Doriane Ragon, 59ème féminicide en France depuis le début de l’année

Un féminicide de plus, le 59ème. Doriane Ragon âgée de 32 ans, a été tuée par balle ce week-end dans le Var. Les faits se sont produits vers 3h30 dans la nuit de samedi à dimanche, devant une copropriété du Plan-de-la-Tour. Depuis ce drame, les gendarmes recherchent l’auteur présumé qui aurait pris la fuite dans les Alpes-Maritimes après avoir tiré sur les gendarmes. L’enquête a été confiée à la section de recherche de Marseille par le parquet de Draguignan.

Peu avant elle, Stéphanie, 22 ans, avait succombé à Hayange sous les coups de couteau d’un ex-compagnon. La main-courante puis la plainte, déposée il y a six mois, étaient encore « en attente de traitement ». Auparavant, il y avait eu Chahinez, brûlée vive dans sa rue à Mérignac, et beaucoup d’autres encore.

Un tiers des victimes avait porté plainte

Depuis le rapport 2020 sur les violences conjugales du Haut Conseil à l’Égalité, le gouvernement sait qu’un tiers des victimes de féminicide avait déposé plainte ou une main courante. Les chiffres du rapport sont édifiants : seulement 18% des mains courantes ont donné lieu à enquête, 80% des plaintes ont été classées sans suite, 15% des auteurs étaient récidivistes, 77% d’entre eux sur la même victime.

Ces cas récents et lourds de plaintes classées sans suite, de placements sous contrôle judiciaire non respectés, d’obligations de soins ou de suivi thérapeutiques inefficaces en disent long : lenteur et pesanteur restent la règle dans une société pour laquelle la violence conjugale n’est pas la priorité des priorités. Des femmes continuent, au 21ème siècle, à perdre la vie à cause du sentiment de propriété que certains croient pouvoir s’arroger sur elles. La barbarie d’une société où se forge et perdure ce sentiment ancestral est crûment révélée.

Pas une de plus : toutes les plaintes doivent être enregistrées et traitées immédiatement par la police et la justice

La France insoumise assume un message clair : stop, pas une de plus ! Les mesurettes de marketing ne sont pas à la hauteur de la situation. Nous exigeons un plan de prévention et des moyens pour son déploiement. La parole des femmes doit être prise au sérieux. Depuis le début de l’année 2021, de nombreux drames auraient été évités si les alertes de ces victimes avaient été traitées et non ignorées. Nous exigeons que toutes les plaintes soient enregistrées et traitées immédiatement par la police et la justice.

Les personnes en charges de venir en aide aux victimes doivent être formées et sensibilisées.
Nous demandons la mise en œuvre d’une obligation de résultat : plus une femme tuée par le machisme et la négligence du système patriarcal.