Macron veut mettre au pas l’université !

Intervention de Jean-Luc Mélenchon à l’Assemblée nationale le 17 novembre 2020 sur la loi de programmation recherche qui prévoit la criminalisation des occupations d’université par une punition de 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende.

Voici la retranscription de cette intervention :

« Je ne résumerai pas en deux minutes ce qui vient d’être excellemment développé, mais je voudrais vous dire qu’en témoin de la vie universitaire et de l’évolution des lois, je sais pourquoi je vais voter pour cette motion de rejet avec une force de certitude qui s’ancre profondément en moi.

D’abord parce que, j’en fais l’aveu, si je vous étais tombé sous la main du temps où j’avais 18 ans, j’aurais été condamné à plusieurs reprises parce qu’en réunion j’ai envahi la faculté de Médecine de la ville de Besançon ainsi que la faculté de Droit et également la faculté de Sciences. J’aurais alors bénéficié de 3 ans de prison et 45 000 euros d’amende. Et voyez-vous, Madame, je n’ai pas le moindre regret de l’avoir fait. Quand j’allais à la faculté de Médecine, c’était contre le fait que l’on impose le numerus clausus dont vous ne savez plus comment vous débarrasser aujourd’hui.

Mais je mets de côté cette question pour, quoiqu’elle ait une très grande importance dans les dispositifs répressifs que vous mettez en place, seulement pour vous dire que lorsqu’on a parlé d’autonomie des universités, il y avait deux rêves concurrents : le premier était qu’elle garantisse la liberté de l’esprit et qu’elle permette aux équipes universitaires de chercher comme elles l’entendaient. Et il y avait une deuxième version : celle qui imaginait la start-up université. C’est celle que vous reprenez et j’en veux pour symbole le fait qu’il dépendra du président de l’université de la promotion des chercheurs qui se trouvent là.

Eh bien ça, Madame, nous savons ce que ça veut dire, nous savons exactement ce que cela veut dire. Nous savons quelle mise au pas cela annonce. Comme l’a déjà fait sentir votre collègue le ministre de l’Éducation nationale lorsqu’il a osé mettre en cause la liberté de recherche des enseignants à propos de ce soi-disant islamo gauchisme dont il prétendait trouver la trace dans les études de sociologie de nos universités.

Ce que vous faites là est une très mauvaise action, collègues, il faut rejeter ce texte et donc voter pour la motion de rejet. »