Victoire : la justice britannique refuse l’extradition de Julian Assange vers les États-Unis

La justice britannique a considéré ce lundi 4 janvier que Julian Assange, le fondateur de WikiLeaks, ne pouvait être extradé vers les États-Unis. Une victoire pour Julian Assange. Et pour la liberté. Sans lui, de nombreux crimes de guerre commis par l’armée états-unienne à travers le monde n’auraient jamais été connus.

Julian Assange est pourchassé par l’empire américain depuis plus de 10 ans. Il a passé 7 ans réfugié dans l’ambassade de l’Équateur à Londres… dans une pièce de 9 mètres carrés. Depuis deux ans, il croupit dans une prison anglaise. Voilà le sort réservé à un homme dont le courage sans faille a permis de lancer une alerte vitale pour l’intérêt général.

C’est pourtant cet informaticien qui a permis de révéler que notre soi-disant allié, les États-Unis, a systématiquement espionné nos Présidents. Chirac, Sarkozy et Hollande, placés sur écoute par la NSA ? Sans Julian Assange, nous ne l’aurions sans doute jamais su.

Les révélations sur les programmes de surveillance clandestine menés par l’Agence de sécurité nationale (NSA) ont donné lieu à des actions législatives et judiciaires, les journalistes qui ont sorti ces révélations ont reçu un prix Pulitzer, on pourrait donc s’attendre à ce que l’homme qui a rendu tout cela possible soit salué comme un héros. Il n’en est rien. Julian Assange risque 175 ans de prison aux États-Unis.

Stella Morris, avocate, a considéré dimanche dans un entretien à l’hebdomadaire allemand Der Spiegel que la décision par la justice britannique de l’extrader revenait à l’« enterrer vivant ». Plusieurs professionnels l’ayant examiné avaient souligné que le risque de suicide en prison du lanceur d’alerte était très élevé.

La justice britannique a donc considéré ce lundi 4 janvier que Julian Assange ne pouvait pas être remis à la justice américaine. La juge Vanessa Baraitser précisant que les risques pour sa santé étaient trop importants en cas d’extradition. De son côté, la France n’a toujours pas accordé l’asile politique au lanceur d’alerte comme le demande Jean-Luc Mélenchon depuis plusieurs années.

Par Pierre Joigneaux.