mercredi 9 septembre

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Sans l’élection de Jean-Luc Mélenchon en 2027, l’archéologie va disparaître

Archéologie. Découvrir des vestiges du passé, mieux connaître les humains et les sociétés qui l’ont précédé ou encore comprendre les relations entre l’Homme et l’environnement, l’importance de l’archéologie n’est plus à démontrer. Comme le dit le célèbre proverbe « Il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va », l’archéologie permet également d’étudier […]

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Archéologie. Découvrir des vestiges du passé, mieux connaître les humains et les sociétés qui l’ont précédé ou encore comprendre les relations entre l’Homme et l’environnement, l’importance de l’archéologie n’est plus à démontrer.

Comme le dit le célèbre proverbe « Il faut savoir d’où l’on vient pour savoir où l’on va », l’archéologie permet également d’étudier les institutions du passé et plus largement les pouvoirs existants, leur structuration, leurs formes d’expression et leurs impacts sur les sociétés. Ces informations sont primordiales afin de penser et de construire le futur. Notre article.

Les deux archéologies sont en danger

Deux grandes formes d’archéologie structurent aujourd’hui la recherche en France.

D’une part, l’archéologie programmée est menée par le milieu universitaire, le CNRS, le Ministère de la Culture, des associations et des bénévoles. Elle permet aux étudiants de se former par la pratique, en plus des connaissances théoriques apportées par l’université. Son financement est en grande partie assuré par des subventions accordées par l’État via la Direction Régionale des Affaires Culturelles (DRAC).

La plus grande part de professionnels de l’archéologie en France est rattachée à l’archéologie dite préventive, qui a pour objectif l’étude des vestiges du passé en amont de l’aménagement du territoire (notamment avant les constructions d’infrastructures plus ou moins étendues). Même si plusieurs sociétés privées sont agréées par l’État, l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP) emploie à lui seul pas moins de la moitié des archéologues travaillant dans le préventif.

Les surveillances de chantier, les diagnostics et les fouilles archéologiques sont alors la dernière étape scientifique avant la potentielle destruction partielle ou totale d’un site archéologique par des aménagements. Leur réalisation est donc primordiale pour étudier au maximum les vestiges archéologiques avant leur disparition.

Pour aller plus loin : Recherche publique : au CNRS, une alerte grandissante dans un contexte de saignée budgétaire

Les coupes budgétaires au cœur du problème

Depuis plusieurs années, les coupes budgétaires, imposées de force par 49.3 par le gouvernement, ont considérablement réduit le budget de la Culture. Cette situation s’est accélérée à la suite de la période COVID-19 qui a complètement déstabilisé le secteur. S’en est suivie dès 2022 une tentative tant brutale qu’inédite de réduire le budget de l’archéologie programmée à hauteur de 25 à 50 % selon les régions. Une mobilisation unanime de toute la profession a eu lieu avec notamment une tribune signée par plus de 1 600 archéologues, ce qui a permis de faire céder Roselyne Bachelot, alors ministre de la Culture, qui est revenue sur cette décision.

En 2023, en plus des difficultés budgétaires, un tournant politique grave a eu lieu concernant le secteur archéologique. La loi de programmation militaire 2024 – 2030 prévoit la création d’un « état d’alerte de sécurité nationale ». Concrètement, lorsqu’un projet industriel est classé comme « intérêt public majeur de défense nationale », alors sa construction peut déroger aux obligations ordinaires en ne laissant aux archéologues que deux mois maximum pour faire leur travail, un délai souvent bien trop court.

Cette décision a des conséquences directes pour le patrimoine archéologique puisque des sites seront détruits avant même d’être connus ! Le vote parle de lui-même. Le seul groupe politique à s’être opposé unanimement à cette loi est le groupe de La France insoumise. Malheureusement, l’alliance des députés macronistes et du RN a permis de faire adopter le texte. À gauche, les écologistes et les socialistes se sont abstenus !

Article 21 : « Les projets mentionnés au premier alinéa du présent I ne peuvent faire l’objet des opérations d’archéologie préventive relevant du titre II du livre V du code du patrimoine que s’ils sont susceptibles d’avoir un impact notable et direct sur le patrimoine archéologique. Dans ce cas, les opérations d’archéologie préventive sont réalisées dans un délai compatible avec la mise en service impérative des projets, qui ne peut être supérieur à deux mois. À l’expiration de ce délai, les opérations d’archéologie préventive sont réputées réalisées. »

En 2026, l’actualisation de la loi de programmation militaire a de nouveau intégré ce dispositif. Seuls les députés insoumis, communistes et écologistes s’y sont opposés alors que les macronistes, les socialistes et l’extrême droite ont voté pour.

L’archéologie est politique

Depuis plusieurs années, les coupes budgétaires pleuvent sur le domaine des sciences sociales. Pour la droite et l’extrême droite, la culture n’est ni prioritaire ni même importante. Pourquoi ? Car la culture n’est bien souvent pas rentable à leurs yeux. C’est le cœur du problème. Le système néolibéral et capitaliste ne veut plus du tout soutenir un secteur qui apporte de la connaissance, de la réflexion et, surtout, des preuves matérielles qui contredisent ses théories racistes et xénophobes.

Dans son livre Homo Migrans. De la sortie d’Afrique au grand confinement, Jean-Paul Demoule rappelle que dans l’histoire longue, les peuplements d’Europe n’ont jamais été ni stables ni homogènes. Toutes les périodes ont été marquées par des migrations plus ou moins importantes. Pour les périodes préhistoriques, c’est-à-dire avant l’apparition de l’écriture, cette réalité est documentée presque exclusivement par les sciences archéologiques. Réduire les moyens humains de l’archéologie revient donc à empêcher les chercheurs de mieux comprendre la réalité du passé collectif et, par extension, à démonter les arguments fallacieux et le passé fantasmé de l’extrême droite.

L’archéologie permet de montrer au contraire que les sociétés humaines n’ont jamais été figées. Partout sur la planète, les populations se déplacent, se rencontrent et changent à chaque nouvelle génération humaine, mais également sur le temps long, à l’échelle de l’histoire de l’humanité. C’est sur le fondement de cette réalité scientifique que s’appuie le concept de Nouvelle France porté par La France insoumise. Partout sur la planète, les populations changent à chaque nouvelle génération humaine mais également sur le temps long, à l’échelle de l’histoire de l’humanité.

En plus d’être une science essentielle à la connaissance du passé, l’archéologie est donc un outil majeur dans la lutte contre le fascisme et le racisme.

Par Enzo Blanchard

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