 17 mai, plus de cinquante personnes se sont réunies sous la halle de Cadillac en amorçant la réflexion sur ce que serait la 6ᵉ République. Un moment de fraternité et d’échanges lors d’un café constituant, dit aussi café populaire, initié par Mathilde Feld, députée LFI de la 12ᵉ circonscription de Gironde, et de son collègue du Finistère, Pierre-Yves Cadalen, initiateur de la campagne du mouvement insoumis pour la 6ème République. Partout en France, les insoumis multiplient ces cafés avec un objectif : « Dégager Macron et instaurer une 6ème République en convoquant une Assemblée constituante ». Récit.

À Cadillac, des députés LFI réfléchissent avec les habitants pour passer à la 6ᵉ République

Pierre-Yves Cadalen, était présent, mais ce n’était pas une réplique de son meeting bordelais : autant que Mathilde, il est venu écouter et construire la pensée collective élaborée lors de ce moment d’échange.

Six tables de travail ont planché sur quelques-unes des propositions de LFI, dans des discussions animées où la parole de chacun est considérée. Ces cafés populaires sont en miniature ce que serait le processus constituant : un espace de délibération dans tout le pays, et ils répondent à un besoin.

« La colère vient de ce qu’on ne nous écoute pas », nous confie une participante à l’issue de ce moment, « je suis contente qu’un moment d’échange et de partage comme celui-là existe et je suis contente d’y avoir participé. »

Une représentativité à bout de souffle

Dans les échanges, le problème de la représentativité a été vivement débattu. « La constituante devra décider d’un nouveau mode de gouvernance et en particulier réformer le Sénat », selon Pierre, rapporteur d’un des groupes de travail. « Les deux chambres doivent représenter l’ensemble des citoyens dans leur diversité sociale, ce serait un premier pas pour augmenter le niveau de démocratie ! »

Mais la démocratie ne peut pas se limiter aux élus, elle doit être une pratique, une culture quotidienne : dans les communes, il faut associer les citoyens en amont des conseils municipaux (c’est un échelon essentiel contre l’accaparement des pouvoirs par quelques personnes dans les intercommunalités), sur les lieux de travail, il faut imaginer des instances reconnues à côté des syndicats pour exprimer les idées du personnel, et bien sûr à l’école, il faut s’exercer à la démocratie.

L’éducation est vraiment au centre des réflexions de tous, mais :

La démocratie pour que le peuple reprenne le pouvoir

« En Suisse, les citoyens reçoivent avant de voter, quatre fois par an, un livret avec les argumentaires des différents partis sur les points soumis à la votation. L’éducation et la pratique démocratique sont permanentes, c’est un cercle vertueux », témoigne Anne, dont la famille binationale pratique une démocratie plus directe.

« À l’inverse, les régimes représentatifs incitent à la paresse et au désengagement puisque de toute façon on ne prend pas en compte ma parole et que quelqu’un va parler à ma place… »

Pierre-Yves Cadalen rappelle que les Gilets Jaunes ont fait la démonstration de la vertu de la démocratie horizontale : en quelques semaines, grâce à des discussions d’égal à égal, ils ont élevé leurs revendications à un très haut niveau politique.

Pour aller plus loin : Une nouvelle République pour une nouvelle France : les propositions de LFI pour une 6e République et une refonte des institutions

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Est-ce qu’on est plus ou moins « compétent » pour voter à 16 ans qu’à 18 ou à 80 ?

Pierre-Yves Cadalen nous confie que, quand il était jeune, sa grand-mère lui demandait : « Pour qui tu votes ? Parce que moi je vote pour ton avenir. » Nina, lycéenne, est un peu impressionnée par le vote à 16 ans : « Je n’ai pas l’impression d’avoir la maturité nécessaire. »

Mais après cette première réaction, elle ajoute : « J’ai quand même des choses à dire, mais à l’école, on ne nous apprend pas ce qu’on pense, on nous apprend à obéir. »

Les professeurs présents sont d’accord avec elle : « Notre institution formate, l’instruction n’a pas besoin de précéder la pratique démocratique, elle doit en donner le goût : pour ça, il faut donner l’habitude du débat, mais ça n’est pas suffisant, il faut surtout donner le pouvoir de décider, sinon c’est du saupoudrage ». Le débat sur l’éducation est loin de se limiter aux jeunes et à l’école : un des points cruciaux sur lesquels la constituante devra travailler sera celui des médias.

L’éducation permanente passe par le pluralisme et l’indépendance des médias

Tout le monde souffre de la dégradation du paysage médiatique français, et les propositions ne manquent pas : « Il faudrait que les chaînes d’opinion soient identifiées comme telles pour les différencier des chaînes d’information ».

« L’attribution des fréquences pourrait être faite par un comité citoyen qui remplacerait l’Arcom ». « On pourrait cibler des impôts pour flécher à quel média on voudrait attribuer quelles subventions ». Mais tout le monde s’accorde pour dire que, pour augmenter le niveau de démocratie, il est essentiel de limiter les monopoles : ceux de la presse, mais aussi ceux de l’argent. Pour rappel, 90 % des médias du pays sont détenus par 9 milliardaires avec le résultat que l’on connaît : « Des Unes en faveur de Le Pen, des articles à charge chaque semaine contre Jean-Luc Mélenchon et sans oublier, les sorties racistes matin midi et soir…« 

Démocratie et organisation capitaliste du travail…

La démocratie passe par la République sociale et le partage de richesses aujourd’hui accaparés par l’oligarchie qui s’en sert pour conserver son pouvoir. Elle passe aussi par une réflexion sur notre relation au temps, et en particulier au temps de travail : pour partager le travail politique, il faut du temps. Les questions des salaires, du temps de travail ou de l’âge de départ à la retraite sont liées à la qualité de notre démocratie.

La jeunesse, les classes ouvrières, les précaires, doivent pouvoir s’occuper des affaires communes, or ils sont souvent absorbés dans leurs préoccupations matérielles quotidiennes, et on sait qu’aujourd’hui, ce sont majoritairement les retraités qui font vivre les conseils municipaux. Les échanges s’orientent alors vers le cœur du pouvoir de la bourgeoisie : la propriété.

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Transformer le droit à la propriété en droit d’usage : user sans abuser

Le droit de propriété est aujourd’hui défini dans la constitution comme un droit absolu, sans limites. C’est principalement face aux biens communs, et notamment à la terre, que cette question a été débattue aux différentes tables.

Certains parlent de collectiviser les terres accaparés par des multinationales et les biens communs pour assurer la souveraineté alimentaire ; des idées qui font leur chemin dans la discussion.

Des lois contraignantes pour la préservation de l’écosystème peuvent aujourd’hui être cassées au nom du droit de propriété, or la nature est la condition de base à la vie humaine. Il va de soi, pour tous les participants, que l’accaparement de l’eau, de la forêt, de la terre pour faire de l’argent doit être interdit par la Constitution.

« Emmanuel Macron s’est comporté avec la constitution comme un avocat fiscaliste avec le code des impôts ! »

Mathilde Feld conclut : « La 5ᵉ République est à bout de souffle et la constitution de 1958 a montré ses limites à travers les multiples manipulations qu’en a fait Emmanuel Macron. Le président s’est comporté avec la constitution comme un avocat fiscaliste avec le code des impôts. Il en a exploité les failles pour la tordre à son avantage et ainsi bâillonner le peuple et le parlement. C’est pourquoi il est indispensable de redonner la parole aux gens à travers une assemblée constituante qui écrira la constitution d’une 6ᵉ République en adéquation avec les aspirations et les intérêts du peuple de France. »

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