« Il n’y a qu’une chose à faire, bloquer les prix ! » : Clash entre Adrien Quatennens et Olivier Véran sur France 2

Au début de l’émission France 2022 sur France 2, deux visions du monde se sont confrontées sur la question du blocage des prix. Deux programmes politiques opposés à travers une passe d’armes entre Adrien Quatennens et Olivier Véran. Un constat : les Français sont pris à la gorge face à une inflation historique. Face à cette explosion des prix, l’insoumis a défendu le blocage des prix, mise en place en Espagne et Portugal, que Emmanuel Macron refuse toujours. Notre article.

Adrien Quatennens : « L’augmentation des prix est dûe à la spéculation »

Le député Adrien Quatennens a commencé par rappeler la cause de l’explosion des prix : « L’augmentation des prix n’est pas dûe à la cause qu’on prétend. On nous dit que c’est à cause de la guerre en Ukraine. Or, en ce moment, nous sommes en train de consommer les stocks de blé de l’année dernière. C’est uniquement dû à la spéculation financière ! ». Les grandes entreprises productrices de gaz et de pétrole ont réalisé des profits indécents sur le dos des consommateurs. Ce ne sont pas les coûts de production qui ont explosé, mais les marges des producteurs.

Ainsi, selon le coordinateur de LFI, « il n’y a qu’une seule à faire, c’est bloquer les prix ». Si elle obtient la majorité à l’Assemblée nationale, la NUPES, l’alliance historique de la gauche, bloquerait les prix des biens de première nécessité.

La réponse d’Olivier Véran ne s’est pas faite attendre : « dès la rentrée, il y aura un chèque d’urgence pour les plus modestes ». Un chèque d’urgence… dans 3 mois ! Numérobis aura eu le temps de construire un palais. « Je préfère ce que nous ferons au lendemain des législatives : augmenter les pensions de retraite, le dégel du point d’indice des fonctionnaires. », a continué Olivier Véran. Des propositions opportunément dévoilées à une semaine du 1er tour des élections législatives.

« Vous prenez sur le trésor public pour financer les entreprises privées »

La réponse d’Adrien Quatennens a fusé : « Nommons les choses : ce que vous faites est toujours insuffisant. Vous prenez sur le trésor public pour financer les entreprises privées. Pendant que les Français sont serrés à la gorge, Total vient d’effectuer le bénéfice record de l’industrie en France ! ». Total a enregistré, en 2021, un bénéfice de 15 milliards d’euros, dont 7 milliards sont directement tombés dans les poches des actionnaires. « Quand vous distribuez ces chèques, vous prenez du trésor public pour financer la rente privée ! », a asséné Adrien Quatennens.

Olivier Véran a immédiatement répondu sur la faisabilité du blocage des prix : l’argument classique. « Dans une économie ouverte, le blocage des prix conduit à la pénurie ! », a-t-il déclaré. Celui-ci a sans doute oublié que le dernier blocage des prix instauré en France a été mis en place… sous son propre gouvernement. Il a bloqué le prix sur les masques et le gel hydroalcoolique pour justement faire face à une situation de pénurie. Une solution contre une pénurie sous le gouvernement Macron, mais un risque de pénurie pour un gouvernement Mélenchon ? Troublant. Dernier argument sur la faisabilité du blocage des prix : « Le préfet de la Réunion a le pouvoir de contrôler le prix de 153 biens de première nécessité. »

Ce soir, deux visions politiques se sont affrontées. Le 12 et le 19 juin, les Françaises et les Français sont appelés à trancher démocratiquement dans les urnes.