Retraites : la bataille continue !

Depuis plus de 2 mois, les Français se mobilisent contre le projet de réforme des retraites du gouvernement d’Emmanuel Macron. Sourd face aux protestations, le gouvernement a déposé son projet de loi à l’Assemblée nationale en espérant le faire voter en vitesse avant la trêve, deux semaines avant les élections municipales de mars 2020. C’était sans compter la pugnacité du groupe parlementaire insoumis.

La démocratie en marche forcée

Le gouvernement a choisi, en déposant son projet de loi le 24 janvier dernier, de le faire passer en procédure accélérée. Cette manœuvre permet de faire examiner le texte seulement une fois par chaque chambre du Parlement (l’Assemblée nationale et le Sénat).

Par ailleurs, pour accélérer les débats en commission spéciale face au grand nombre d’amendements déposés par le groupe parlementaire de la France insoumise (plus de 19 000 sur un total de 22 000 : le record sous la mandature d’Emmanuel Macron), la majorité a tout simplement décidé, après 10 heures de débats, de diviser par deux le temps de parole des députés. Simple, mais finalement inefficace : malgré les tentatives pour faire rentrer l’examen du projet de loi dans le calendrier imposé par l’exécutif, la commission spéciale n’a pas eu le temps d’arriver au bout du texte avant le mardi 11 février, date de la fin de la commission.

C’est donc un retour à la case départ pour le texte de loi et un nouvel échec pour les macronistes, car c’est la version déposée par le gouvernement qui sera examiné à partir du lundi 17 février dans l’hémicycle de l’Assemblée nationale. Aucun changement du texte adopté en commission n’est pris en compte.

Levée de lièvre

Peut-on pour autant dire que la commission spéciale n’a servie à rien ? Non, car elle aura permis de mettre en lumière de grosses zones d’ombres, notamment grâce au groupe insoumis. Celui-ci a utilisé une grande partie de son temps de parole pour questionner les membres du gouvernement et mettre en évidence les lacunes de leur projet de réforme.

Un des plus gros lièvres du texte est levé par Jean-Luc Mélenchon lors du décryptage de la méthode de calcul du montant des retraites. En effet, le gouvernement prévoit de définir ce montant grâce à la valeur du point. Or, ce point sera indexée sur un nouvel indicateur inventé pour l’occasion : le « revenu moyen par tête ». Problème, cet indicateur n’existe pas, en tout cas pas encore. Le gouvernement entend demander à l’INSEE de le créer, mais les syndicats ont déjà réagi en refusant de remettre en cause l’indépendance de l’institut qui « n’a pas à répondre  aux « commandes  » du gouvernement en matière statistique ». L’utilisation et les contours de cet indicateur restent donc particulièrement opaques et viennent confirmer la théorie selon laquelle le gouvernement souhaite créer un point qui variera selon les périodes et sa propre volonté. Autant dire qu’il sera impossible de prévoir le montant de sa future retraite avec cette réforme.

La commission s’étant arrêtée avant que tous les articles aient été examinés, nul doute que de nouvelles surprises seront mises en lumière à partir du 17 février. Les députés insoumis seront en tout cas, eux, présents pour continuer la bataille avec déjà près de 23 000 amendements déposés pour le passage dans l’hémicycle.

Mais où est Marine Le Pen ?

Du côté des députés du Rassemblement national c’est au contraire le calme plat pour ceux qui ont été les grands absents de la commission spéciale sur les retraites. Sur leur 26 amendements, 22 n’ont pas été soutenus et donc rejetés d’office car personne n’étaient en séance. Les 4 autres ont été examiné car un député a daigné se montrer au bout d’une semaine d’absence et surtout après que Clémentine Autain ait pointé du doigt leur absence. Marine Le Pen, elle, a manifestement oublié le chemin de l’Assemblée nationale pendant 10 jours puisqu’elle n’a tout simplement jamais mis les pieds en commission. Peut-être condescendra-t’elle à se montrer en hémicycle où la publicité des débats est plus importante ? Mais nul n’oubliera que quand il fallait défendre le système de retraite des Français, elle n’était pas là.

Rendez-vous le 17 février donc, dans le palais Bourbon et à l’extérieur pour continuer la bataille pour la défense de notre système de retraites. Un système à améliorer certes, comme le propose la France insoumise dans son contre-projet, mais pas à détruire comme souhaite le faire Emmanuel Macron.

Par Flore Cathala

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