Scandale : des militants du droit au logement (DAL) violemment réprimés

Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de l’association Droit au logement (DAL) a été interpellé hier lors d’une manifestation. Avec son association, il manifestait devant le ministère du Logement aux côtés des 220 familles « oubliés du DALO » (droit au logement opposable) occupant la place de la Bastille dont nous vous avons déjà parlé dans nos colonnes. En France, défendre le droit au logement peut vous emmener jusqu’en garde à vue. Jean-Baptiste Eyraud a été interpellé pour « rébellion », hier, tandis que les manifestants pacifiques ont subi une violente répression policière. Ou comment le pouvoir macroniste répond à la question du mal-logement, comme à l’ensemble des problèmes de la société : par la violence. Le DAL appelle à une manifestation ce mercredi à 18 heures place de la Bastille. Notre article.

Oubliés du DALO : violence du mal-logement, violence de la répression

Depuis le 5 mars dernier, l’association DAL occupe la place de la Bastille avec de nombreuses familles qui exigent le respect de leur droit au logement. Ils l’occupent pour rappeler aussi l’importance de la loi DALO, loi de conquête sociale, qui a permis de reloger de 200 000 personnes dans ce pays depuis 15 ans. Eux-mêmes sont les « oubliés du DALO », qui depuis des mois, voire des années, attendent de pouvoir vivre dans un logement décent. L’effectivité de la loi DALO est aujourd’hui très faible. Même si certaines familles sont prioritaires, elles ne peuvent pas vivre sous un toit, dignement, à cause du manque cruel de logement social en France.

Peut-on subir une violente répression, voire se faire arrêter alors que l’on manifeste pour défendre un droit fondamental ? En France, la réponse est oui. Hier, mardi 12 avril, avait lieu une manifestation menée par les familles « oubliées du DALO » devant le ministère du Logement. Les forces de l’ordre sont intervenues brutalement. Dans un communiqué, l’association DAL dénonce leurs agissements après qu’elles aient « violemment plaqué au sol Jean-Baptiste Eyraud, tout en gazant les familles qui ont ensuite été nassées plus d’une heure. » Interpellé, Jean-Baptiste Eyraud a été placé en garde à vue pour « rébellion. » « Suite à l’intervention, plusieurs des manifestants sont blessés« , dénonce l’association.

Jean-Baptiste Eyraud libéré, l’association DAL appelle à une nouvelle mobilisation

Interpellé violemment hier, Jean-Baptiste Eyraud aurait été libéré hier dans la soirée. Dans son communiqué, l’association DAL insiste et demande « l’arrêt de toute poursuite à son encontre. » « Nous dénonçons la répression et les violences qui touchent le DAL, son porte-parole Jean-Baptiste Eyraud et les familles mal-logé-e-s, sans logis, menacées d’expulsion« , s’est insurgée l’association. Elle vilipende aussi le silence assourdissant du gouvernement, qui « ne répond que par la violence » à leurs revendications.

Reloger les « 220 familles « Oubliées du DALO » de la place Bastille » et « l’application des lois DALO, de réquisition et d’hébergement inconditionnel des sans-abris » sont les deux principales revendications de l’association DAL. En plus de ces deux revendications, dénonçant à la fois l’interpellation musclée de Baptiste Eyraud et la répression violente contre les familles « oubliées du DALO« , l’association DAL appelle à un rassemblement ce soir, 18h à Bastille. Pour la défense du droit au logement, attaqué depuis bien trop longtemps !