Municipales 2026 – À Lille, carton plein pour les Insoumis et leur dernier meeting de campagne

Lille. Si un mot devait décrire cette soirée, on pourrait choisir combative. Se tenait lundi 9 mars le grand meeting de fin de campagne de Lahouaria Addouche candidate à la mairie de Lille pour la France insoumise, bien accompagnée par la présidente du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, et le coordinateur […]

lille municipales

par

partager

Lille. Si un mot devait décrire cette soirée, on pourrait choisir combative. Se tenait lundi 9 mars le grand meeting de fin de campagne de Lahouaria Addouche candidate à la mairie de Lille pour la France insoumise, bien accompagnée par la présidente du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale, Mathilde Panot, et le coordinateur de la France insoumise, Manuel Bompard. Était également présent le député de la 1re circonscription du Nord Aurélien Le Coq. Un moment permettant de prendre la température d’une campagne que les insoumis espèrent victorieuse. Notre article.

Dans le nord, une campagne marquée par les offensives contre l’extrême droite

Introduit par Lucas Fournier et Khadija Gorwa-Ghomari, colistiers à Hellemmes, et galvanisés par une salle comble comptant 800 personnes, ce meeting a été lancé en grande pompe par le maire insoumis de Faches-Thumesnil Patrick Proisy, qui a vu son meeting attaqué par 15 militants néonazis vendredi 6 mars. Pendant ce meeting d’ailleurs, il été enfariné. Une plainte a été déposée.

Pendant son discours, il a fait lever la salle au son de « siamo tutti antifascisti » avec cette proposition : « créer un réseau de villes antifascistes dans les Hauts-de-France ». C’est par la suite le député du nord Aurélien Le Coq qui a pris la parole en commençant son discours par cette formule : « ce soir Lille est antiraciste, ce soir Lille est antifasciste ». Un mot de remerciement a été adressé aux militants associatifs et syndicaux qui tiennent debout contre vents et marées et aussi aux services d’ordre de la France Insoumise qui ne tremblent pas face aux militants identitaires qui attaquent les meetings.

Pour aller plus loin : « Décider ensemble de l’avenir de notre ville » – À Melun, LFI en campagne pour faire tomber un fief de droite vieux de 70 ans

Pour LFI, le grand chelem au nord ?

Avec des insoumis bien, voire très bien placés pour accéder ce dimanche 15 mars au second tour des élections municipales dans la Métropole Européenne Lilloise (MEL) le député du Nord a affirmé que « les insoumis réaliseront le grand chelem à Lille, Lomme, Hellemmes, Villeneuve D’ascq, Roubaix, Faches-Thumesnil et d’autres communes » en rajoutant que ces villes insoumises seront là « pour résister face à la peste brune qui contamine le pays parce que certains n’y font pas face ».

Critiques frontales contre le Parti socialiste

Le Parti Socialiste mené par Arnaud Deslandes que les insoumis surnomment « l’intéri-maire » (du fait qu’il ait pris la succession de Martine Aubry qui avait démissionné) n’a pas été laissé tranquille lors de ce meeting. La tête de liste socialiste renommée « François Deslandes » est pointée du doigt suite à la déclaration qu’il avait tenue lors d’un débat entre les principales têtes de liste à Lille. Il avait affirmé notamment qu’il était favorable à la non-censure du gouvernement soutenant la décision du Parti Socialiste d’organiser la casse sociale bras dessus, bras dessous avec le gouvernement.

« La République est, par essence, antifasciste »

Ce fut ensuite le tour de Mathilde Panot de monter sur scène face à une salle qui a monté en température, galvanisée par les intervenants précédents. La présidente du groupe insoumis à l’Assemblée nationale a dès le début apporté son soutien face à l’attaque fasciste qui a eu lieu quelques jours auparavant en remettant l’église au centre du village. Mathilde Panot d’affier : « c’est l’extrême droite qui tue dans le pays, et il n’est pas acceptable qu’elle fasse la loi » avant d’enchaîner : « la République par essence est antifasciste, il n’y a pas de milieu entre le fascisme et l’antifascisme. Il n’y a qu’un seul côté de la barricade ».

En ce lendemain du 8 mars, journée internationale de lutte pour les droits des femmes réunissant des milliers de personnes à Lille, la députée insoumise a pu pointer du doigt le bilan d’Emmanuel Macron sur cette question. Grande cause de son quinquennat, la lutte contre les violences sexistes et sexuelles ne sera grande que dans les discours ; « Le bilan d’Emanuel Macron c’est 163 féminicides en 2025 ».

« Tourner la page de la monarchie municipale »

Le coordinateur de la France insoumise, Manuel Bompard, était donc lui aussi de la partie ce lundi, permettant d’apporter une force extraordinaire à la candidate insoumise. Il n’a pas fallu attendre longtemps pour que le député de Marseille s’attaque aux différentes listes à Lille : « Le seul vote écologiste, le seul vote vert, ici à Lille et partout en France, c’est le vote insoumis » avant d’ajouter qu’il fallait « tourner la page de la monarchie municipale ».

Ces élections municipales se tenant 1 an avant les élections présidentielles, le sujet ne pouvait pas ne pas être abordé par Manuel Bompard : « Si Lille devient insoumise, cela enverrait un message fort à tout le pays ». Le bashing médiatique subi par les insoumis depuis plusieurs semaines n’a qu’à bien se tenir.

« Si je mène cette liste, ce n’est pas par ambition, c’est parce que je viens de cette population maltraitée et j’ai pour vocation de porter leur voix en passant de l’indignation à l’action » – Lahouaria Addouche

Enfin, le grand meeting de fin de campagne s’est terminé par la prise de parole de la tête de liste, Lahouaria Addouche. Calme et tranchante, l’insoumise a pu insister sur la nature de son engagement associatif tout d’abord puis politique. « J’ai vu les injustices s’installer doucement et silencieusement, si je mène cette liste ce n’est pas par ambition, c’est parce que je viens de cette population maltraitée et j’ai pour vocation de porter leur voix en passant de l’indignation à l’action », explique-t-elle.

« Wawi », comment l’appellent les militants locaux, a pu ensuite développer sur ses plus de 500 propositions : cantine bio et gratuite, transports en commun gratuits pour les moins de 26 ans afin de tendre vers la gratuité pour tous, création d’une brigade municipale contre le mal-logement, etc. mais c’est surtout sa liste qu’elle a pu aussi décrire. Une liste qui n’est pas « fabriquée dans un bureau » une liste qui représente « le peuple, des citoyens qui ont décidé de se lever, des ouvriers qui ont décidé de s’exprimer ».

sur le même sujet

Face à la « loi permis de tuer » XXL, un front commun s’organise à l’Assemblée nationale
« Santé mentale : le grand mensonge du gouvernement » – Le billet d’humeur de Christophe Prudhomme
Luc Ferry sur LCI : quand la misogynie sert le climatoscepticisme
L’OTAN, une machine de guerre : enquête sur 77 ans d’interventions

Rechercher