Interventions de DaniĂšle Obono, mercredi 17 fĂ©vrier 2021, lors des dĂ©bats en commission sur le projet de loi relatif Ă lâarticle 1er de la Constitution et Ă la protection de lâenvironnement.
Ce projet de loi est une Ă©niĂšme opĂ©ration de com’ du grand blablateur Macron qui passe Ă cĂŽtĂ© des changements de Constitution et de politiques nĂ©cessaires pour engager une vĂ©ritable bifurcation Ă©cologique.
Inscrire le principe de non-régression/progression constante
Avant lâarticle unique – Amendement CL69 et identiques
Le texte constitutionnel est la loi suprĂȘme qui sâimpose Ă tous et toutes, et donc aussi aux Ă©lu·es qui nous succĂ©deront. Si cette rĂ©forme doit ĂȘtre autre chose quâune Ă©niĂšme opĂ©ration de comâ, elle doit inscrire le principe de non-rĂ©gression ou progression constante dans la Constitution. En rejetant ces amendements, le gouvernement confirme quâil se contente dâeffets de manche.
Réforme constitutionnelle et rapports de force aléatoires
Avant lâarticle unique – Amendement CL41
Tant qu’Ă rĂ©former la Constitution, faisons le sĂ©rieusement et pas juste pour la com’. Les citoyen·nes, comme elles et ils lâont dĂ©montrĂ© en 2005 lors des dĂ©bats sur le traitĂ© europĂ©en, sauront se saisir du texte et de ses enjeux, si on leur en donne lâoccasion et quâil sâagit dâautre chose quâune opĂ©ration Ă©lectoraliste.
Pour une planification de la bifurcation écologique
Article unique – Amendement CL 47
Nous proposons lâadoption dâune loi-cadre instaurant une planification Ă©cologique, dĂ©mocratique et articulant les niveaux national et local pour faire face Ă lâurgence Ă©cologique. Il s’agit de faire Ă©voluer en profondeur nos modes de production, de consommation et d’Ă©changes. Pour cela, il faut planifier, dĂ©terminer les objectifs et organiser la mise en Ćuvre de moyens pour les atteindre. Le prĂ©alable Ă cette loi-cadre doit ĂȘtre inscrit dans la Constitution sous la forme de lignes directrices. Lâinsertion dâun nouveau titre dans la Constitution intitulĂ© « De la planification Ă©cologique » rĂ©pond Ă cette exigence.
Soumettre à référendum les traités de libre-échange
Article unique – Amendement CL 49
Le gouvernement souhaite inscrire la dĂ©fense de l’environnement Ă l’article 1er de la Constitution et âen mĂȘme tempsâ, il poursuit en secret les nĂ©gociations sur l’accord anti-Ă©cologique UE-Mercosur. Totale incohĂ©rence. Les accords de libre-Ă©change nous conduisent tout droit dans une impasse. Outre l’accroissement des Ă©missions de gaz Ă effet de serre qu’il provoquerait, un autre rapport d’experts Ă©voque une hausse de 5 % de la dĂ©forestation du fait de l’augmentation de la production bovine. Sans parler de la dĂ©stabilisation de marchĂ©s agricoles dĂ©jĂ saturĂ©s. Nous proposons de conditionner toute ratification d’un accord commercial ayant des incidences sociales et environnementales Ă une approbation par rĂ©fĂ©rendum.
Protection des biens communs
Article unique – Amendement CL 48
La protection des biens communs est indispensable face Ă lâurgence climatique et Ă©cologique. Les biens communs correspondent Ă l’ensemble des ressources qui sont limitĂ©es et que lâon considĂšre comme essentielles Ă la vie humaine. Ceux-ci doivent ĂȘtre protĂ©gĂ©s, c’est-Ă -dire gĂ©rĂ©s collectivement et dĂ©mocratiquement, afin d’en user dans des conditions saines et durables. Ils doivent ĂȘtre sortis de la sphĂšre marchande ; ces ressources nâont pas vocation Ă gĂ©nĂ©rer des profits.
RÚgle verte/non-régression
Article unique – Amendement CL 46
Face aux urgences climatiques et Ă©cologiques, il faut tout revoir de fond en comble. Pour cela, il faut inscrire dans la constitution deux marqueurs fondamentaux et incontournables d’une rĂ©elle planification de la bifurcation Ă©cologique : la rĂšgle verte et le principe de non-rĂ©gression. En rupture avec la rĂšgle dâor de lâaustĂ©ritĂ©, la rĂšgle verte rĂ©sume lâexigence qui est celle de lâhumanitĂ© tout entiĂšreâ: Ă©teindre la dette Ă©cologique engendrĂ©e par le capitalisme et le productivisme. Le principe : ne pas prĂ©lever sur la nature davantage que ce quâelle peut reconstituer, ni produire plus que ce quâelle peut supporter.