La procureure de Paris contredit « absolument » Sébastien Lecornu à propos du complot de « l’ultra-gauche »

L’étau se resserre autour de Sébastien Lecornu. A l’issue d’une cellule interministérielle de crise (CIC), le Premier ministre s’est fendu ce matin d’une obscure déclaration : « On a un mouvement de l’ultra gauche qui a envie d’organiser un désordre profond dans le pays jusqu’à l’élection présidentielle ». Une analyse démentie quelques heures plus tard […]

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L’étau se resserre autour de Sébastien Lecornu. A l’issue d’une cellule interministérielle de crise (CIC), le Premier ministre s’est fendu ce matin d’une obscure déclaration : « On a un mouvement de l’ultra gauche qui a envie d’organiser un désordre profond dans le pays jusqu’à l’élection présidentielle ». Une analyse démentie quelques heures plus tard par…la procureure de Paris elle-même. A la question posée par la journaliste, « A t-on face à nous des gens politisés à l’ultra gauche ? », la procureure répond sans détours : « Ce n’est pas absolument pas le cas ». Sur France 5, dimanche soir, l’ex-préfète de Charente balayait, elle aussi, la thèse complotiste de « l’ultra-gauche ».

Quel mouvement de l’ultra gauche serait en cause ? La question reste sans réponses. Dans les manifestations, et sur les réseaux sociaux, aucun élément ne vient étayer la déclaration du Premier ministre. Existe t-il 550 000 membres « l’ultra-gauche » ? Jean-Luc Mélenchon a réagit sur les réseaux sociaux « Si le Premier ministre n’est pas un menteur ni une personne qui veut organiser le désordre, il doit nommer et prouver son accusation. Sinon, qu’il s’excuse, se taise et cesse d’attiser le désordre comme il le fait, lui, le préfet de police de Paris et le ministre de l’Intérieur, qui a eu au moins la classe de proposer sa démission. ».

La méthode est rodée. Détruire un pays et ses services publics, refuser de répondre aux revendications de secteurs de la société qui se mobilisent, organiser la pagaille par des ordres absurdes en manifestation, les réprimer dans le sang et la sauvagerie puis….pointer la responsabilité de « l’ultra-gauche » sans preuves, ni faits. Bardella dit la même chose, en rajoutant LFI dans sa phrase. Le gouvernement souhaite donc trouver une parade, se dédouaner, mais aurait-il aussi un but politique ? Celui de relancer une opération politicienne bien connue, celle de « la faute à Mélenchon » ? Edouard Philippe, l’éborgneur de Gilets jaunes, et d’autres, le disent déjà. Les mêmes casseurs en col blancs ont conduit le pays dans l’état actuel de dévastation.

Sur les Grandes Gueules ce lundi, un auditeur a posé les termes : « J’entends des responsables politiques accuser Mélenchon et LFI de la situation. Je me pose la question : jusqu’à quand va t-on nous prendre pour des ânes ? LFI un danger ? C’est du foutage de gueule ! Ce n’est pas eux qui gouvernent ! Ce pays a été massacré par Macron et la droite ! Quand les revendications seront-elles satisfaites ?  »

Depuis plus de trois semaine en effet, aucune des revendications portées par les lycéens, des étudiants et des salariés n’a été écoutée, prise en compte et satisfaite pour régler les causes du mouvement. Abrogation de Parcoursup, plan de 10 milliards pour répondre aux demandes des lycéens et des étudiants, blocage des prix et hausse des salaires…Toutes les demandes ont été passé à la trappe, sous un tapis de bombes lacrymogènes, de charges, d’interpellations sauvages, de tirs tendus de LBD, de grenades et de mains arrachés.

A l’internationale, Macron humilie une fois de plus le pays, avant d’avoir fait ses valises pour partir dès aujourd’hui à l’étranger. Dans les médias internationaux, le ton est bien différent qu’ici bas. « La France a un gros problème de violence systémique. (…)» note le Spiegel, rajoutant « Les notions de désescalade et de proportionnalité de la riposte ne font pas partie du vocabulaire de la police française »

Comment les planificateurs du chaos – Lecornu, Nunez, et Macron – s’y sont-ils pris ? Quels comptes vont-ils rendre sur les accès coupés à la place de la République, le gaz massif envoyé avant même le début de la manifestation ? Pourquoi le parcours jusqu’à la place de Clichy a t-il été le parcours validé par le préfet, alors que le point d’arrivée était réputé d’avance comme petit, et propice à l’engorgement ?

Au début de la révolte de la jeunesse, le gouvernement accusait LFI de manipuler les lycéens et étudiants. Désormais, il pointe l’ultra-gauche et s’enfonce dans des discours complotistes. A quelle fin ? Vivement une enquête, sur le 17 octobre, pour faire toute la lumière sur le chaos organisé, les enfants mutilés et toutes les sauvageries policières.

Sylvain Noel, directeur des publications

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