Insigne d’extrême droite porté par des policiers : scandale au conseil municipal de Pierrefitte

Scandale à Pierrefitte-sur-Seine (93) : deux policiers municipaux arborant des insignes d’extrême droite défendus par le conseil municipal. Billet coup de gueule de Yohan Sales, conseiller municipal d’opposition à Pierrefitte, qui se voit aujourd’hui poursuivi pour avoir lancé l’alerte. (Crédit photo : Pierre Olivier Chaput)

Deux policiers arborant des insignes d’extrême droite… défendus par le conseil municipal

Jeudi 5 novembre, prenait place devant l’Hôtel de Ville de Pierrefitte-sur-Seine (93) une manifestation en réaction à l’impossibilité d’appliquer les mesures sanitaires voulues par Blanquer dans les établissements scolaires de notre commune. Pour couvrir cette manifestation, était présent Pierre-Olivier Chaput, journaliste à Radio Parleur. Il dévoilera sur Twitter que deux policiers municipaux présents pour encadrer la manifestation arboraient des insignes du « Punisher » de Marvel, personnage récupéré par l’extrême droite depuis quelques années. L’un d’eux allant jusqu’à l’arborer accompagné du très républicain slogan « Dieu jugera nos ennemis, nous organisons la rencontre » !

Suite à cela, en tant que Conseiller municipal d’opposition, je m’empare du sujet, et saisis le Préfet de notre département, Madame Abomangoli (Vice-présidente du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis), et Monsieur Peu, Député de notre circonscription. J’en informe également le Maire, Michel Fourcade (PS). Dans mon communiqué, je qualifie ces comportements d’inacceptables, allant à l’encontre des valeurs républicaines et compare ces agissements à des comportements de « milice fasciste » : quelle autre comparaison faire de policiers municipaux armés par la municipalité, et agissants en militants d’extrême droite, dans l’impunité la plus totale, avec le soutien du pouvoir politique en place, à savoir le Maire ?

J’apprends quelques jours après par les médias que la municipalité ne compte pas demander aux deux agents de retirer les écussons, et ce malgré mes interpellations. Celle-ci n’y voyant qu’une « légère customisation de l’équipement », ou encore un simple « gri-gri ». Comble du ridicule : j’apprends également que les deux agents municipaux en question ont décidé de porter plainte à mon encontre pour diffamation, et que la municipalité songe à faire de même !

Vague d’indignation et victoire : les deux policiers retirent leurs écussons… et portent plainte

Cette situation ubuesque déclenchera donc une vague d’indignation, au-delà même des frontières de notre commune. Parmi les réactions, nous pouvons compter celles des Députés Ugo Bernalicis, Mathilde Panot, Eric Coquerel et Bastien Lachaud qui me feront publiquement part de leur soutien. Suivent également, militants au PCF ou encore à EELV… Face à cette pression populaire, la mairie n’aura d’autre choix que de faire un communiqué de presse le 12 novembre, dans lequel elle communiquera que les deux écussons ont été retirés par les policiers municipaux incriminés : victoire ! Nous apprendrons également par le même communiqué que le Maire Michel Fourcade compte déposer plainte à mon encontre tout comme les deux agents municipaux !

Alors même qu’aucun de mes propos n’est pénalement répréhensible, nous avons donc ici affaire à une volonté manifeste de la part du Maire d’intimider l’opposition, et de museler tout propos politique n’allant pas dans son sens. Ajoutez à cela le fait que la protection fonctionnelle demandée par les deux policiers sera votée au prochain Conseil municipal alors que cela n’a normalement pas lieu d’être voté mais simplement accordé ou non par le Maire : nous sommes face à une situation évidente de procès politique mené par une bien étrange coalition entre l’extrême droite et le Parti Socialiste ! Affaire à suivre…

Par Yohan Sales.

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