Tribune : Pour l’écologie, nous appelons à voter Mélenchon !

Nous sommes activistes, politiques ou universitaires engagés sur les questions écologiques. A ce titre, nous appelons à voter pour Jean-Luc Mélenchon et son programme, L’avenir en commun. A l’aube d’une élection déterminante pour l’avenir de la planète, seule cette candidature permet d’engager la bifurcation radicale indispensable pour répondre à la crise écologique sans précédent à laquelle nous sommes confrontés. Tribune publiée sur Médiapart par une trentaine de figures écologistes.


« L’harmonie des êtres humains entre eux et avec la nature » : ce souhait mis en exergue du programme L’Avenir en commun porté par Jean-Luc Mélenchon et l’Union Populaire n’est pas anecdotique. Il est au contraire assumé comme une priorité et un axe autour duquel a été élaboré un projet de rupture dans l’intérêt du vivant.

Les maux sont identifiés et répétés : changement climatique, sixième extinction de masse des espèces, érosion et artificialisation croissante des sols, pollutions des eaux, des sols et de l’air, multiplication des maladies et des morts induits par nos modes de production. La cause principale est elle aussi connue : le capitalisme dominé par la finance et les intérêts à court-terme. La multiplication des élevages industriels, les traités de libre-échange climaticides, la destruction des milieux de vie des espèces, l’agriculture chimique et intensive, l’urbanisation galopante qui grignote les terres agricoles, la gestion des crises sanitaires qui ne s’attaque jamais aux causes des maladies, sont autant d’exemples de l’application aveugle de la loi du profit maximum. L’exploitation des êtres humains, celle de nos ressources et celle des animaux s’inscrivent dans la même logique prédatrice.

Ceux qui nous gouvernent depuis des décennies font mine de s’intéresser aux questions écologiques. Mais ils prétendent résoudre les problèmes créés par leurs politiques libérales sans avoir à modifier celles-ci. Ils s’illusionnent, et ils mentent aux Français. Car une politique écologique ambitieuse et sérieuse ne cherche pas simplement à édicter quelques règles pour encadrer le système actuel, mais doit changer ce système de fond en comble. Trop d’écologistes de pouvoir, ces dernières années, ont failli par manque de radicalité, en s’accommodant des règles générales, sans prendre la mesure de la gravité de la situation dans laquelle nous nous trouvons. Ils ont commis une erreur. L’écologie politique, en ce début de XXIe siècle, ne peut être qu’une écologie de rupture, sans ambiguïté ni atermoiement.

Dans son rapport du 28 février, le GIEC, groupe international d’experts sur le climat, alerte à nouveau sur les impacts généralisés et irréversibles du changement climatique, surviendront plus tôt encore qu’annoncé jusqu’ici. Si nous ne modifions pas radicalement nos modes de production et nos habitudes de consommation, la température moyenne terrestre pourrait augmenter de 3,5 à 4,4 degrés. Disons-le clairement : une telle augmentation des températures menace les conditions mêmes de la vie sur terre ! Les prévisions prévoient déjà la disparition de 3 à 14% des espèces terrestres.

En 2030 nous devrons avoir réduit nos émissions de plus de moitié : il nous reste donc 8 ans pour agir. Clairement, nous n’avons plus le temps d’attendre : le prochain mandat sera crucial pour l’avenir de la France, mais aussi pour celui de l’humanité. 

Le programme porté par Jean-Luc Mélenchon et l’Union populaire fait sienne la radicalité écologique indispensable pour répondre à la gravité du moment. La règle verte, inscrite dans la Constitution de la 6e République, régulera toutes les activités publiques et économiques selon un principe directeur : ne pas prendre à la nature davantage de ressources qu’elle peut en reconstituer. 

Ce programme propose de mettre fin à l’élevage industriel, responsable de pollutions majeures et de souffrances intolérables pour des milliards d’animaux chaque année, de servir dans les cantines scolaires100% de produits bio et locaux, avec une option végétarienne à chaque repas, de réduire les protéines carnées dans l’alimentation au profit des protéines végétales, de faire de l’eau un bien commun constitutionnellement garanti dont les premiers mètres cube seront gratuits.

L’avenir en commun s’engage pour une production d’électricité à 100 % d’origine renouvelable. Il s’engage pour la lutte contre la précarité énergétique et pour la sobriété énergétique, en rénovant massivement les logements. De même, le secteur industriel doit se décarboner rapidement et réduire sa consommation de ressources entre autres par l’écoconception des produits.

La planification écologique se nourrit du renforcement de notre démocratie. Les règles monétaires, budgétaires et commerciales des traités européens ne peuvent plus constituer une entrave aux transformations œuvrant pour l’intérêt général. Le conditionnement des aides publiques aux entreprises à des critères sociaux et environnementaux est une nécessité. Comment expliquer à nos enfants, que des milliards d’euros d’argent public sont encore investis dans des activités économiques qui détruisent notre monde ? 

Enfin, impossible de ne pas évoquer la dimension sociale du programme L’avenir en commun qui fait du partage des richesses et de la bifurcation écologique les deux faces d’une même pièce. De nombreux travaux le montrent : la répartition inégale de la richesse est un facteur de destruction de nos milieux de vie. Le patrimoine de 63 milliardaires français émet, à lui seul, une empreinte carbone équivalente à celle de la moitié des Français ! 

Héritage maximum à 12 millions d’euros, augmentation du SMIC et des bas salaires, imposition réellement progressive sur le revenu, titularisation des contractuels de la fonction publique : ces mesures ont aussi une dimension écologique. 

Voilà pourquoi nous, activistes, politiques ou universitaires engagés sur les enjeux écologiques, faisons le choix de l’écologie radicale, la seule possible aujourd’hui. 

Nous ne pouvons renoncer à l’espoir pour les élections de 2022. 

Nous voterons Jean-Luc Mélenchon.

Pour aller plus loin : Les riches détruisent la planète : les chiffres chocs… pour une écologie populaire !

Pour signer cet appel, rendez vous sur le site du Parlement de l’Union Populaire !


Les premiers signataires :

Martine Billard, ancienne députée écologiste

Pierre-Yves Cadalen, chercheur en science politique

Aymeric Caron, journaliste, écrivain, fondateur de la Révolution Écologique pour le Vivant (REV)

Pierre Crétois, maître de conférences en philosophie, Université Bordeaux Montaigne

Alma Dufour, activiste pour le climat

Cédric Durand, professeur d’économie, Université de Genève

Claire Lejeune, militante écologiste

Razmig Keucheyan, professeur de sociologie, Université de Bordeaux

Azelma Sigaux, porte parole REV

Noé Gauchard, militant des jeunes pour le climat, ex-Youth for Climate

Victor Pailhac, porte parole jeunes REV 

Adrien Thérond, activiste pour le climat, ex-membre d‘Extinction Rébellion 

Sébastien Duval, Président de l’association des sinistrés de Lubrizol 

Lo Tulala Aline, Alliance citoyenne et militante contre les passoires thermiques 

André Bouchut, syndicaliste paysan 

Gabriel Amard, Coprésident de l’association du réseau des élu-es insoumis-es et citoyen-nes 

Mathilde Panot, présidente du groupe parlementaire LFI, membre de la commission développement durable 

Michel Philippo, formateur en écoconstruction 

Loïc Prudhomme, député LFI membre de la commission développement durable 

Gilles Reynaud, Président Association MaZoneContrôlée 

Barbara Stiegler, professeur de philosophie politique, Université Bordeaux Montaigne 

Yüki Takahata, autrice traductrice, militante antinucléaire 

Jean-Marie Brom, Directeur de Recherches Emerite au CNRS / Coordinateur du livret énergies 

Hendrik Davi, Directeur de Recherche en Ecologie 

Anne Marie Guillemain, artiste, militante pour la forêt 

Anna Agueb-Porterie, co-fondatrice de Notre Maison Brûle 

Alenka Doulain, responsable associative dans le domaine de la transition énergétique