Canicule : LFI a dévoilé son plan d’urgence actualisé

Canicule. La France connaît en ce moment même ce qui pourrait s’apparenter au pire épisode de chaleur de son histoire. Les experts de Météo-France estiment que la situation pourrait se révéler comparable à celle d’août 2003, qui avait entraîné la mort de près de 15 000 personnes.  Depuis le mois de mai, de multiples décès […]

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Canicule. La France connaît en ce moment même ce qui pourrait s’apparenter au pire épisode de chaleur de son histoire. Les experts de Météo-France estiment que la situation pourrait se révéler comparable à celle d’août 2003, qui avait entraîné la mort de près de 15 000 personnes. 

Depuis le mois de mai, de multiples décès liés directement ou indirectement aux températures élevées ont déjà été recensés. En cause, la complicité d’un gouvernement et d’un Président de la République résolus à soutenir les cadences et les conditions de travail insoutenables imposées par le patronat, et reculant devant toute adaptation aux chaleurs extrêmes. Parce que même sous plus de 40 degrés, même lorsque le sang bout, le cycle infernal du capital ne tolère aucun répit. 

Travailleurs et travailleuses, personnes sans abri, personnes âgées, enfants, malades, résidents de « bouilloires thermiques », ménages les plus modestes : voilà les victimes favorites d’une canicule contre laquelle rien n’est fait. Voilà aussi celles et ceux pour qui Jean-Luc Mélenchon et la France insoumise appellent à l’adoption d’un plan d’urgence d’adaptation à la canicule par l’inscription immédiate à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale de cinq propositions de loi. 

Protection des travailleurs de l’exposition aux températures extrêmes ; congé climatique pour les parents d’élèves ; mesures d’urgence pour garantir l’accès aux loisirs et à la fraîcheur ; réquisition des logements vacants pour mettre la population à l’abri de la chaleur extrême et accès de tous à l’apprentissage de l’autonomie dans l’eau et de la nage : telles sont autant de mesures portées par la France insoumise pour faire face à l’urgence mortelle de la canicule, loin de l’hypocrisie, des propositions démagogiques et climaticides défendues du RN à la Macronie. Notre article.

Protéger les travailleurs et les travailleuses contre la canicule

À la fin du mois de mai dernier, un ouvrier de 19 ans, forcé à travailler sur un toit, mourait d’un malaise attribué à la chaleur. Selon la direction générale du travail, 9 accidents du travail mortels ont eu lieu pendant la canicule en 2025. Des morts qui sont venus s’ajouter au chiffre encore largement sous-estimé de 48 travailleurs et travailleuses décédés à cause de chaleurs excessives entre 2018 et 2023.

Un bilan macabre qui n’est que le résultat d’une inaction politique mise au service de l’exploitation toujours plus extrême des corps au service du capital. Alors qu’aucune protection n’est prévue pour les travailleuses et les travailleurs en cas de canicule, le gouvernement se contente en effet de mesures incantatoires, vagues et non-contraignantes dont l’application est laissée à la discrétion des patrons.

Face à cette absence totale de protection, la France insoumise appelle à l’inscription urgente à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par le député LFI Hadrien Clouet visant à protéger les travailleurs de l’exposition aux températures extrêmes. Le texte fixe notamment à 33 °C la température maximale d’un local de travail intérieur sur la base des recommandations de l’Institut national de recherche et de sécurité au travail, et à défaut de la possibilité de télétravail, prévoit des congés sans perte de salaire. 

Il inclut également l’augmentation des temps de pause rémunérés, instaure une majoration salariale pour les journées longues en cas d’alerte orange, et confère à l’inspection du travail la possibilité de procéder à des arrêts de travail temporaires.

Pour aller plus loin : Protéger les salariés sous la canicule, entretien avec l’eurodéputé LFI Anthony Smith

Instaurer un congé climatique pour les parents d’élèves

Ce mardi 23 juin, près de 2 000 établissements scolaires ont été contraints de fermer en raison de la canicule pour protéger les enfants des températures extrêmes. Des températures renforcées par le manque chronique de moyens alloués pour la rénovation des bâtiments scolaires.

Si cette mesure est une évidence, elle se heurte, comme toujours avec la Macronie, au refus de perturber le quotidien du capitalisme. Ainsi ces fermetures d’établissements ne permettent pas pour autant d’assurer la garde des enfants lorsque leurs parents sont contraints de travailler, eux-mêmes parfois sous des températures infernales.

Pour remédier à cette situation, la France insoumise appelle au vote de la proposition de loi portée par Rodrigo Arenas visant à introduire un congé climatique pour les parents d’élèves en cas de fermeture de l’établissement scolaire de leur enfant.

Réquisitionner les logements vacants pour donner un toit aux personnes sans abri

Dans des villes où les îlots de fraîcheur et la végétation manquent, où la circulation et le bitume réchauffent l’air, et où souvent elles sont chassées de là où elles tentent de trouver un peu d’ombre, les personnes sans abri sont parmi les premières victimes de la canicule et des chaleurs extrêmes.

En France, selon le rapport annuel 2026 de la Fondation pour le logement des plus défavorisés, au moins 350 000 personnes sont désormais sans domicile. Un chiffre en constante augmentation, encore grandement sous-estimé, et qui a explosé trois ans après la mise en œuvre de l’infâme loi Kasbarian-Bergé, dite loi « anti-squat ».

Pour aller plus loin : Mélenchon dénonce les morts dans la rue, le macroniste Kasbarian défend sa politique de mise à mort

Dans le même temps, plus de 3 millions de logements sont aujourd’hui vacants en France, dont plus de 1,2 million depuis plus de deux ans. Une situation aussi cynique que cruelle, reflet par excellence de la primauté capitaliste de la propriété privée sur le droit à la dignité dans l’existence. Pour y faire face, la France insoumise appelle à l’inscription à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale de la proposition de loi portée par la députée insoumise Anaïs Belouassa-Cherifi visant la réquisition des logements vacants en cas d’évènements climatiques extrêmes lorsque le nombre de places en hébergement d’urgence ne le permet pas.

Protéger en urgence contre les bouilloires thermiques

La canicule est un phénomène politique. Dans ses causes d’abord, parce qu’elle est le résultat direct de l’accumulation capitaliste et de sa course effrénée à la production. Mais dans ses conséquences aussi, en ce qu’elle frappe d’abord et avec plus de violence certaines personnes et groupes sociaux.

C’est le cas en particulier des habitants des quartiers populaires qui n’ont souvent d’autre choix que de vivre dans des logements loués par des bailleurs sans scrupules prêts à économiser le moindre centime aux dépens de la salubrité et de l’isolation de leurs logements. 59 % des habitants de quartiers prioritaires de la ville (QPV) déclarent ainsi avoir souffert de la chaleur dans leur logement, contre 43 % ailleurs.

Dans le même temps, le gouvernement ne cesse de réduire les moyens alloués à la rénovation thermique des logements, et reporte les obligations de rénovation énergétique. Dans ce contexte, la France insoumise défend un plan d’urgence de lutte contre les « bouilloires thermiques ».

Il comprend notamment la création d’un droit opposable à la protection contre les grandes chaleurs, permettant de demander des aménagements sobres et adaptés, imposant au bailleur une réponse motivée dans un délai court, et ouvrant un recours en cas de refus injustifié ou d’absence de solution effective.

Il porte également le conditionnement des aides publiques pour la rénovation énergétique à la non-aggravation du confort d’été et à l’intégration de solutions sobres contre la surchauffe ; la garantie de l’accès à l’électricité pendant les canicules, ou encore la création d’un fonds d’urgence pour l’adaptation des logements aux fortes chaleurs, ciblé sur les ménages modestes, le parc social, les copropriétés fragiles et les logements les plus exposés.

Accueil des plus vulnérables dans les services publics et ouverture de lieux-refuges : pour un droit à la fraîcheur

« L’été, des gens peuvent mourir de chaud à l’hôpital. C’est hallucinant. […] Certains malades n’en peuvent plus, et demandent à sortir alors qu’ils doivent encore recevoir des soins ». Ces mots sont ceux du chef du service de médecine interne de l’hôpital Robert-Ballanger de Villepinte où les chambres frôlent les 45 °C. Des témoignages similaires parviennent de la quasi-totalité des établissements de santé du pays.

Et le calvaire est le même dans des milliers d’EHPAD ou d’établissements scolaires où les normes de protection face à la chaleur et à la canicule, déjà insuffisantes, sont rarement respectées. Est là encore en cause le refus de l’État ou de groupes privés de répondre à leurs obligations et à leurs engagements en matière de rénovation ou d’adaptation à des conditions climatiques extrêmes.

Dans l’immédiat, la France insoumise défend l’urgence de l’installation de la climatisation dans l’ensemble des hôpitaux publics, dans les chambres des EHPAD et dans les établissements scolaires. Dans ces lieux où est accueilli un public vulnérable, brasseurs d’air, stores, brise-soleils et films solaires doivent être installés, un fonds d’urgence destiné à un premier niveau de rénovation doit être débloqué, et la planification de la rénovation thermique de ces lieux engagée.

Ailleurs, l’ensemble des lieux publics indispensables pour se rafraîchir, à l’instar des lieux culturels climatisés (musées, médiathèques, cinémas) doivent être accessibles gratuitement à toutes et tous, comme le défend la proposition de loi de Clémence Guetté, vice-présidente insoumise de l’Assemblée nationale, visant à garantir l’accès aux loisirs et à la fraîcheur pendant les épisodes caniculaires, avec une plus grande amplitude des horaires d’ouverture. Les maires et les préfets doivent pouvoir réquisitionner ces établissements si nécessaire, de même que les commerces et locaux d’entreprises climatisées.

De même, les piscines et les centres aquatiques doivent être accessibles gratuitement durant les épisodes caniculaires et les vacances estivales. Ce droit à la fraîcheur doit également être accompagné, ainsi que le porte la Présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, d’un droit effectif à l’accès à l’apprentissage de l’autonomie dans l’eau et de la nage, passant par le déploiement d’un dispositif de cours gratuits d’initiation aux risques et aux bons réflexes à avoir en cas de baignade en milieu naturel. Le texte prévoit également le recrutement et la formation de 5 000 maîtres-nageurs·ses sauveteurs·ses supplémentaires.

En 2027, Jean-Luc Mélenchon et un pouvoir insoumis comptent s’atteler sans attendre à la bifurcation écologique

Loin des propositions démagogiques du RN ou de la Macronie qui se refusent comme toujours à ralentir le cycle infernal de la production capitaliste de peur de froisser le grand patronat, le plan d’urgence d’adaptation à la canicule porté par la France insoumise s’impose comme une nécessité immédiate pour éviter une nouvelle catastrophe dont les plus fragiles sont, et seront le premières victimes.

Il s’inscrit plus largement dans la lutte de longue date du mouvement insoumis et de Jean-Luc Mélenchon pour une planification écologique s’attaquant à la racine du réchauffement climatique : le capitalisme.

Cette radicalité, nécessaire pour empêcher à terme la destruction de l’humanité et du vivant, Jean-Luc Mélenchon est le seul à la porter avec autant de constance et de sérieux. En 2027, un pouvoir insoumis s’attèlera sans attendre à l’impérieuse nécessité de la bifurcation écologique.

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