Allocation d’autonomie de 1102 euros pour les jeunes en formation : la proposition de loi de LFI

Jeunes. Il y a quelques semaines, Maëlle, étudiante à SciencesPo, interpellait sur son compte TikTok le gouvernement alors qu’elle venait d’apprendre qu’elle allait devoir vivre avec seulement 100 euros par mois. Les larmes de Maëlle sont celles de tous les jeunes qui subissent la précarité en France. La précarité fracasse la jeunesse. La France insoumise (LFI) par la voix du député insoumis Louis Boyard va défendre ce jeudi 24 novembre une proposition de loi visant à instaurer une allocation d’autonomie de 1102 euros pour les jeunes en formation. Notre article.

La France insoumise (LFI) va présenter 12 textes de loi ce jeudi 24 novembre 2022 à l’Assemblée nationale. C’est le jour de sa « niche parlementaire », le seul jour de l’année où un groupe d’opposition parlementaire peut défendre ses propositions de loi et choisir l’ordre du jour de l’hémicycle de l’Assemblée. Journée spéciale sur l’insoumission : retrouvez la présentation de chacune des 12 propositions de loi insoumises tout au long de la journée. Notre article.

La précarité fracasse les jeunes

Il y a quelques semaines, Maëlle, étudiante à SciencesPo, interpellait sur son compte TikTok le gouvernement alors qu’elle venait d’apprendre qu’elle allait devoir vivre avec seulement 100 euros par mois. Les larmes de Maëlle sont celles de tous les jeunes qui subissent la précarité en France. 

Étude après étude, année après année, les chiffres mesurant la précarité s’accumulent et décrivent tous la misère dans laquelle il a été choisi de maintenir les étudiant·e·s : 

Le taux de pauvreté des 18-29 ans est passé de 8,2 % en 2002 à 12,5 % en 2018 soit une progression de 50 % avant même la crise sanitaire. La précarité des jeunes est donc bien un phénomène structurel, antérieur à la crise. Macron et sa majorité ont choisi de laisser la jeunesse dans la misère. 

En témoignent ces chiffres: Une grande partie des étudiant·e·s sont contraint·e·s de travailler pour financer leurs études: près de 50% des étudiant·e·s exercent une activité rémunérée pendant l’année universitaire. La moitié considère que cette activité leur est essentielle pour vivre,  et une sur cinq considère qu’elle pénalise ses études. En effet, selon une mission d’information du Sénat menée en 2021, les étudiant·e·s qui travaillent à côté de leurs études “présentent des taux de réussite annuelle plus faibles que les autres étudiants”. Plus inquiétant encore, 38 % des étudiant·e·s ont déjà renoncé à des soins médicaux ces 12 derniers mois, et un·e étudiant·e sur deux saute des repas. Personne ne peut l’ignorer alors que des files interminables de jeunes s’amassent devant les banques alimentaires chaque mois. Une telle situation dans le pays qui détient le record de dividendes versés aux actionnaires est insupportable. 

Des bourses sous le seuil de pauvreté

Comment expliquer cette situation alors que la France dispose d’un système de bourses sur critères sociaux ?

En réalité, les trois quarts des étudiant·e·s ne perçoivent toujours pas de bourse ! Le modèle de bourse français, conditionné aux revenus des parents, ne favorise pas l’autonomie des jeunes et reproduit les inégalités sociales. Il crée par ailleurs des effets de seuil qui exclut une partie des étudiant·e·s notamment ceux des classes moyennes, qui sont par conséquent contrainte-s de travailler en parallèle de leurs études. 

Par ailleurs, le montant des bourses lui-même est insuffisant: De 108,37 €/mois (échelon 0 bis, 31,8 % des boursiers) à 596,54 €/mois (échelon 7, 7 % des boursiers), des montants bien inférieurs au seuil de pauvreté (1102 €/mois). Selon la mission sénatoriale de mai 2021: “Le montant des bourses ne permet pas de financer la vie étudiante”. 

La voie professionnelle, grande méprisée de la Macronie 

Les lycéen·e·s inscrit·e·s dans l’enseignement professionnel, qui sont au nombre de 626 000 en France en 2022,  n’échappent à cette situation : Ils sont issu·e·s majoritairement des milieux populaires : 54,8 % des élèves suivant une formation en bac professionnel dans le secteur public sont issus d’une catégorie sociale défavorisée. Entre 2017 et 2021, le nombre de lycéen·e·s professionnel·e·s a baissé de 16 649 élèves, soit 10%. Les sorties en cours de formation ont également augmenté. Ce sont pourtant les travailleurs et travailleuses de demain dont nous avons besoin pour réaliser la bifurcation écologique. 

Les macronistes veulent faire de la jeunesse une simple chair à patrons, nous voulons leur garantir une formation de qualité, l’émancipation. Pour remédier à cette situation, nous proposons la création d’une garantie d’autonomie, pour les jeunes étudiant·e·s et lycéen·e·s professionnel·e·s détaché·e·s du foyer fiscal de leur parents, fixée au-dessus du seuil de pauvreté, soit 1102 euros.