« Un amalgame infondé et dangereux » – LFI saisit l’ARCOM et France TV après les propos islamophobes de Nathalie Saint-Cricq, associant les musulmans à l’antisémitisme

LFI. Quels journalistes peuvent encore considérer Nathalie Saint-Cricq comme une collègue ? Sur l’antenne de France Info, cette éditorialiste a été prise en flagrant délit d’islamophobie en établissant un lien direct entre antisémitisme et « quête du vote musulman ». « Un tel amalgame est infondé, dangereux et incompatible avec les valeurs républicaines comme avec […]

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LFI. Quels journalistes peuvent encore considérer Nathalie Saint-Cricq comme une collègue ? Sur l’antenne de France Info, cette éditorialiste a été prise en flagrant délit d’islamophobie en établissant un lien direct entre antisémitisme et « quête du vote musulman ». « Un tel amalgame est infondé, dangereux et incompatible avec les valeurs républicaines comme avec les obligations du service public audiovisuel » a écrit la France insoumise, en signalant ces propos à l’attention de la direction de France TV, du médiateur de France TV, du Monde et de l’ARCOM.

Les insoumis ont rappelé dans leur courrier que les propos de Nathalie Saint-Cricq contreviennent à tous les principes déontologiques de la Charte de Munich qui organise les droits et obligations des journalistes. L’Insoumission s’est procurée le courrier du service presse de la France insoumise. Nous le publions dans notre rubrique « Radar médias ». Notre article.

Objet : Signalement de propos contraires à la déontologie journalistique tenus par Nathalie Saint-Cricq sur France info, le mercredi 3 décembre 2025

Madame, Monsieur,

Le service de presse de La France insoumise souhaite attirer votre attention sur des propos particulièrement graves tenus le mercredi 3 décembre 2025 à 19h49 sur l’antenne de France info, lors d’un entretien conduit par Madame Nathalie Saint-Cricq face à Monsieur le député Alexis Corbière.

Au cours de cette séquence, la journaliste a établi un lien direct entre antisémitisme et « quête du vote musulman », affirmant par ailleurs que certains élus tiendraient des propos antisémites « pour séduire cet électorat ». Interrogée sur ces allégations graves, elle a évoqué « des études », sans citer aucune source, en contradiction flagrante avec l’obligation professionnelle de vérification, d’exactitude et de transparence.

De tels propos constituent une essentialisation profondément problématique, assimilant des millions de citoyens français à un groupe dont les choix électoraux seraient déterminés par une complaisance supposée envers l’antisémitisme. Un tel amalgame est infondé, dangereux et incompatible avec les valeurs républicaines comme avec les obligations du service public audiovisuel.

Nous rappelons que :

  • la Charte d’éthique professionnelle des journalistes impose la vérification rigoureuse des faits, l’interdiction de diffuser des informations non sourcées et l’obligation de corriger toute erreur ;
  • la Charte de Munich enjoint les journalistes à « mesurer les conséquences de leurs écrits » et à s’interdire toute incitation ou contribution aux discriminations ;
  • le service public audiovisuel a une responsabilité accrue en matière d’exactitude, d’impartialité et de respect des principes fondamentaux du débat démocratique.

À aucun moment, la journaliste n’a pris la distance nécessaire avec ses propres propos, ni rappelé qu’aucune donnée sérieuse ne permet d’étayer un tel lien entre religion et adhésion à l’antisémitisme. Cette séquence, filmée et diffusée en direct, légitime une vision stigmatisante qui fragilise les fondements républicains et contrevient aux principes d’égalité, de neutralité et de non-discrimination qui s’imposent au service public.

Dans un contexte où l’audiovisuel public est régulièrement attaqué par l’extrême droite, il est particulièrement préoccupant de voir l’une de ses journalistes tenir des propos alimentant des amalgames discriminatoires et contraires aux règles de base de la déontologie journalistique. Une telle dérive contribue à affaiblir encore la confiance, déjà fragile, des citoyens envers les médias.

Nous souhaitons donc savoir :

  • Quelles suites déontologiques la rédaction de France Info entend donner à cette séquence ;
  • Si la médiatrice de Radio France a été saisie ou compte se saisir du dossier ;
  • Si l’ARCOM envisage d’examiner ces manquements manifestes aux exigences d’exactitude, de neutralité et de non-discrimination qui s’imposent au service public ;
  • Et si des rappels ou formations déontologiques sont prévus au sein des rédactions concernées.

Nous vous remercions de l’attention portée à ce signalement et restons à votre disposition pour tout échange complémentaire.

Veuillez agréer, Madame, Monsieur, l’expression de nos salutations respectueuses.

Le service de presse de La France insoumise

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