Syndicaliste. Les chiffres de la répression parlent d’eux-mêmes : plus de 17 secrétaires généraux CGT sont sous le coup de procédures, plus de 1 000 militants CGT sont poursuivis devant des tribunaux. Les attaques contre l’action syndicale franchissent des seuils dangereux.
Jean-Paul Delescaut, secrétaire général de la CGT du Nord, a été condamné à un an de prison avec sursis pour un tract contre le génocide à Gaza. La même logique s’applique à des responsables politiques, à l’instar de Rima Hassan et Mathilde Panot convoquées dans des commissariats pour leur dénonciation du génocide à Gaza. Début novembre 2025, Fabien Villedieu était convoqué au commissariat, pour avoir dénoncé le gavage des ultra-riches, dans une action menée au ministère des Finances le 18 septembre 2025.
Parce que les travailleurs sont experts de leur domaine, parce qu’ils contrôlent les moyens de production de la nation, parce qu’ils peuvent, s’ils le souhaitent, immobiliser le pays et le bloquer de façon indéterminée, l’oligarchie financière veut abattre l’action syndicale. C’est pour cette raison que les représentants syndicaux sont attaqués par Emmanuel Macron et de ses sbires, qui détricotent les droits, les conquis sociaux, les revendications. Notre article.
La répression syndicale n’a jamais été aussi forte
Les chiffres de la répression parlent d’eux-même : plus de 17 secrétaires généraux CGT sont sous le coup de procédures, plus de 1 000 militants CGT sont poursuivis devant des tribunaux ! Cette augmentation des chiffres s’observe bien évidemment également dans les entreprises, où les procédures en justice se multiplient en réponse à des actions syndicales. Le patronat ne supporte plus aucune contestation et utilise régulièrement un vocabulaire inacceptable : « prise d’otage », « parasite » ou « encore cancer du monde du travail 1K !
Par crainte de représailles ou de ne pas évoluer dans son secteur d’activité, les syndicalistes se cachent, arrêtent leur activité militante et disparaissent. Selon le 12ᵉ baromètre du Défenseur des droits, 35 % de la population active interrogée estime que la peur de représailles de la part de la direction est un facteur majeur de non-investissement dans une activité syndicale. Ce taux monte à 42 % parmi les salariés syndiqués. 66 % d’entre eux déclarent que l’exercice de leur activité syndicale représente un risque pour leur emploi ou leur évolution professionnelle.
Cette répression s’est également accélérée avec la refonte des instances de représentations du personnel (loi Rebsamen), qui a éloigné du terrain les représentants syndicaux et leur a réduit énormément leurs moyens d’intervention.
Face à la répression, personne n’est dupe
En septembre, le député LFI Bérenger Cernon rendu à Saintes pour soutenir Mathilde, secrétaire générale de la FNME-CGT 17, injustement poursuivie pour avoir simplement exprimé son opposition à la venue d’Emmanuel Macron, en pleine bataille contre la réforme des retraites. Ce type d’intimidation politique est inacceptable et n’a aucun fondement légal.
Début novembre dernier, il est allé soutenir Fabien Villedieu, responsable syndical de Sud-Rail. Ce dernier a été convoqué pour avoir organisé une action, à laquelle il a participé, dans le ministère de l’Économie et des Finances. Cette action, symbolique et hautement pacifique, s’est déroulée en marge de la manifestation nationale du 18 septembre et du mouvement « bloquons-tout ».
Fabien, Mathilde, tant d’autres ! Systématiquement, les faits qui leur sont reprochés sont vagues et non circonstanciés. Les convocations sont clairement des moyens d’intimidation et de peur, en espérant qu’ainsi les syndicalistes rentreront dans le rang et n’oseront plus s’opposer à la politique menée par les gouvernants. Les syndicalistes sont traités comme s’ils étaient des terroristes alors qu’ils n’ont fait que se mobiliser avec les moyens qui sont les leurs : la grève et l’action collective !
Pour aller plus loin : « Le ferroviaire, de par ses contraintes, est un monopole public naturel : forcer le contraire ne peut qu’être un échec » – Entretien avec Bérenger Cernon, député LFI
Les conquis sociaux ont été obtenus grâce au syndicalisme.
Les procédures disciplinaires, les interpellations, les arrestations arbitraires mettent en péril les libertés syndicales dans le pays. Aucune avancée sociale n’a pu être obtenue sans mobilisation. Aucun progrès social n’a vu le jour sans l’action des salariés. La grève est un droit constitutionnel. La liberté syndicale est un principe constitutionnel, inscrit dans le préambule de la Constitution de 1946. Les salariés ont le droit de mener des actions décidées collectivement, visant à défendre les droits et les intérêts des travailleurs, par la grève ou la manifestation.
Ne pas le respecter, ne pas le considérer, est une profonde remise en cause des principes les plus fondamentaux.
Alors que la Ligue des droits de l’Homme pointe une « régression profonde et structurelle des libertés publiques », et que la Fédération internationale pour les droits humains souligne que la France « connaît un décrochage démocratique » depuis 2017, il est temps de s’en préoccuper. Les droits ne sont pas à marchander. Soutien à Fabien Villedieu, à Mathilde, à toutes et tous.