Retard sur la PMA pour toutes : un drame de tous les instants

Il y a 3 ans, Macron déclarait fièrement aux Français qu’il était de gauche et de droite. Il avait « les idées économiques de la droite, et le goût du progrès social de la gauche ». Parmi ses promesses de campagne, une ressortait, et est toujours une figure de proue des prétendues idées sociales de Macron. Cette promesse était aussi celle de Hollande, mais il faut croire que cette idée ne lui était pas assez chère. Cette idée, c’est l’extension de la PMA aux couples de femmes.

Des paroles, des paroles, des paroles

Cette promesse de campagne a débouché enfin en 2019 sur un projet de loi. Il devait ouvrir la PMA aux couples de femmes, et ce de façon remboursée par la Sécurité sociale. Il permettrait aussi la filiation avec la femme qui n’a pas porté l’enfant, ce qui n’est pas le cas actuellement. Outre le fait grave que le projet ne permet pas aux personnes trans de bénéficier de la PMA, il arrive avec beaucoup de retard.

En effet, la loi bioéthique du 7 juillet 2011 prévoyait une révision de la loi dans un délai maximal de 7 ans. Il y a donc eu du retard à l’allumage, car le texte n’a été présenté en Conseil des ministres que le 24 juillet 2019, et déposé au Parlement ce même jour. Les sénateurs ont ensuite donné leur feu vert le 7 janvier. Le texte a enfin été examiné et adopté en première lecture le 4 février. Et depuis… Plus rien.

Un manque d’engagement à l’origine de nombreuses souffrances

Du fait de la crise du coronavirus, l’examen du projet a été repoussé. Des organisations comme l’inter-LGBT l’acceptent tout à fait, car la situation sanitaire est grave. Mais à quand est repoussé le projet ? Aucune date n’a pour l’instant été donnée, ce qui plonge de nombreuses personnes dans l’incertitude. On peut ici voir les priorités du gouvernement. Pour une loi liberticide comme la loi Avia (qui a utilisé comme justification la défense des personnes LGBTI), il était possible d’avoir un calendrier favorable. En revanche, pour des mesures qui donnent de réels droits à ces personnes, les accélérateurs semblent être en panne.

En 2020 en France, les femmes lesbiennes et les personnes trans ne peuvent toujours donc pas concevoir leurs propres enfants. On oublie bien souvent à quel point cela est une déchirure, alors le fait d’avoir un enfant, une vie de famille est un objectif légitime. Ces personnes sont aussi attachées que les autres à l’amour et ont le droit à une vie familiale épanouie !

Une loi qui doit enfin passer

Pour finir, l’attente est dramatique. De fait, plus l’âge des personnes désirant une grossesse est élevé, moins la fertilité est grande. Le traitement devient alors de plus en plus incertain. Les fécondations in vitro fonctionnent dans 35 % des cas pour les moins de 30 ans, dans 20 % des cas à 40 ans, et 5 % à 45 ans. Cette impossibilité de recourir à la PMA en France est plus que catastrophique dans le période. Les frontières étant fermées, il n’y a pas de possibilité de se rendre à l’étranger pour rattraper le retard français.

La réalisation d’un projet de vie mûrement réfléchi est rendu soudainement impossible. Faisons preuve de respect envers ces femmes et ces hommes, en adoptant un calendrier clair, et en faisant passer cette loi le plus tôt possible. La France insoumise, qui avait proposé une loi en ce sens dès 2018, soutiendrait ce projet. Et enfin, permettons l’application de la loi, ce qui n’a pas pu être le cas pendant le confinement.

Par Roxane Charabot

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