vendredi 18 septembre

16:54

Déplacer les Palestiniens de la bande de Gaza : le plan du criminel de guerre Itamar Ben Gvir et des planificateurs du génocide

Itamar Ben Gvir. Près de trois ans après le début du génocide à Gaza, l’extrême droite israélienne dissimule de moins en moins son objectif : poursuivre son génocide et évincer la population palestinienne du territoire. Le 27 octobre 2026 auront lieu les élections législatives israéliennes, le ministre d’extrême droite Itamar Ben Gvir, profite de sa campagne […]

Itamar Ben Gvir

par

partager

Itamar Ben Gvir. Près de trois ans après le début du génocide à Gaza, l’extrême droite israélienne dissimule de moins en moins son objectif : poursuivre son génocide et évincer la population palestinienne du territoire. Le 27 octobre 2026 auront lieu les élections législatives israéliennes, le ministre d’extrême droite Itamar Ben Gvir, profite de sa campagne pour faire la promotion du déplacement des Palestiniens. Mais il n’est pas un cas isolé. À ses côtés, un État et son personnel, tous planificateurs du génocide et du nettoyage ethnique.

Début septembre, ce ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, a présenté un document de vingt pages intitulé « Programme de travail national pour le transfert volontaire de la bande de Gaza ». L’objectif est clair et assumé : organiser le départ de 250 000 Palestiniens dès la première année, avant d’étendre progressivement le dispositif jusqu’à vider Gaza de ses habitants. Pour mener à bien ce projet, il est prévu la création d’un ministère chargé de l’émigration.

Ce programme intervient quelques mois après le projet de Donald Trump visant à transformer Gaza en destination touristique après le départ de la population palestinienne. Le projet de Ben Gvir apparaît donc moins comme une déclaration isolée que comme une nouvelle étape d’une même logique : rendre le territoire inhabitable, pousser sa population au départ, puis installer durablement la population israélienne. Notre article.

Un plan qui se cache derrière l’hypocrisie d’un « transfert volontaire » 

Ben Gvir présente ce programme comme celui d’une « émigration volontaire ». Un vocabulaire qui peine à cacher le fait du nettoyage ethnique.

Si la Nakba a commencé a entraîné un déplacement massif des Palestiniens, l’occupation de la Cisjordanie et de Gaza depuis 1967 par Israël a toujours fait usage d’une politique d’intimidation : confiscation de terres palestiniennes, déclarations de terres comme « terres d’État », installation de zones militaires, démolitions de maisons… L’ONU documente depuis des décennies ces pratiques de confiscation et d’implantation de colonies de peuplement. 

Depuis octobre 2023, la population a connu, de nouveau, à cause du génocide : des déplacements massifs, la destruction de logements, la destruction d’infrastructures de santé ainsi que des restrictions majeures concernant l’accès aux ressources essentielles. 

Peut-on véritablement parler de choix lorsque l’alternative au départ consiste à rester dans un territoire détruit par la guerre, privé de ressources essentielles et soumis à des déplacements ou des intimidations répétés ?

Le projet de Ben Gvir donne une réponse politique à cette question : plutôt que de permettre le retour des Palestiniens dans leurs villes et leurs quartiers détruits, il prévoit d’organiser leur départ définitif. Ce qu’ils appellent « transfert volontaire », nous l’appelons par son nom : une politique d’expulsions de leurs terres.

Pour aller plus loin : Présidentielle 2027 : les mesures que prendra Mélenchon pour les droits du peuple palestinien

image 5
Les Crayons de L’insoumission, par Le Fennec.

Le nettoyage ethnique comme horizon politique de l’extrême-droite israélienne

Ce n’est pas la première fois que Ben Gvir évoque l’effacement des Palestiniens. Ce ministre qui s’était d’abord réjoui de la dégradation des conditions de détention des Palestiniens, a ensuite publiquement déclaré qu’il fallait « tuer 30 à 40 personnes chaque nuit à Gaza ».

Son projet de déplacement fait d’ailleurs écho à la proposition formulée par Donald Trump en février 2025 de placer Gaza sous contrôle américain et d’en déplacer la population palestinienne afin de transformer le territoire en une sorte de « Riviera du Moyen-Orient ».

D’un côté, un président américain évoque le déplacement de la population de Gaza pour reconstruire le territoire autrement. De l’autre, un ministre israélien d’extrême droite présente un plan destiné à organiser concrètement le départ de cette même population.

Et entre les deux il reste des villes détruites, des vies arrachées et une population qui ne cesse d’espérer la fin du génocide.

Le silence toujours plus mortifère de la communauté internationale 

Les alertes internationales se multiplient. En septembre 2025, la Commission d’enquête internationale indépendante de l’ONU a conclu qu’Israël avait commis un génocide contre les Palestiniens de Gaza. En juin 2026, elle a de nouveau fait état d’actes constitutifs de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.

Pourtant, face au projet désormais ouvertement revendiqué d’un déplacement massif de la population palestinienne, les gouvernements occidentaux restent encore muets ou complices. 

Le droit international est pourtant clair sur le principe. Les transferts forcés de population sont interdits en vertu de l’article 49 de la IVe Convention de Genève. L’article 7 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale reconnaît lui aussi la déportation ou le transfert illégal de population comme un crime de guerre dans certaines circonstances.

Pour aller plus loin : C’est le tortionnaire des membres de la flottille pour Gaza – Portrait d’Itamar Ben-Gvir, suprémaciste juif et homophobe, principal allié de Netanyahu

Face au génocide à Gaza, la constance de LFI et Jean-Luc Mélenchon

Face au projet de déplacement des Palestiniens porté par Ben Gvir, La France insoumise défend une rupture avec la politique française actuelle. Dans sa feuille de route adoptée en avril 2026, le mouvement dénonce la poursuite du génocide à Gaza et l’annexion de la Cisjordanie, et revendique une politique étrangère fondée sur une diplomatie non alignée et le respect du droit international

De plus, LFI réclame un cessez-le-feu permanent, des sanctions contre le gouvernement israélien et la suspension de l’accord d’association entre l’Union européenne et Israël. Le mouvement a lancé en janvier 2026 une Initiative citoyenne européenne pour obtenir cette suspension, considérant que les relations privilégiées avec Israël ne peuvent pas se poursuivre alors que le droit international est bafoué.

Rima Hassan, députée européenne insoumise, dénonce elle aussi régulièrement les projets de déplacement de la population palestinienne. Elle a d’ailleurs réagi à cette actualité en dénonçant le fait que la France continue de s’allier avec des ministres qui « planifient génocide et nettoyage ethnique ». Pour cette dénonciation constante, la députée insoumise subit un acharnement politique, médiatique, et judiciaire.

Ce que l’extrême droite israélienne présente comme un départ volontaire ne doit jamais devenir l’autre nom de l’expulsion. Une terre n’est pas vide parce que ses habitants sont déplacés : Gaza appartient d’abord à celles et ceux qui y vivent. Elle doit être libérée, reconstruite et rendue aux Palestiniens.

sur le même sujet

Saint-Denis – Un homme armé menace Bally Bagayoko et les électeurs insoumis : silence complice du gouvernement et des médias dominants
Grève des agents électriciens et gaziers, une mobilisation puissante
« On est prêts ! On va gagner ! » – À la Fête de l’Humanité, nouvelle démonstration de force de Jean-Luc Mélenchon
Contre la loi « permis de tuer XXL », où et quand manifester ce dimanche 20 septembre ?

Rechercher