Au RN, on n’aime pas les nazis… quand ils le montrent trop. Ce 9 juin, un employé de mairie à Perpignan, travaillant au service des pièces d’identité, au contact du public donc, a été mis en cause par un article de ICI Roussillon, pour avoir arboré un tatouage sans ambiguïté, qui reprend la devise de la SS, la garde rapprochée d’Hitler, composée des nazis les plus fanatiques entre 1925 et 1945.
Petit hic : l’agent en question, Charles Ifssah-Becuwe est un proche du maire de Perpignan, le vice-président du RN Louis Alliot. Au point d’avoir été candidat sur sa liste en 2020, puis chargé de mission de la mairie et carrément conseiller municipal de 2023 à 2026, dans l’équipe d’Alliot. Malgré le fait qu’Ifssah-Becuwe ne soit plus élu local, son contrat d’employé de mairie avait été prolongé après les élections. Notre brève.
Un CV embarrassant pour le RN
La mairie a beau avoir fait savoir, devant le fait accompli, que le contrat d’Ifssah-Becuwe ne sera pas renouvelé, le malaise est palpable. Comment Louis Aliot et ses soutiens n’ont-ils pas vu un tatouage placé en évidence, où peut se lire « Mon honneur s’appelle fidélité », la traduction en français de la devise de la SS, qui se voulait « l’élite raciale » du régime nazi ? Comment Aliot n’a-t-il pas pu voir ce message brun écrit à l’encre noire, et tout le fond idéologique qu’il suppose, qui a dû être palpable en dehors de ce tatouage ?
Comment le maire RN de Perpignan n’a pas su pour les allégeances nazies de son colistier, employé et élu municipal ? L’a-t-il fait « monter » politiquement en connaissance de cause ? Un tatouage n’est pas qu’un tatouage, surtout avec une charge politique aussi forte : il traduit une adhésion à une idéologie qui, il y a huit décennies, a ravagé l’Europe, perpétré plusieurs génocides et déclenché une guerre mondiale. Certains survivants du nazisme ont par la suite, fondé plusieurs partis d’extrême droite après-guerre, comme le MSI Italien, ou le FN/RN en France. La boucle est bouclée.
Pour aller plus loin : Victoire – La nationalisation d’ArcelorMittal adoptée à l’Assemblée nationale, le RN s’est abstenu
Par Alexis Poyard