Depuis 9h10 ce vendredi, les femmes travaillent gratuitement

A partir de 9h10 ce vendredi 4 novembre, les femmes françaises ne sont plus rémunérées du tout pour leur travail. C’est le résultat du calcul du collectif Les Glorieuses : En France, le salaire horaire des femmes est en moyenne 15,6% de moins que les hommes, contre 13% en moyenne dans l’Union Européenne. Le collectif lance une mobilisation autour du hashtag #4Novembre9h10 avec trois revendications centrales : Appliquer le principe d’éga-conditionnalité, Revaloriser les salaires des emplois où les femmes sont les plus nombreuses, Soutenir un congé parental équivalent pour les deux parents.

Ça y est. Il est 9h10 passé ce vendredi 4 novembre 2022. Les femmes commencent à travailler gratuitement.

Ce constat du collectif féministe Les Glorieuses, est basé sur les donnés d’écart de salaires en France entre les hommes et les femmes. Ces inégalités salariales s’élèvent à 15,8% selon Eurostat, l’institut de statistiques européen. Un chiffre en hausse tendancielle ! Cet écart de salaire était de 15,1% en 2016, depuis que Macron a commencé à en faire la grande cause de son quinquennat. L’année dernière ce jour de dépassement est survenu le… 3 novembre, à 9h22. Moins de 24 heures de gagnées pour la redenouveau grande cause du second quinquennat !

Screenshot 2022 11 04 at 11 50 08 Egalite salariale femmes hommes comment la France se situe par rapport a ses voisins europeens

Les femmes sont les premières de corvées. Aides-soignantes, sage- femmes, assistantes maternelles, agentes d’entretien, caissières, accueil dans les services publics, elles sont sur-représentées dans les métiers du soin et de l’attention à l’autre qui nous sont si indispensables. Et pourtant, leurs métiers restent dévalorisés, tant économiquement que socialement.

Les métiers essentiels au pays, majoritairement exercés par des femmes, sont les plus mal payés

Les métiers féminisés sont en effet en bas de l’échelle des salaires. Deux tiers des travailleurs au SMIC sont des travailleuses. Leurs conditions de travail sont précaires avec de nombreux temps partiels contraints. Leurs métiers sont pénibles : une caissière soulève jusqu’à une tonne chaque jour quand une infirmière parcourt 10 à 12 kilomètres. Et leurs compétences et savoir-faire, peu reconnus. Il est nécessaire et urgent de prendre en compte cette inégalité et de revaloriser les métiers féminisés.

La France insoumise propose de porter immédiatement le SMIC mensuel à 1600 euros nets. 60% des smicards sont des smicardes. Une mesure plébiscitée par une large majorité dans le pays : 76% des Français sont pour l’augmentation du SMIC.

Le programme l’Avenir en commun prévoit de punir sévèrement le non-respect de l’égalité de rémunération entre les femmes et les hommes, de créer dans l’entreprise une commission de contrôle salarié sur l’égalité entre les femmes et les hommes, d’organiser une conférence sociale pour revaloriser en matière de salaires, de conditions de travail et de parcours professionnels les métiers occupés majoritairement par des femmes dans les secteurs du soin, du lien et du contact, et d’augmenter les sanctions financières et pénales à l’encontre des entreprises qui ne respectent pas l’égalité salariale femmes/hommes (amendes et refus d’attribution de marchés publics).

Ces mesures rejoignent les revendications du collectif Les Glorieuses qui lancent ce jour une pétition autour de 3 revendications : Appliquer le principe d’éga-conditionnalité, Revaloriser les salaires des emplois où les femmes sont les plus nombreuses, Soutenir un congé parental équivalent pour les deux parents.

On peut marquer le début combat pour l’égalité salariale au vendredi 24 novembre 1975, première grève des femmes, en Islande, suivi par plus de 90%.

Ce jour-là, les femmes ne feraient aucune tâche ménagère – pas de cuisine, pas de ménage, pas de garde d’enfants, nada – et elles n’iraient pas au travail.Le but ? Montrer qu’elles se tapent tout ce travail invisible tout l’année. « Il n’existe pas de femme qui ne travaille pas, rappelle la journaliste britannique Caroline Criado Perez, il n’y a que des femmes qui ne sont pas payées pour leur travail » Ce jour fut baptisé Long Vendredi par les hommes islandais qui ont réalisé l’immensité du travail fournit par les femmes, aussi bien dans les entreprises que dans l’ensemble des pans de la vie quotidienne.

Résultat aujourd’hui, l’Islande est le pays où l’égalité salariale est la plus forte.