2 millions de Français en burn-out sévère : à quand sa reconnaissance comme maladie professionnelle ?

Le baromètre de la santé psychologique des salariés français, réalisé par OpinionWay et présenté ce mercredi 26 mai, dresse un constat alarmant : 2 millions de Français sont en burn-out sévère et 44% des salariés sont en détresse psychologique. Alors que le retour en présentiel est prévu pour ce 9 juin 2021 pour des millions de salariés, c’est un problème de santé publique majeur qui s’avance dans le pays. Les députés insoumis avaient alerté sur le fléau du burn-out dès le 20 décembre 2017 à travers une proposition de loi visant à faire reconnaître comme maladies professionnelles les pathologies psychiques résultant de l’épuisement professionnel. Proposition balayée par les macronistes. Il y a plus que jamais urgence. Notre article.

44 % des salariés en détresse psychologique

Retour sur le chemin du bureau. Ce 9 juin 2021, nouvelle étape du déconfinement, devrait voir se poursuivre un retour en présentiel pour de plus en plus de salariés. La question qui se pose est : dans quel état ? Les burn-out, épuisements professionnels en français, explosent dans le pays. Le taux de burn-out a en effet doublé en un an de confinement : il culmine à 2 millions de personnes en burn-out sévère dans le pays. C’est ce que nous révèle le baromètre de la santé psychologique des salariés français réalisé par OpinionWay et publié ce mercredi 26 mai.

Cet « épuisement professionnel sévère » se traduit, selon Christophe Nguyen, spécialisé dans la prévention des risques psychosociaux (burn-out, dépressions, suicides…), par une forme de déshumanisation avec « des gens qui fonctionnent comme des robots pour se protéger de leurs émotions » et qui « s’autocensurent par crainte d’en parler ». Les indicateurs de l’état psychologique des salariés sont en effet inquiétants : 44 % des salariés sont en détresse psychologique. Et le patronat n’a pas l’air de prendre la mesure de la situation psychologique de ses salariés. L’enquête pointe en effet que 6 salariés sur 10 estiment que leur direction « ne se rend pas compte de l’état psychologique des salariés et n’agit pas en fonction ».

Proposition de loi des insoumis visant à faire reconnaître le burn-out comme maladie professionnelle… rejetée par LREM

L’étude pointe les effets psychologiques du confinement dont l’insoumission vous parle depuis de longs mois. Les salariés en télétravail sont en effet les plus exposés : le taux de détresse psychologique atteint 46% chez ces derniers, contre 40% pour ceux qui se rendent sur site. Difficile avec le confinement sur son lieu de travail de compartimenter vie personnelle et professionnelle, encore plus avec les enfants à la maison etc.

Loin des clichés largement répandus par l’idéologie néolibérale, les travailleurs Français sont les plus productifs d’Europe, ils travaillent par exemple 2 heures 30 de plus que les Allemands. Et l’épuisement au travail peut avoir des conséquences graves sur la vie personnelle : perte de sommeil, crise d’angoisse, dépression etc. C’est donc un problème de santé majeur dans le pays, qui brise les vies de centaines de milliers de nos concitoyens chaque année, et qui appelle à une prise en compte urgente du pouvoir politique.

Certaines voix s’élèvent depuis le début du quinquennat pour alerter sur le burn-out et le faire reconnaître comme maladie professionnelle. C’est le cas du groupe parlementaire de La France insoumise (LFI), qui a déposé dès le 20 décembre 2017 une proposition de loi à l’Assemblée nationale visant à faire reconnaître comme maladies professionnelles les pathologies psychiques résultant de l’épuisement professionnel. Proposition de loi balayée par la majorité macroniste, incompatible et incompréhensible pour son idéologie néolibérale et ses réformes accentuant le rapport de force du capital sur le travail. Jean-Luc Mélenchon lance un nouvel appel, ce jeudi 27 mai à l’occasion de sa revue de la semaine, pour alerter sur le fléau du burn-out.

Par Pierre Joigneaux.