🏛️👩🏿‍🌾 FINANCES 2022 : SOUTENIR L’AGRICULTURE BIO POUR PRÉPARER LA BIFURCATION ÉCOLOGIQUE (21/10/21)

Interventions de Danièle Obono, jeudi 21 octobre 2021, lors de l’examen en commission des crĂ©dits de la mission “agriculture” du projet de loi de finance pour 2022 La bifurcation Ă©cologique demande un investissement massif et un soutien continu aux agriculteur·trices bio. On est encore loin du compte avec le budget prĂ©vu par la Macronie pour […]

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Interventions de Danièle Obono, jeudi 21 octobre 2021, lors de l’examen en commission des crédits de la mission “agriculture” du projet de loi de finance pour 2022
La bifurcation écologique demande un investissement massif et un soutien continu aux agriculteur·trices bio. On est encore loin du compte avec le budget prévu par la Macronie pour 2022.

Créer un bonus “cantine bio”
Article 20, amendement 876 – InspirĂ© d’une proposition de la Fondation Nicolas Hulot
Nous proposons la crĂ©ation d’un « Bonus cantine bio et locale » de 330 millions d’euros pour atteindre les objectifs de la loi “Agriculture et alimentation” (50 % de produits « durables » et 20 % de produits bio d’ici 2022), par ailleurs dĂ©jĂ  très insuffisants. Ce bonus permettra de faire face aux dĂ©penses en matĂ©riel – lĂ©gumerie, atelier de dĂ©coupe – et en formation – achats responsables, nouveaux modes de cuisson, travail des protĂ©ines vĂ©gĂ©tales, lutte contre le gaspillage, Ă©conomies d’énergie.

Financer la certification bio
Article 20, amendement 875
Entre labellisation “Agriculture bio” et coĂ»t des contrĂ´les, une exploitation doit prĂ©voir un budget moyen de 1660 euros par an pour garantir et conserver sa certification. Pour encourager l’agriculture biologique, une fois qu’une exploitation a rempli le cahier des charges pour la certification, elle ne devrait pas avoir de contrainte financière supplĂ©mentaire pour prouver qu’elle produit de façon saine et durable, ce qui devrait ĂŞtre la norme.

Conserver les aides au maintien en bio en plus des aides Ă  la conversion
Article 20, amendement 878
Le Plan stratĂ©gique national (PSN) en cours de finalisation veut acter la disparition des « aides au maintien » en agriculture biologique des exploitations qui le sont dĂ©jĂ , pour se concentrer sur les exploitations en conversion. Cela ferait perdre 66% des aides attribuĂ©s Ă  la filière bio, soit une perte moyenne de 132 euros par hectare et par an. Ces aides sont un levier nĂ©cessaire Ă  la puissance publique afin qu’elle puisse jouer pleinement son rĂ´le : engager la bifurcation Ă©cologique de notre agriculture vers une agriculture paysanne, sobre et vivrière.

Reconstruire l’Office nationale des forêts
Article 20, amendement n° 880
Depuis trente ans, l’Office national des forĂŞts (ONF) subit un plan social sans prĂ©cĂ©dent : de 15 000 emplois en 1985 Ă  moins de 9 000 dans ce budget 2022 ; de 9 000 Ă  3 000 gardes forestiers assermentĂ©s sur l’ensemble des forĂŞts publiques. Le nombre de contractuels s’est dĂ©multipliĂ©. C’est un appauvrissement destructeur du service public de protection d’un de nos biens communs d’intĂ©rĂŞt gĂ©nĂ©ral. Nous voulons un service de protection des forĂŞts solide et des gardes forestiers au statut de fonctionnaire : nous proposons d’allouer les 250 000 millions que demande l’intersyndicale de l’ONF Ă  cette reconstruction.

Financer le plan d’action national de réduction des engrais azotés
Article 20, amendement n°882 – RĂ©seau Action Climat
Pour que le plan d’action national de rĂ©duction des engrais azotĂ©s, qui sont le deuxième poste d’Ă©missions de protoxyde d’azote, derrière l’Ă©levage, ne soit pas qu’un effet d’annonce, il faut y mettre les moyens et amorcer le processus sans attendre, par la constitution d’un comitĂ© de pilotage, incluant la sociĂ©tĂ© civile, les Agences de l’Eau, et les agriculteurs bio qui savent aujourd’hui se passer d’engrais minĂ©raux.

Éliminer les algues vertes, limiter les engrais phosphatés et azotés
Article 20, amendement n°877
2021 s’annonce comme une annĂ©e record pour les algues vertes en Bretagne, selon le Centre d’étude et de valorisation des algues (CEVA). Les causes ? L’épandage des lisiers, l’utilisation massive d’engrais azotĂ©s et de phosphates par les agriculteurs. En application du principe pollueur-payeur, il aurait fallu instaurer une taxe sur les engrais azotĂ©s et phosphatĂ©s pour les exploitants agricoles, mais cette proposition a Ă©tĂ© repoussĂ©e lors de la mal-nommĂ©e « loi Climat ». Nous proposons la mise en place d’un nouveau programme « Pollutions liĂ©s aux engrais phosphatĂ©s et azotĂ©s » visant Ă  rĂ©gler ce problème.

Renforcer le budget de l’Observatoire de formation des prix et des marges (OFPM)
Article 20, amendement n° 879
L’Observatoire de formation des prix et des marges (OFPM) Ă©tudie le partage de la valeur ajoutĂ©e au sein de la filière du paysan au distributeur. De nombreux groupes politiques et de syndicats agricoles ont demandĂ© que ce soit cet organisme public qui fixe les indicateurs de coĂ»ts de production. Le gouvernement et le rapporteur s’y sont opposĂ©s et ont laissĂ© ce rĂ´le aux interprofessions oĂą un rapport de force dĂ©sĂ©quilibrĂ© existe. Nous proposons qu’il revĂŞte ce rĂ´le et soit financĂ© en consĂ©quence.

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